VIH/sida à Ouragahio : Le PNLS et la communauté unis contre le virus des préjugés
VIH/sida à Ouragahio : Le PNLS et la communauté unis contre le virus des préjugés
Ouragahio, à 17 kilomètres de Gagnoa, dans le Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire. – Dans la grande salle de mariage de la mairie, ce mardi 28 juillet 2026, les mots avaient un poids particulier.
Assi Apo Josiane épouse Tie Bi sous-préfet de Ouragahio
Il n’était pas seulement question de maladie, de traitement ou de prévention. Il était surtout question du regard — celui que la société porte encore trop souvent sur les personnes vivant avec le VIH/sida.
Ce jour-là, le Programme national de lutte contre le sida (PNLS), en collaboration avec la mairie d'Ouragahio, a choisi de s’attaquer à un adversaire moins visible mais tout aussi redoutable que le virus : la stigmatisation et la discrimination.
Cette campagne de sensibilisation a rassemblé autour d’une même table les autorités administratives et sanitaires, les forces de défense et de sécurité, les chefs communautaires, les associations féminines, les organisations de jeunesse, les acteurs de la société civile sanitaire (parmi lesquels l’ONG UFDCEM) et de nombreux habitants venus écouter, comprendre et échanger.
Présidée par Mme Assi Apo Josiane, épouse Tie Bi, sous-préfet d'Ouragahio, la rencontre a débuté par un message clair : la lutte contre le VIH ne peut être gagnée sans la mobilisation de toute la communauté.
En ouvrant officiellement la session, le sous-préfet a appelé les populations à devenir des acteurs du changement :
« En déclarant officiellement ouverte cette séance de sensibilisation sur la stigmatisation et la discrimination liées au VIH/sida, j’invite chaque habitant d'Ouragahio à devenir un acteur du changement. La lutte contre le VIH ne relève pas seulement du secteur de la santé ; elle est l’affaire de toute la communauté. Refusons les préjugés, protégeons les droits des personnes vivant avec le VIH et faisons de notre sous-préfecture un exemple de solidarité, de respect et de cohésion sociale », a déclaré Mme Assi Apo Josiane.
Une maladie qui frappe aussi les esprits
Le PNLS a rappelé une réalité essentielle : le VIH n’est pas uniquement une question médicale, c’est aussi un défi humain et social.
Derrière chaque personne vivant avec le virus, il y a une histoire, une famille, un travail, des projets. Pourtant, la peur du rejet pousse encore certains citoyens à cacher leur statut, à éviter le dépistage ou à renoncer aux soins.
Au cœur des échanges, les animateurs de la campagne ont insisté sur un cadre légal protecteur : en Côte d’Ivoire, une loi protège spécifiquement les personnes vivant avec le VIH/sida contre la stigmatisation, la discrimination et toute atteinte à leurs droits fondamentaux.
Cette législation garantit notamment le respect de leur dignité, la confidentialité de leur statut sérologique, l’accès aux soins ainsi que l’égalité de traitement dans la société. Connaître ses droits, c’est déjà combattre les préjugés.
Ouragahio face aux chiffres de l’épidémie
Les données présentées au cours de la rencontre témoignent de la mesure du défi. La région du Gôh compte environ 13 000 personnes vivant avec le VIH, tandis que la sous-préfecture d'Ouragahio enregistre près de 2 700 personnes infectées.
Des chiffres qui rappellent l’urgence d’une mobilisation collective. Pour le PNLS, il ne suffit plus de parler de prévention et de traitement ; il faut bâtir un environnement où chacun peut vivre sans crainte d'être exclu.
Le message du PNLS : briser le silence
Pour conduire cette campagne, le PNLS a dépêché une délégation composée de Léonce Azihat (chef de délégation) et Guiri Jaurès, tous deux assistants au service de mobilisation sociale, de Lobé Kevin et Nadré Thierry du service logistique, ainsi que d'AVIT Bertrand, point focal Droits humains et parajuriste de l’ONG Ruban Rouge.
Prenant la parole, Léonce Azihat a rappelé que la défense de la dignité humaine est indissociable du combat sanitaire :
Jean Jacques Zaro premier adjoint au maire de Ouragahio
« La stigmatisation et la discrimination demeurent aujourd’hui parmi les principaux obstacles à la riposte contre le VIH/sida. Tant que des personnes auront peur d’être rejetées, elles hésiteront à se faire dépister ou à suivre correctement leur traitement.
Notre mission est de rappeler que le VIH n’enlève à personne sa dignité ni ses droits. Chaque citoyen a le devoir de combattre les préjugés et de promouvoir une société inclusive », a affirmé le chef de délégation du PNLS.
Ouragahio veut montrer l’exemple
Du côté de la municipalité, l’engagement est également ferme. Représentant le maire, Jean-Jacques Zaro, premier adjoint, a salué cette initiative et réaffirmé la volonté de la commune de soutenir durable.
DJACK ZOLA
