Korhogo : Encombrement à la rue Bafagapont, Soro Fousséni appelle à une mobilisation citoyenne
Korhogo : Encombrement à la rue Bafagapont, Soro Fousséni appelle à une mobilisation citoyenne
Au cœur du grand marché de Korhogo, la rue Bafagapont est devenue le symbole d’un désordre urbain préoccupant. Cette artère stratégique, reliant la station au quartier Banaforo en passant par le pont Cabri, est aujourd’hui confrontée à un encombrement chronique qui menace à la fois la fluidité du commerce et la sécurité des usagers.
Face à cette situation alarmante, le vice-président de la Coordination des Opérateurs du Commerce de Côte d’Ivoire (COCOMCI) et président des commerçants du District des Savanes, l’imam Soro Fousséni, tire la sonnette d’alarme et appelle à un sursaut citoyen.
Lieu de passage incontournable pour commerçants et clients, la rue Bafagapont grouille en permanence, surtout les jours de marché hebdomadaire. Étals improvisés, vendeurs ambulants, motos stationnées anarchiquement, marchandises exposées à même le sol : le décor est celui d’un embouteillage permanent.
Chacun tente d’y mener ses activités, mais dans un désordre qui complique les déplacements et augmente les risques d’accidents. Cette ruelle, essentielle à la vitalité économique locale, s’est progressivement transformée en véritable point noir de la circulation.
Pour Soro Fousséni, il ne s’agit pas d’un simple problème d’organisation, mais d’un réel danger pour les populations.
« Un gros camion dont les freins avaient lâché a sérieusement endommagé des motos garées en désordre. Un cas similaire survenu au niveau des stations a brutalement coûté la vie à une femme. Pourtant, quelques mois après le drame, des vendeurs ont recolonisé les mêmes espaces », déplore-t-il, la voix empreinte d’émotion.
Ces incidents rappellent la vulnérabilité des usagers dans un environnement où l’incivisme et l’absence de régulation favorisent les risques.
Sur le terrain, l’exaspération est palpable. Adama Yalamoussa, vendeur de riz, souligne les difficultés quotidiennes rencontrées par les acteurs du marché.
« Il faut mettre un terme définitif à cet embouteillage. Nous avons du mal à décharger nos marchandises et les clients peinent à se frayer un passage tant la rue est constamment obstruée », confie-t-il.
Même son de cloche chez Silué Lamine, commerçant installé derrière son comptoir bien achalandé. Il appelle les autorités municipales et les responsables des commerçants à se saisir sérieusement du dossier afin de mettre fin à ce qu’il qualifie d’incivisme notoire.
Au-delà des pertes économiques potentielles en cas d’accident majeur, ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Les magasins régulièrement installés, soumis aux impôts et taxes communales, subissent également les conséquences de cette anarchie.
Déterminé à inverser la tendance, Soro Fousséni plaide pour une action concertée entre commerçants, autorités municipales et forces de l’ordre. L’objectif est clair : réorganiser l’espace, restaurer la discipline et redonner à la rue Bafagapont son rôle d’axe commercial fluide et sécurisé.
Parmi les pistes envisagées figure l’élaboration d’une stratégie de sensibilisation et le recasement des commerçants vers les petits marchés construits dans différents quartiers de la ville.
Dans une cité en pleine dynamique économique comme Korhogo, le développement ne saurait prospérer dans le désordre. L’enjeu dépasse désormais la simple question d’encombrement : il s’agit d’un impératif de responsabilité collective et d’une véritable volonté citoyenne à bâtir.
ACHILLE LAH KADO
Correspondant
