Art et emploi vert : La FIJAP 2026 mise sur le potentiel de la jeunesse africaine

Art et emploi vert : La FIJAP 2026 mise sur le potentiel de la jeunesse africaine

24/08/2026 - 22:55
Art et emploi vert : La FIJAP 2026 mise sur le potentiel de la jeunesse africaine
Art et emploi vert : La FIJAP 2026 mise sur le potentiel de la jeunesse africaine
Art et emploi vert : La FIJAP 2026 mise sur le potentiel de la jeunesse africaine
Art et emploi vert : La FIJAP 2026 mise sur le potentiel de la jeunesse africaine
Art et emploi vert : La FIJAP 2026 mise sur le potentiel de la jeunesse africaine

Plus d’une cinquantaine d’artistes venus de neuf pays africains prennent part à la deuxième édition de la Foire internationale des jeunes artistes plasticiens (FIJAP), ouverte vendredi 21 août 2026 au Palais de la Culture de Treichville. Jusqu’au 30 août, peintres et jeunes créateurs investissent la scène culturelle abidjanaise autour d’un même défi : faire de l’art un levier de sensibilisation, d’innovation et d’emploi pour la jeunesse.

Pour sa deuxième édition, la Foire internationale des jeunes artistes plasticiens (FIJAP) rassemble plus de 50 artistes issus de neuf pays africains. Une diversité qui donne à cette rencontre une dimension à la fois culturelle, panafricaine et générationnelle.

Placée sous le thème « Art, écologie et innovation : la culture au service de l’emploi vert des jeunes », la FIJAP 2026 veut dépasser le simple cadre d’une exposition. Elle entend faire de l’art un espace de réflexion sur les grands enjeux contemporains, notamment la protection de l’environnement, l’innovation et l’insertion professionnelle des jeunes.

À l’ouverture, la commissaire générale de la FIJAP, l’artiste peintre Patricia Rachel Dadje, a défendu cette vision. « Nous célébrons la créativité, la jeunesse et le dialogue entre les cultures », a-t-elle déclaré, rappelant que l’artiste n’est pas seulement un créateur, mais aussi « un acteur du changement et du développement ».

Pour la commissaire générale, la création artistique peut contribuer à transformer les mentalités et à ouvrir de nouvelles perspectives. Le choix du thème traduit ainsi la volonté de placer les artistes au cœur des réflexions sur l’avenir et de montrer que la culture peut également participer à la construction d’une économie plus durable.

L’art comme investissement

Au-delà de la création et du message porté par les œuvres, la FIJAP entend également rapprocher les artistes du marché. Un enjeu particulièrement souligné par Koné Dodo, directeur général du Palais de la Culture de Treichville.

Collectionneur lui-même, il a invité le public à dépasser certaines réticences vis-à-vis des arts plastiques et à considérer l’acquisition d’une œuvre comme une forme d’investissement.

Selon lui, la valeur d’une œuvre peut considérablement évoluer avec le temps. Mais l’intérêt d’une pièce artistique ne se mesure pas uniquement à son prix. L’histoire de l’œuvre, la relation avec son auteur, sa dédicace et sa dimension patrimoniale participent également à sa valeur. Son message est clair : les arts plastiques méritent davantage d’attention et les jeunes créateurs doivent pouvoir bénéficier d’un véritable marché pour développer leur carrière.

La culture, un secteur créateur d’emplois

Représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Touré Abdoul Kadri, directeur régional de la Culture d’Abidjan, a, pour sa part, insisté sur la portée économique de la manifestation.

Selon lui, la FIJAP constitue bien plus qu’une exposition. Elle offre aux jeunes artistes un espace pour révéler leur talent, interroger leur époque et proposer, à travers leurs œuvres, un autre regard sur la société. Dans cette perspective, la culture apparaît comme un secteur capable de générer des métiers et des opportunités professionnelles. Le thème de cette édition prend donc tout son sens dans un contexte où la transition écologique ouvre de nouveaux champs d’activité.

L’art peut notamment contribuer à sensibiliser les populations aux questions environnementales et encourager l’émergence de nouvelles formes de création intégrant davantage les préoccupations écologiques.

Préparer les artistes de demain

La FIJAP 2026 accorde également une place importante aux plus jeunes. Une résidence artistique destinée notamment aux enfants vient compléter la programmation, avec des œuvres appelées à être primées.

Pour les organisateurs, cette initiative vise à éveiller précocement la sensibilité artistique et à préparer la relève. La présence de Mathilde Moreau, marraine artistique de cette deuxième édition, constitue également un signal fort en faveur de l’accompagnement des jeunes talents. À travers cette démarche, la FIJAP veut créer un pont entre les artistes confirmés, les jeunes créateurs et les générations futures.

Abidjan, carrefour de la création africaine

Avec des participants venus de neuf pays africains, la manifestation confirme aussi la volonté de positionner la Côte d’Ivoire comme une plateforme de rencontres artistiques sur le continent.

Pendant dix jours, le public pourra découvrir les œuvres, rencontrer les artistes et échanger autour de la création contemporaine. L’exposition-vente offre également aux collectionneurs et aux amateurs d’art l’occasion d’acquérir des œuvres et de contribuer directement au développement des jeunes artistes.

Ouverte le 21 août, la FIJAP 2026 se poursuit jusqu’au 30 août au Palais de la Culture de Treichville. Plus qu’un rendez-vous artistique, cette deuxième édition entend ainsi faire de la création un outil de dialogue, de sensibilisation et d’émancipation de la jeunesse africaine.

À travers les couleurs, les formes et les imaginaires exposés, une conviction se dégage : l’art ne se contente plus de raconter le monde. Il veut désormais contribuer à le transformer.

Ousseni Sawadogo