Odienné-Madinani/Accident : 14 morts et de nombreux blessés
Odienné-Madinani/Accident : 14 morts et de nombreux blessés
Un grave accident de la circulation a endeuillé la région du Kabadougou dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 janvier 2026.
Selon les premières informations recueillies auprès des sources sécuritaires et de la Direction régionale des transports du Kabadougou, le camion transportait 69 passagers, majoritairement des jeunes femmes et de jeunes garçons, ainsi que diverses marchandises, notamment des sacs de mil, de maïs, des pneus et des moteurs de tricycles.
Le véhicule en provenance de Goueya, localité frontalière avec le Mali, se rendait à Séguéla, où les passagers devaient prendre part à la prochaine campagne de récolte et de commercialisation de l’anacarde, une activité qui mobilise chaque année une importante main-d’œuvre dans les zones de production.
D’après le témoignage du chauffeur, Koné Souleymane, le drame s’est produit après la traversée de la ville de Madinani.
Alors que le camion s’apprêtait à gravir une côte, l’accélérateur aurait cédé. Sous le poids de la charge, le mastodonte a commencé à reculer avant de finir sa course dans un ravin.
Douze personnes ont trouvé la mort sur le coup, tandis que deux autres, évacuées à l’hôpital général de Madinani, ont succombé à leurs blessures. Les nombreux blessés ont été admis au Centre hospitalier régional d’Odienné, où ils reçoivent des soins.
Des sources sécuritaires révèlent par ailleurs que le chauffeur aurait emprunté une voie détournée et impraticable afin d’échapper aux contrôles routiers des forces de l’ordre. Le camion ne disposerait pas de l’ensemble des documents administratifs requis, notamment la visite technique en règle.
Les camions dits lôgôdougou, encore appelés dioulatiè, sont des véhicules de 20 à 40 tonnes qui transportent simultanément passagers et marchandises.
Très utilisés dans le nord de la Côte d’Ivoire, notamment les jours de marchés hebdomadaires, ils embarquent souvent des commerçantes accompagnées d’enfants, ainsi que des hommes, dans des conditions de sécurité précaires.
Ces engins, qualifiés par de nombreux observateurs de “tombeaux à ciel ouvert”, circulent généralement sans documents à jour et sans contrôle technique.
Pour éviter la police et la gendarmerie, leurs conducteurs empruntent des pistes rurales, plus praticables en saison sèche, mais extrêmement dangereuses.
Malgré les campagnes de sensibilisation, les opérations de répression et les nombreuses saisies de ces camions par les forces de sécurité, les lôgôdougou continuent de faire chaque année de nombreuses victimes, plongeant des familles entières dans le deuil.
Aly Ouattara, Correspondant régional
