Litige foncier : Soumahoro Mory expose ses documents et donne la parole aux familles

Litige foncier : Soumahoro Mory expose ses documents et donne la parole aux familles

11/09/2026 - 21:56
11/09/2026 - 21:57
Litige foncier : Soumahoro Mory expose ses documents et donne la parole aux familles
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Litige foncier : Soumahoro Mory expose ses documents et donne la parole aux familles
Litige foncier : Soumahoro Mory expose ses documents et donne la parole aux familles
Litige foncier : Soumahoro Mory expose ses documents et donne la parole aux familles

Le litige foncier opposant Touré Ahmed Bouah, président-directeur général (PDG) de Sophia SA, à Soumahoro Mory, responsable de l’entreprise ESTP, continue de susciter des inquiétudes.

Après plusieurs prises de parole publiques des deux parties, Soumahoro Mory a organisé, jeudi 10 septembre 2026, une visite du site litigieux situé à Anyama-Adjamé, dans la zone dite « Quatre Croix », à l’intention des journalistes.

Au cours de cette visite, le responsable de l’ESTP a présenté plusieurs documents qu’il affirme être liés aux conventions conclues avec Sophia SA et aux travaux réalisés sur le site. Des représentants de familles concernées par le foncier ont également livré leur version des faits et exprimé leurs attentes quant au règlement de cette affaire.

Selon Soumahoro Mory, des vérifications effectuées par son notaire auraient révélé une situation différente de celle qui lui avait été présentée au moment de la conclusion de ses accords avec Touré Ahmed Bouah.

« Quand mon notaire est allé vérifier l’ACD que Touré Ahmed Bouah nous avait donné, portant sur les 346 hectares, nous avons constaté que cet ACD n’était plus au nom de Touré Ahmed Bouah. Il avait déjà vendu à la CNPS et à la CGRAE, qui, elles aussi, n’auraient pas encore totalement payé les sommes dues », a-t-il déclaré.

Pour le responsable de l’ESTP, cette situation constitue un élément central du différend. Il reproche notamment au PDG de Sophia SA de lui avoir confié un mandat alors qu’il estime que celui-ci n’était plus habilité à agir en qualité de propriétaire des terrains concernés.

« Ce qu’il devait me dire, c’est qu’il n’était plus propriétaire. C’est pour cela que je l’accuse d’escroquerie. Il m’a escroqué parce qu’il ne m’a pas dit la vérité dès le départ. Il m’a menti. S’il m’avait dit qu’il n’était pas propriétaire, ce n’était pas à lui de me donner un mandat pour venir travailler ici », a soutenu Soumahoro Mory.

L’ESTP dit avoir travaillé sur la base des documents présentés

Coulibaly Drissa, responsable administratif de l’ESTP, a également apporté des précisions sur les conditions dans lesquelles l’entreprise est intervenue sur le site.

« Nous sommes ici depuis plus de cinq ans. À notre arrivée, nous ne connaissions même pas Touré Ahmed Bouah. Nous avons travaillé conformément aux documents qui nous avaient été présentés », a-t-il expliqué.

Selon lui, Touré Ahmed Bouah est ensuite intervenu sur le site en présentant un ACD portant sur 346 hectares. L’ESTP aurait alors cherché à se conformer à ce document avant de conclure une nouvelle convention avec lui.

« Touré Ahmed Bouah est venu nous trouver sur les 72 hectares et nous a présenté un ACD portant sur 346 hectares. Conformément aux documents qu’il nous a présentés, nous nous sommes conformés à cet ACD et nous avons signé une nouvelle convention avec lui », a ajouté le responsable administratif.

Soumahoro Mory affirme par ailleurs que des lots seraient commercialisés sur le site sans son accord. Il soutient avoir réalisé les travaux d’aménagement avant de constater, à sa grande surprise, que certains lots faisaient l’objet d’opérations de vente.

« Tout ce que vous voyez ici n’a pas été vendu par moi. J’ai réalisé les travaux, mais, à ma grande surprise, il a procédé à la commercialisation », a-t-il affirmé.

En tant que promoteur agréé, Soumahoro Mory estime que les opérations de commercialisation devraient respecter les responsabilités définies dans la convention conclue entre les parties.

« Il envoie des personnes pour commercialiser le site. Il peut même ne pas être présent physiquement, mais il mandate des individus pour effectuer ces opérations », a-t-il ajouté.

Les familles réclament le règlement des sommes dues

La visite de terrain a également permis à plusieurs représentants de familles concernées de faire entendre leur voix. La famille Hamond a notamment expliqué que Touré Ahmed Bouah avait acquis des terres auprès de leurs parents plusieurs années auparavant.

Selon ses représentants, plusieurs des personnes ayant signé les documents à l’époque sont aujourd’hui décédées. Une partie des sommes convenues aurait été versée, tandis qu’un reliquat resterait à régler.

Les membres de la famille affirment également que Touré Ahmed Bouah leur aurait expliqué que le projet serait considéré comme annulé s’il n’était pas réalisé dans un délai de cinq ans.

« Nous avons attendu cinq ans, puis dix ans et même quinze ans. Pendant ce temps, nos parents sont restés dans une situation difficile, sans ressources suffisantes », ont-ils témoigné.

Par la suite, Soumahoro Mory serait intervenu sur certaines parcelles appartenant notamment aux familles Aka Aka et Hamond. Selon les représentants de ces familles, il aurait engagé les travaux sur la base d’accords conclus directement avec elles.

Hamond Adrienne a, pour sa part, appelé au règlement des sommes que les familles estiment leur être dues.

« Il n’a qu’à venir payer le reste de l’argent pour que les familles soient en paix. Ils ont besoin de leur argent. Ce sont des milliards. S’il ne peut pas payer, qu’il laisse à Soumahoro Mory pour qu’il nous rembourse notre argent », a-t-elle exhorté.

Kouassi Odikeu, dit Djimmy, qui affirme avoir travaillé avec Touré Ahmed Bouah, a également évoqué le cas d’une parcelle située à Ahouabo, d’une superficie annoncée de 600 hectares. Il soutient qu’aucun paiement n’aurait été effectué sur cette parcelle et demande que les justificatifs soient produits.

« S’il a payé, qu’il nous montre les reçus de paiement », a-t-il déclaré, appelant également à ce que la population soit laissée en dehors des tensions liées à ce différend.

Le litige oppose ainsi deux parties qui présentent des versions divergentes sur la propriété, les conventions, les travaux d’aménagement et la commercialisation des lots. Les accusations formulées au cours de cette visite relèvent des déclarations de Soumahoro Mory et des familles présentes.

Elles devront être confrontées aux documents produits ainsi qu’aux explications de Touré Ahmed Bouah, PDG de Sophia SA, afin de permettre d’établir les responsabilités dans cette affaire foncière.

Ousseni  Sawadogo