Vridi canal/ Opération de déguerpissement Abel Lakpa, président du Coges du groupe Scolaire Vridi canal, déguerpi, père de quatre enfants " C'est déplorable... !"
Vridi canal/ Opération de déguerpissement Abel Lakpa, président du Coges du groupe Scolaire Vridi canal, déguerpi, père de quatre enfants " C'est déplorable... !"
Historique de cette opération de démolition
"En début d'année (2026), une réunion diligentée par les responsables du Conseil de gestion de quartier (CGQ). A cette rencontre, nous avons appris qu'un projet de construction d'une route doit passer par ici, ce qui va passer par la pharmacie Vridi canal, jusqu' au canal de Vridi, dont les travaux vont débuter dans un ans six mois. Et que ce n’est pas tout Vridi Canal qui est concerné pas ce projet.
A notre grande surprise, le vendredi 5 mai à 15h, on nous dit que les canions sont là et qu'il faudrait que nous quittions le site pour démolition. Ce qui a été fait sans que nous n'aurions un avertissement immédiat ou nous informer que dans quelques jours ou une semaine on vient démolir ! "B
Sentiment après démolition
Malheureusement nous sommes tous à la rue. Nous avons avec nous des enfants, des élèves en classe d'examen, des femmes, des personnes âgées dans cette saison de pluie, ce n’est pas facile. Voici la situation dans laquelle nous sommes. C'est déplorable mais on fait avec.
Le fond du problème
Le problème est qu'on ne tient pas compte des réalités des gens. Démolir ça peut arriver. Mais ce sont les êtres humains qui habitent là. Il faut prévoir des sites de recasement, assortis des mesures d'accompagnement, pour que la vie continue.
Nous n'avons pas été dédommagé. On ne nous a pas attribué de site de recasement. Ils avaient dit que dans un an et demi ils reviendraient pour recenser toutes les les familles impactées en vue d'un dédommagement.
C'est qu'ils avaient dit. A ce jour, il n'y a pas eu de recensement des populations et des ménages à cet effet. Personne n'a été ni recensé ni dédommagé. Je ne dis bien personne !
Message au gouverneur Cissé Ibrahima Bacongo
Si j'avais le gouverneur du District autonome d'Abidjan en face de moi, sincèrement je ne saurais pas quoi lui dire, parce que je ne sais pas ce qui motive ce déguerpissement de façon manu militari. Je vais lui demander les motivations de cette manière de procéder, dans un pays comme la Côte d'Ivoire. Même si c'est nous qui sommes en danger, il n'y a pas deux façons de mourrir. Parce que si les eaux nous tuent ou que tu nous mets à la rue, c'est une autre façon de mourrir. Je crois que ce n' est pas ce motif qui motive ce déguerpissement. J'habite Vridi canal cela fait plus de 20 ans. Nous sommes des êtres humains, du moment où tu mets des gens dehors, sans tenir compte de la réalité. Pour moi, il n'y pas d'urgence. Il n'y en a pas ! S'ils en trouvent, qu’ils nous la présentent ! Ici à Vridi canal, il n'y a jamais eu d'inondation. Quand pleut sur Abidjan, il y a inondations à Cocody, Bingerville etc mais ici à Vridi canal, il n'y a jamais eu cela ! Même qd il y a une forte pluie, trente minutes après les eaux de pluie s'infiltrent.
Un mot sur le projet de construction de route
C'est une route qui va passer sur le canal et qui rallier Vridi Ako. Cette route prend en compte le marché de nuit de Port-Bouët, l'abattoir pour atteindre Vridi canal. On nous dit que cette route s'inscrit dans le projet de la ceinture du grand Abidjan et que c'est un pan de ce projet qui passe par là.
Appel aux autorités
J'espère que cela ne va pas arriver à d'autres quartiers, vraiment c'est déplorable de mettre des gens à la rue comme ça sans raisons. Et il n'y a pas d'urgence non plus! Si c'était le cas, on aurait pu nous faire assoire pour nous en parler trouver une méthode humaine pour partir d'ici. Si les commanditaires de ces démolitions ne savent pas, les gens en meurent.
Situation matrimoniale
La dernière a 5 ans, un qui va en 4ème, j'ai un qui va en terminale, l'aînée vient d'obtenir la licence. Étant déguerpis, il faut vous comment faire pour réorienter les choses. Nous devons trouver une autre maison hors du quartier alors que les moyens manquent .
Serge Amani
