Week-end des Ebony 2025 : Un appel au journalisme responsable et à la viabilité économique de la presse ivoirienne
Week-end des Ebony 2025 : Un appel au journalisme responsable et à la viabilité économique de la presse ivoirienne
La cérémonie d'ouverture de la 27e édition du Week-end des Ebony s'est tenue ce vendredi 6 février 2026 à l'hôtel Président de Yamoussoukro, sous le thème « Un journaliste responsable pour une Côte d'Ivoire encore plus forte ». Plusieurs communications ont marqué cette première journée.
Dans son intervention, Jean-Claude Coulibaly, président de l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI), a rappelé que le pays sortait de périodes de turbulences liées aux élections présidentielles et législatives.
Il a reconnu que les journalistes ivoiriens n'ont pas toujours pleinement assumé leur rôle lors de ces moments critiques. « En tant que professionnels et responsables, nous devons être des ''modelateurs'' de l'opinion et les gardiens de la démocratie », a-t-il déclaré.
Il a insisté : « Nous mesurons l'impact de nos plumes, de nos paroles à l'écran et au micro. Le journaliste n'est ni un cyberactiviste ni un influenceur : il est celui qui apporte une information crédible et vérifiée. » Ces propos ont été tenus devant ses pairs, des journalistes seniors et des étudiants en journalisme.
L'invité spécial de ce Week-end des Ebony 2025, Charles Kouassi, directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), s'est adressé aux patrons de presse pour souligner la nécessité de changer de modèle économique afin de rendre les entreprises de médias viables et prospères.
Tel un médecin urgentiste, après 37 ans d'expérience à la CNPS, il a posé un diagnostic alarmant et tranché : « La première chose à faire est d'organiser rapidement des états généraux de la presse, réunissant journalistes, hommes de médias et hommes d'affaires nationaux et internationaux. »
S'attardant sur des pistes concrètes, il a suggéré l'ouverture de l'actionnariat aux grandes entreprises et groupes financiers, ainsi que la création de véritables médias d'opinion sur lesquels ces acteurs économiques pourraient s'appuyer pour orienter positivement l'opinion. « La presse doit se réinventer pour que les entreprises de presse deviennent viables. Elles doivent porter la bonne information afin d'orienter une opinion favorable sur la Côte d'Ivoire et l'Afrique. La presse doit accompagner le développement », a martelé Charles Kouassi, qui a réussi, depuis 13 ans, à faire basculer la CNPS dans un régime excédentaire atteignant 2 000 milliards de FCFA en 2025.
La communication du régulateur, lue par Doh Konaté, représentant le président de l'Autorité nationale de la presse (ANP), a rappelé aux journalistes leur rôle majeur : être un contre-pouvoir et le quatrième pouvoir.
Le directeur de la presse et des productions numériques les a invités à se conformer strictement aux 22 articles de devoirs et aux 11 articles de droit du code d'éthique et de déontologie du métier.
Dr Bamba Sidiki, directeur du Centre d'études et de recherches en communication (CERCOM), a quant à lui souligné que le rôle des médias est avant tout de faire de la médiation.
« Les médias sont destinés à façonner l'opinion des lecteurs, téléspectateurs et auditeurs », a rappelé cet universitaire, tout en insistant sur l'enjeu de consolider ce rôle de médiateur pour les médias ivoiriens.
Après cette première journée, le Week-end des Ebony s'est poursuivi le samedi avec une marche sportive et la finale du tournoi de la confraternité.
Celle-ci s'est soldée par un troisième sacre consécutif de la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI) face à son challenger, la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI).
Patrick KROU, depuis Yamoussoukro.
