Economie verte et développement durable : Quelles opportunités pour les pays de l’UEMOA ?
Economie verte et développement durable : Quelles opportunités pour les pays de l’UEMOA ?
La création de richesse, de nouveaux emplois via la mise en place de nouvelles filières de productions économiques, apparaissent comme des retombées majeures de l’économie verte.
Vue d’un habitat économique et vert
Le monde bouge. Les paradigmes de développement changent aussi. La durabilité du développement se mesure désormais à la capacité d’un pays à intégrer les enjeux environnementaux dans son mode de fonctionnement. D’où, la notion d’économie verte définit par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) comme « une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources ».
Ce changement de paradigme dans le modèle économique des pays ainsi que dans leur modèle de développement n’épargne pas l’Afrique.
Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, les Etats africains en général et ceux de la zone UEMOA en particulier travaillent à s’affranchir du modèle de développement ancien en intégrant les enjeux environnementaux dans leurs processus de développement économique et social.
UEMOA, des pays aux atouts naturels indéniables
Dans le plan stratégique 2025-2030 de la Commission de l’UEMOA intitulé « Impact 2030 », les pays (Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali, Bénin, Togo, Guinée Bissau, Burkina-Faso, Niger) appartenant à cette zone économique affirment leur ambition de construire des économies de plus en plus intégrées sans pour autant ignorer la question de la durabilité.
Et, en la matière, les pays de l’UEMOA disposent d’atouts indéniables. Pour la poursuite de leur développement à partir de ressorts économiques durables, les pays de l’UEMOA disposent de ressources naturelles importantes telles que le soleil, le vent, les cours d’eau etc. ces atouts peuvent contribuer à développer la production d’énergies propres, notamment l’énergie photovoltaïque, l’énergie éolienne, et l’énergie issue des barrages hydroélectriques.
Ce qui contribue à accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de ces pays. Mais, au-delà des atouts naturels, l’économie verte représente un véritable vivier d’opportunités pour la zone UEMOA. Car, elle peut susciter l’émergence d’une économie circulaire capable de créer de la richesse et des emplois verts.
La mise en place d’une économie plus respectueuse de l’environnement est une nécessité vitale pour les pays africains. Elle représente une opportunité, car elle suscite la création de nouvelles entreprises spécialisées dans divers secteurs tels que, le recyclage des objets, la transformation des déchets en source d’énergie etc. Ces entreprises innovantes contribuent ainsi à la transformation structurelle des économies africaines.
Assainissement du cadre de vie, création de richesse et d’emplois
En Côte d’Ivoire par exemple, des chiffres du ministère en charge de l’environnement indiquent que Chaque année, le pays produit près de 2,5 millions de tonnes de déchets ménagers dont environ 1,9 millions de tonnes pour Abidjan, la capitale économique. Parmi ces déchets, 288 tonnes de déchets plastiques sont produites chaque jour. Mais, à peine 20% de ces déchets plastiques sont recyclés.
Face à cette situation, le recyclage apparaît comme une opportunité afin de réduire la pollution de l’environnement et valoriser les déchets : « Il faut que les populations sachent que les déchets ont de la valeur. Les étudiants, les start-ups doivent s’investir dans la valorisation des déchets, car dans les déchets, il y a de la richesse, des emplois peuvent être créés en plus d’assainir notre cadre de vie » souligne Didier Goundeke, commissaire général du Salon international du recyclage en Afrique.
Quant à Boukary Konditamde, président de l’association ASPERD au Burkina Faso, il estime que les déchets ne constituent pas un problème en soi. « Le problème, c’est ce qu’on en fait pour qu’ils soient utiles. Nous avons trouvé la solution en formant une centaine de jeunes à la fabrication de pavés, de briques, fosses, à partir d’un mélange de sachets plastiques et du sable » affirme-t-il.
Cette approche innovante est donc susceptible de créer une économie circulaire où rien n’est jeté, mais où tout est transformé en vue d’être réutilisé. Par ailleurs, elle favorise l’auto-emploi et l’entreprenariat des jeunes dans un contexte de chômage généralisé.
Une meilleure gestion des déchets engendre également une meilleure santé pour les populations. Il appartient donc aux Etats de créer les conditions pour l’émergence de champions nationaux dans ces secteurs en mettant en place et/ou renforçant l’accès aux financements verts.
PATRICK KROU
