N’Douci : Amoa Urbain reçoit l’onction de l’Église pour la protection des valeurs ancestrales

N’Douci : Amoa Urbain reçoit l’onction de l’Église pour la protection des valeurs ancestrales

30/05/2026 - 21:06
N’Douci : Amoa Urbain reçoit l’onction de l’Église pour la protection des valeurs ancestrales
N’Douci : Amoa Urbain reçoit l’onction de l’Église pour la protection des valeurs ancestrales

C’est un moment chargé de symboles qui s’est déroulé ce samedi 30 mai 2026 à Amoa-City, dans la commune de N’Douci. A mi-chemin de leur sortie culturelle vers le site mémoriel de Kanga-Nianzé, les évêques catholiques de Côte d’Ivoire (CECCI) ont marqué une halte remarquée dans le centre de la Diplomatie coutumière africaine du Professeur Urbain K. Amoa, Recteur du Cabinet D.C.A Expertise Internationale.

Après les mots de bienvenue échangés, les prélats ont posé un geste inattendu. Ils ont oint le Professeur Amoa Urbain et lui ont officiellement confié la mission de protection des valeurs ancestrales africaines.

Cet acte d’une portée symbolique considérable intervient dans un contexte de réflexion approfondie sur les blessures de l’histoire. Avant de reprendre la route vers la « Route de l’esclavage », le Professeur Amoa a en effet prononcé devant les évêques une conférence itinérante intitulée : Discours sur les pistes coloniales de la traite négrière en Afrique.

Un discours dans lequel il a démontré, preuves historiques à l’appui, que Kanga-Nianzé

— dont le nom originel est Golékro

— n’était pas la « porte du non-retour », mais bien une étape de collecte et d’hygiène corporelle imposée aux déportés avant leur acheminement par voie fluviale vers Grand Lahou, véritable point d’embarquement vers les Amériques.

Dans ce texte dense et documenté, le titulaire de la Chaire virtuelle de la Diplomatie Coutumière Africaine a formulé sept recommandations majeures, dont l’enseignement des langues et spiritualités africaines dans les séminaires du continent, la dédiabolisation des valeurs ancestrales au sein de l’Église catholique africaine, et la création d’une Chambre africaine des guides religieux et leaders spirituels.

Il a également plaidé pour la re-spiritualisation de la rivière Bodo, profanée selon lui par la traite négrière, et appelé à restituer au village son nom d’origine.

En apposant leur onction sur le Professeur Amoa Urbain, les évêques catholiques de Côte d’Ivoire ont ainsi posé un acte que beaucoup liront comme une reconnaissance institutionnelle de l’urgence à réconcilier foi chrétienne et spiritualités endogènes.

Une démarche que le Professeur Amoa résume en une formule : « Si c’est par le spirituel que l’homme blanc a conquis les richesses et les âmes des peuples d’Afrique noire, c’est par le spirituel que l’Homme noir doit vaincre la psychose de sa conscience inquiète pour reconquérir son âme et ses richesses. »

Une conviction désormais portée, en ce jour historique, par le sceau de l’Église.

Robert Krassault