20 ans dans les coulisses des Éléphants : Les confidences d’un médecin du sport ivoirien
20 ans dans les coulisses des Éléphants : Les confidences d’un médecin du sport ivoirien
Il est 12h20, ce mercredi 14 janvier 2026, lorsque nous franchissons le pas de la porte du bureau du Dr N’zué Kouakou Basile, au Centre national de Médecine du Sport situé à l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (INJS) à Abidjan-Marcory, où il officie comme Médecin du sport et Chef du service du contrôle d’aptitude. Ce jour-là, S.A., 17 ans, footballeur amateur, a un rendez-vous médical. D’une démarche claudicante, le jeune homme pénètre dans la salle. Avec l’autorisation du médecin et du patient, nous assistons à la consultation, un moment que tout journaliste rêve de vivre.
« On était à l’entraînement, quand j’ai voulu faire une passe de l’intérieur du pied… j’ai senti une douleur au bas-ventre. Depuis un mois, j’ai mal et je n’arrive plus à m’entraîner… », se plaint-il avec insistance. Le médecin, sans détour, pose son diagnostic : « Il souffre d’une pubalgie. C’est fréquent chez les jeunes joueurs… ». Il invite alors le patient à s’installer sur le fauteuil médical ergonomique et procède à un testing musculaire.
« C’est confirmé ! Il est au stade 2 de la pubalgie. Il ne peut pas effectuer de passes de l’intérieur du pied. Les muscles du côté droit sont H.S. (hors service). La pubalgie est une maladie purement clinique. Le diagnostic se fait uniquement par l’examen », explique-t-il. Puis, il se tourne vers le jeune sportif : « Il faut faire beaucoup d’abdos, du gainage. Tu suivras 12 séances avec un kinésithérapeute, et ça ira ». Avant de clore la consultation, le médecin ajoute une phrase glaçante : « S’il avait été au stade 3, cela aurait nécessité une intervention chirurgicale ».
Titulaire d’un Diplôme Universitaire en médecine du sport et pathologie rachidienne de l’Université de Bordeaux, le Dr N’zué Kouakou Basile est également spécialiste du football certifié FIFA. Membre actif du Centre National de Médecine du Sport, il évolue depuis plusieurs années au cœur du staff médical des sélections nationales de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF).
Dans cette interview exclusive, le spécialiste – invité du mois de www.infodirecte.net - nous ouvre pour la première fois le cœur de son métier, à la fois passionnant, épique, stressant, palpitant et profondément humaniste. Un métier qui constitue, en réalité, l’antichambre des victoires et des performances des sportifs. Première partie ! Interview !
Prévenir plutôt que guérir : Le Dr N’zué Basile explique l’importance du bilan médical avant toute compétition
PARCOURS PROFESSIONNEL
Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et ce qui vous a conduit à devenir médecin du sport, puis à intégrer l’équipe nationale de Côte d’Ivoire ?
Je peux dire que c’est depuis la première année à la Faculté de Médecine que j’ai décidé de devenir médecin du sport. J'ai côtoyé des grands maîtres comme le professeur Dah Cyrille Serges et feu le professeur Constant Roux.
À défaut de pouvoir pratiquer le sport et compte tenu d’un calendrier estudiantin très chargé, je me suis demandé pourquoi ne pas devenir médecin afin de soigner les sportifs.
C'est comme ça qu'est partie la vocation. Et puis avec les conseils d ces grands maîtres, on a les côtoyés.
J’ai eu la chance de travailler, d’apprendre sur le terrain aux côtés de grands professeurs. Et voilà comment est née la passion de la chose.
Et comment avez-vous intégré l’équipe nationale, le staff des Éléphants ?
Il faut dire qu’une fois que vous adhérez à l’Association des médecins du sport, créée par le professeur Constant Roux, il y a une certaine conduite à tenir : participer à des séminaires, choisir deux disciplines sportives pour se former sur le terrain. Nous avions des aînés un peu partout, dans toutes les fédérations.
Pour ma part, j’ai choisi les disciplines Karaté et Tennis. C’est là que j’ai fait mes armes. Un jour, le professeur Dah Cyrille m’appelle à son bureau et me dit : « Docteur, je veux te voir parce qu’un de tes aînés t’a observé travailler et souhaite que tu rejoignes les Éléphants footballeurs. »
J’ai tiqué. J’ai botté la demande du patron en touche et je me suis caché. (Rires)
Mais il m’a poursuivi. Ce jeu de cache-cache a duré quelques mois. Puis, à la troisième convocation, je n’avais plus le choix.
Il m’a dit : « Demain, tu vas à la Fédération ivoirienne de football. Tu iras voir Monsieur Walter Ammann. C’est avec lui que tu vas travailler. »
C’était en novembre 2004. C’est ainsi que j’ai intégré pour la première fois l’équipe nationale U15, à la Fédération ivoirienne de football.
Quelles formations complémentaires avez-vous suivies pour devenir médecin du sport ?
La médecine du sport est une spécialité qui se fait après le diplôme de médecine générale. En Côte d’Ivoire, elle durait deux ans, mais cette spécialité n’existe malheureusement plus aujourd’hui.
Nous avons donc effectué notre spécialisation au Maroc, sous le couvert de l’Université de Bordeaux, à travers un diplôme universitaire décentralisé à Marrakech. Il s’agissait d’un diplôme universitaire de deux ans.
Le Centre national de Médecine du Sport a été créé en 1984, lors de la première Coupe d’Afrique des Nations organisée par la Côte d’Ivoire. C’est un centre dédié aux sportifs, placé sous la tutelle du ministère des Sports.
En principe, tous les sportifs de haut niveau devraient y passer avant toute compétition internationale. Malheureusement, ce rôle n’est pas encore pleinement assumé, et c’est un grand regret pour nous.
Qu’est-ce qui bloque selon vous ?
Pour le moment, on ne sait pas vraiment. Les médecins ne sont pas très loquaces sur la question. Pourtant, étant un centre du ministère des Sports, tous les sportifs des équipes nationales devraient obligatoirement y effectuer leur bilan.
On ne se lève pas un matin pour faire du sport de haut niveau. Non. Il faut des bilans préalables. Le professeur Roux définissait la médecine du sport comme la médecine de l’homme sain en mouvement.
Par votre canal, j’espère que ce message sera entendu par le ministère de tutelle, afin que le sport se déroule dans de bonnes conditions de santé.
LE MÉTIER DE MÉDECIN DU SPORT : BASES ET SPÉCIFICITÉS
En termes très simples, comment pouvez-vous définir le rôle d’un médecin du sport ?
Définir le rôle d’un médecin du sport est à la fois simple et complexe. Le médecin du sport a un champ d’action très large. Mais pour être simple, c’est le spécialiste que l’on doit consulter en premier lorsqu’on souhaite pratiquer une activité physique ou faire du sport.
Il existe une nuance importante entre l’activité physique et le sport : ce sont deux choses différentes. Dans l’activité physique, il n’y a ni règles strictes ni normes de performance. On ne cherche pas la performance, mais le bien-être et la santé. L’activité physique est essentielle pour lutter contre certaines maladies comme le diabète, l’hypertension ou encore certains cancers.
Le sport, quant à lui, obéit à des normes et vise la performance. Il a bien sûr ses avantages, mais aussi ses inconvénients.
Le médecin du sport est donc un conseiller : un conseiller pour le sportif, mais aussi pour les encadreurs et les techniciens. C’est nous qui orientons. Quand je parle d’orientation, il s’agit de guider le sportif vers le type de discipline qui lui convient.
Nous jouons trois rôles fondamentaux : un rôle d’orientation, un rôle de prévention et enfin un rôle curatif, c’est-à-dire les soins.
Soigner un sportif est très différent de soigner un patient lambda. Prenons un exemple simple : Monsieur Tout-le-monde a un accident et se fracture la jambe. On lui met un plâtre pendant quarante-cinq jours, puis on enlève le plâtre et on fait la rééducation.
Vous appliquez ce schéma à un sportif, vous l’avez tué. Vous avez complètement ruiné sa carrière.
Chez le sportif, en cas de fracture, on va rapidement l’opérer en urgence, faire une ostéosynthèse, utiliser tous les moyens nécessaires et chercher à le récupérer avant la troisième semaine. La prise en charge est totalement différente.
Pour résumer, le médecin du sport est un conseiller pour le sportif, et aussi un conseiller pour les encadreurs et les staffs techniques. Mais ce n’est pas toujours le bon ménage entre nous, les présidents de clubs et les entraîneurs.
Quelles sont les principales différences entre votre pratique et celle d’un médecin généraliste ou d’un médecin orthopédiste classique ?
Il faut d’abord préciser que nous sommes avant tout médecins généralistes. Nous avons tous obtenu un diplôme de médecine générale avant de nous spécialiser. La différence se situe donc au niveau de la spécialisation.
Certaines pathologies sont typiquement liées à la pratique sportive. Un médecin généraliste qui n’a aucune notion de médecine du sport peut ne pas les connaître, ni même les diagnostiquer.
Le sport est aussi divisé en catégories : le sport de l’enfant, le sport du jeune et le sport de l’adulte. Or, certaines pathologies apparaissent à des âges bien précis. Tout cela nécessite une expertise spécifique.
Il existe donc une grande différence entre un médecin généraliste et un spécialiste en médecine du sport.
Existe-t-il une différence entre la médecine du sport et les autres spécialités médicales, notamment l’orthopédie, et comment travaillent-elles ensemble ?
Oui, il y a également une différence. La médecine du sport est une médecine pluridisciplinaire.
Je suis médecin du sport : lorsque j’ai besoin d’une radiographie ou d’une IRM, je m’adresse au radiologue. Lorsqu’il s’agit d’un traumatisme, je fais appel au traumatologue, qui est l’orthopédiste.
Si un joueur a un problème ophtalmologique, il ira voir un ophtalmologue. La médecine du sport est une discipline transversale, à cheval sur toutes les autres spécialités médicales.
Pouvez-vous décrire une journée type dans votre vie de médecin du sport ?
Ce sont des journées très chargées. Lorsque nous sommes au cabinet, au Centre national de médecine du sport, nous recevons Monsieur Tout-le-monde, mais surtout des sportifs déjà blessés.
Dans un centre de formation ou dans un club, la journée commence très tôt. Il faut déjà s’intéresser au petit-déjeuner, car dans la plupart des clubs, les médecins du sport sont aussi, de fait, des nutritionnistes. Ce sont eux qui conçoivent les menus et qui décident de ce qu’il faut manger.
Nous sommes à la fois médecins et psychologues. La prévention est essentielle. Si un joueur ne va pas bien mentalement, c’est au médecin de l’écouter et de lui remonter le moral.
Une journée normale consiste à préparer l’entraînement avec les entraîneurs. Nous leur remettons la liste des joueurs aptes, généralement la veille, afin qu’ils puissent préparer leur séance. Le matin de l’entraînement, il faut vérifier que cette liste est toujours à jour.
Lorsque les joueurs arrivent à l’entraînement, le médecin doit s’assurer que tous ceux qui ont été déclarés aptes sont effectivement en bonne santé. Il doit ensuite surveiller toute la séance, jusqu’à la fin, et prendre en charge les éventuels blessés. S’il n’y a pas eu de blessé, le médecin souffle un peu : la journée est terminée. Il oriente alors les joueurs sur le plan nutritionnel et sur ce que l’on appelle « l’entraînement invisible » : l’hygiène de vie, le repos, les comportements à adopter ou à éviter.
En club ou en sélection nationale, la difficulté est différente. En sélection, nous n’avons les joueurs que sur une courte période, lors des rassemblements.
Lorsqu’un joueur arrive en sélection nationale, nous faisons d’abord un bilan d’entrée. Les joueurs malades ou blessés sont renvoyés dans leurs clubs. Ceux qui sont aptes sont mis à la disposition de l’entraîneur.
Nous surveillons ensuite leur état de santé, leur forme physique et les éventuelles blessures pendant les entraînements et les matchs. Il arrive aussi que certains joueurs arrivent blessés, mais qu’on puisse les récupérer au cours de la compétition, surtout lors des compétitions longues.
En 2023, vous avez vu deux cas très célèbres : Simon Adingra et Sébastien Haller. Ils sont arrivés blessés, et le staff médical a tout mis en œuvre pour les récupérer, grâce au minimum de matériel dont nous disposions.
Mais lorsque les blessures nécessitent trop de temps, il vaut mieux libérer les joueurs.
Voilà à quoi ressemble une journée de médecin du sport, que ce soit en club, en centre de formation ou en équipe nationale. Ce sont des journées très remplies. Le médecin du sport se lève très tôt et se couche très tard. C’est l’antichambre de la victoire.
Le médecin du sport ne travaille jamais seul : il collabore avec une équipe de kinésithérapeutes du sport, qui sont eux aussi au cœur des performances — ou des échecs — d’une sélection.
Si nous vous comprenons bien, c’est le médecin du sport qui fournit la liste des joueurs aptes pour les entraînements. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
(Rires.) Très souvent, les joueurs arrivent déjà blessés. Pour ceux qui évoluent dans des championnats médiatisés, tout le monde est au courant. Pour d’autres, qui jouent dans des championnats non télévisés, les blessures sont découvertes lors des bilans d’entrée.
Dans ces cas-là, nous échangeons. Mais le médecin ne prend jamais seul la décision de retenir ou d’écarter un joueur blessé. C’est une erreur que je reproche parfois à certains confrères.
Que ce soit en centre de formation, en club ou en équipe nationale, le patron de l’équipe reste l’entraîneur. Malgré tous vos diplômes, le patron, c’est l’entraîneur.
Le rôle du médecin est de faire son constat médical et de le soumettre à l’entraîneur. À lui ensuite de décider, en tenant compte du risque pour la santé du joueur et des besoins de l’équipe. La décision finale appartient toujours à l’entraîneur.
C’est là que se situe la complémentarité entre le staff médical et le staff technique.
Quelles sont les blessures ou pathologies que vous rencontrez le plus fréquemment dans des sports comme le football ?
Au football, il est difficile d’être catégorique, car il n’existe pas encore d’études statistiques approfondies sur les pathologies dans notre contexte. Cependant, à travers notre pratique quotidienne, certaines affections reviennent très souvent.
Nous rencontrons notamment des syndromes douloureux abdominaux et pubiens, communément appelés pubalgies. La pubalgie est une pathologie du petit bassin, très fréquente aussi bien chez les jeunes footballeurs que chez les joueurs professionnels confirmés.
À côté de la pubalgie, on observe régulièrement des ruptures du ligament croisé du genou, particulièrement dans le football ivoirien. Que ce soit dans le championnat national, les compétitions locales ou les matchs télévisés, on constate fréquemment des entorses de la cheville et des entorses du genou.
La rupture du ligament croisé — antérieur ou postérieur — fait partie de ce que nous appelons les entorses graves du genou. En revanche, les atteintes des ligaments collatéraux sont généralement classées comme des entorses simples.
Chez les gardiens de but, les traumatismes concernent davantage les membres supérieurs, notamment les doigts et les poignets. Il ne faut pas non plus négliger les traumatismes crâniens, qui restent une réalité du football moderne.
Dans les centres de formation, chez les enfants et les adolescents, nous rencontrons souvent des pathologies liées au surentraînement, comme la maladie d’Osgood-Schlatter. Ces affections sont souvent dues à l’état des terrains ou à un mauvais dosage de la charge d’entraînement.
Les lésions musculaires sont également très fréquentes. Un muscle doit être préparé avant d’être sollicité. S’il ne l’est pas suffisamment, il se fragilise et peut se rompre. C’est la raison pour laquelle l’échauffement est fondamental avant chaque entraînement ou match : le muscle doit être « chaud » avant toute action.
Une anecdote ?
Je vais vous raconter une petite histoire.
Lors de la cinquième édition du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2018 qui a eu lieu au Maroc, nous étions basés à Marrakech. Il faisait très froid ce jour-là. La Côte d’Ivoire obtient un corner. Mais juste avant la frappe, il y a eu un télescopage dans notre surface de réparation : un joueur adverse était au sol, et nous sommes intervenus.
Pendant ce temps, le joueur ivoirien avait déjà placé le ballon au point de corner et attendait. Moi, j’étais sur le banc de touche et j’ai dit au coach : « Coach, il ne doit pas tirer seul… il doit tirer à deux, parce qu’il est froid. »
Malheureusement, le temps que le coach réagisse, il était déjà trop tard. Le joueur a armé sa frappe et a tiré. Il est sorti immédiatement après, victime d’une lésion musculaire.
Il était resté longtemps immobile dans le froid, sans mouvement, puis a sollicité brutalement son muscle : il s’est cassé un muscle.
C’est pour dire que les lésions musculaires sont nombreuses et peuvent aller de la simple courbature jusqu’à la déchirure ou la dilacération, qui sont des lésions graves nécessitant une prise en charge rigoureuse. Si une lésion musculaire est mal prise en charge, on met clairement le joueur en danger.
Selon vous, quelles maladies ou troubles peuvent apparaître à long terme chez un joueur professionnel en raison des blessures accumulées ?
C’est une excellente question, surtout pour nos anciens footballeurs et, plus largement, pour tous les sportifs retraités.
À long terme, on observe très souvent des arthropathies, notamment des arthroses. Ce sont des maladies dégénératives qui apparaissent à la suite de microtraumatismes répétés, de blessures apparemment bénignes mais accumulées au fil des années, ou encore de blessures mal soignées au cours de la carrière.
Ces pathologies peuvent fortement altérer la qualité de vie après la retraite sportive, d’où l’importance d’une bonne prise en charge médicale tout au long de la carrière du joueur.
Quelles étaient vos principales responsabilités au sein de l’encadrement médical des Éléphants ?
Au sein de l’équipe nationale, sous l’égide de la Fédération ivoirienne de football (FIF), j’ai occupé le poste de médecin principal de plusieurs sélections nationales. J’ai commencé avec les toutes petites catégories, notamment les U15 (moins de 15 ans) et aujourd’hui, j’exerce en tant que médecin des U23 (moins de 23 ans), c’est-à-dire la sélection olympique.
Je précise que je n’ai jamais eu l’occasion de travailler avec l’équipe nationale A.
Nos missions étaient avant tout axées sur la prévention, les soins curatifs et, dans une certaine mesure, la nutrition sportive.
Avec les jeunes sélections, le travail est souvent plus structuré. À chaque regroupement, nous réalisons d’abord un bilan clinique, suivi d’un bilan paraclinique. À l’issue de ces examens, nous mettons à la disposition des entraîneurs les joueurs qui présentent les meilleures garanties sur le plan de la santé.
Pouvez-vous parler de votre travail pionnier sur l’âge osseux en Côte d’Ivoire ?
Avec la Fédération ivoirienne de football, nous avons été parmi les premiers à initier une étude sur l’âge osseux, c’est-à-dire l’évaluation de l’âge biologique réel des joueurs. Cette démarche a débuté en 2004.
Je me souviens d’un regroupement organisé à l’Académie de la Mer, avec 36 enfants présélectionnés pour constituer l’équipe des U15 (moins de 15 ans). Parmi eux, seuls cinq joueurs entraient réellement dans la tranche d’âge réglementaire de cette catégorie.
Ce sont les examens paracliniques qui ont permis de mettre ce constat en évidence. Avec le soutien du président de la Commission médicale de la Fédération ivoirienne de football, nous avons pu écarter une trentaine de joueurs qui ne correspondaient pas aux critères d’âge. Une nouvelle sélection a ensuite été constituée, et c’est avec ce groupe que nous sommes allés disputer le Mondial U15.
Avez-vous une collaboration avec les clubs et centres de formation ?
Il arrive que certains blessés ne puissent pas être pris en charge directement par la sélection. Dans ces cas-là, nous les remettons à la disposition de leurs clubs ou centres de formation.
Je peux citer un exemple marquant : lors du Mondial des cadets en 2017, un joueur professionnel, issu du centre de formation Aspire au Qatar, a été victime d’une lésion des ligaments croisés. Face à cette situation, nous avons immédiatement pris contact avec le centre Aspire.
La Fédération ivoirienne de football a posé le problème, et le centre qatari a décidé de procéder à l’opération du joueur.
Cela illustre bien le fait que nous travaillons en étroite collaboration avec les médecins des clubs et des centres de formation. À la fin de chaque regroupement, un rapport médical détaillé est systématiquement transmis au club ou au centre du joueur concerné. Voilà, en résumé, la nature de notre travail au sein des sélections nationales.
Le Dr N’zué Basile procédant à une séance de testing musculaire pour examiner le patient S.A., ce mercredi à son cabinet du Centre national de médecine du sport, situé à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS), à Abidjan-Marcory
La suite à lire…
Réalisé par Patrick KROU
Bon à savoir
-La pubalgie est une douleur du pubis, souvent due à une tendinite ou une fracture liée au sport.
