Extorsion de fonds à PK18 : L’adjudant filmé en plein racket prend 5 ans, un message choc aux casernes

Extorsion de fonds à PK18 : L’adjudant filmé en plein racket prend 5 ans, un message choc aux casernes

18/04/2026 - 16:38
Extorsion de fonds à PK18 : L’adjudant filmé en plein racket prend 5 ans, un message choc aux casernes
Extorsion de fonds à PK18 : L’adjudant filmé en plein racket prend 5 ans, un message choc aux casernes

Le verdict est tombé comme un couperet ce jeudi 16 avril 2026. L’adjudant D.L.F.J.L., dont les méthodes d’extorsion à Abobo avaient fait le tour de la toile, a été condamné à une peine exemplaire par la justice militaire.

Un signal fort envoyé à tous les agents indélicats : l’impunité ne passera plus par le smartphone des usagers.

Le piège numérique se referme à PK18

Tout bascule le 23 février dernier sur l’axe Abobo PK18 – Paris Baguette. Ce qui devait être un simple contrôle de routine pour un conducteur de tricycle et son copilote se transforme en une scène de corruption devenue tristement banale. Suivant un rituel bien connu, un billet est glissé sous la pochette des documents administratifs.

Mais cette fois, le scénario déraille. L’un des usagers, refusant la fatalité du racket, filme la scène en cachette. La vidéo, postée sur TikTok, devient instantanément virale, accumulant des milliers de vues et plaçant l’état-major devant le fait accompli.

La preuve est irréfutable, l’image est nette : le flagrant délit est consommé devant le tribunal de l'opinion publique avant même de l'être devant celui des hommes.

Des « gestes d'encouragement » qui ne passent pas

À la barre du Tribunal Militaire d’Abidjan, l’adjudant a tenté une ligne de défense pour le moins audacieuse. Évoquant des « actes de clémence » ou des « gestes d’encouragement » de la part d'usagers reconnaissants, le sous-officier a essayé de travestir l'extorsion en acte de sympathie.

Face au visionnage des images et à l'inflexibilité du Parquet, le prévenu a fini par admettre, non sans difficulté, une « mauvaise manière de servir ». Un euphémisme qui n'a pas pesé lourd face aux articles 471, 484 et 559 du Code pénal.

Le verdict : La fin de l’impunité

Le Tribunal a frappé un grand coup pour restaurer l'image des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Le verdict, sans appel, se décline ainsi :

5 ans de prison ferme ;

500 000 FCFA d’amende ;

Mandat de dépôt immédiat.

« Que cette condamnation soit affichée dans toutes les casernes du pays », a ordonné le juge.

Au-delà de la peine de prison, c'est l'honneur de l'uniforme qui est rappelé à l'ordre. En ordonnant la publication du jugement dans les journaux d’annonces légales et son affichage dans chaque garnison, la justice militaire transforme l’adjudant D.L.F.J.L. en un exemple à ne pas suivre.

Le message est clair : à l'ère des réseaux sociaux, le moindre billet glissé peut mener directement derrière les barreaux.

 

Patrick KROU avec Tribunal militaire d'Abidjan