Riziculture/Diaby Mamadou (Moulins Blancs de Gagnoa) : « Notre objectif est de rendre le riz local plus compétitif face aux importations »
Riziculture/Diaby Mamadou (Moulins Blancs de Gagnoa) : « Notre objectif est de rendre le riz local plus compétitif face aux importations »
Dans sa quête de souveraineté alimentaire, la Côte d'Ivoire peut s'appuyer sur des acteurs locaux déterminés. M. Diaby Mamadou, Directeur Général des « Moulins Blancs » de Gagnoa et Président national des transformateurs de riz, a accordé un entretien à notre rédaction.
Il y présente les missions, les défis et les ambitions de son unité de transformation, véritable pilier de la riziculture dans la région du Gôh.
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Diaby Mamadou, Directeur Général des Moulins Blancs de Gagnoa et Président national des transformateurs de riz de Côte d’Ivoire.
Présentez-nous les Moulins Blancs de Gagnoa.
Il s'agit d'une unité moderne de transformation basée dans le Sud-Ouest du pays. Notre cœur de métier est la valorisation du riz paddy local.
Nous le transformons en riz blanchi de haute qualité, commercialisé sous le label « Made in Côte d’Ivoire ». Notre ambition est claire : promouvoir la consommation nationale pour contribuer à la souveraineté alimentaire du pays.
Comment s’organise votre approvisionnement en matière première ?
Nous avons structuré notre approvisionnement autour de contrats fermes avec des coopératives agricoles et des Comités de Gestion Agricole (CGA). Ce système nous permet de sécuriser nos stocks de paddy tout en garantissant des débouchés stables et rémunérateurs aux producteurs. C’est un partenariat gagnant-gagnant.
Quel est l’impact socio-économique de votre entreprise ?
Depuis notre lancement en novembre 2011, nous œuvrons à réduire la dépendance aux importations.
Au-delà de l'aspect économique, nous créons des emplois locaux, favorisons l’autonomisation des femmes et améliorons les revenus en milieu rural. Notre activité dynamise toute la chaîne de valeur régionale.
Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous faites face ?
Les défis restent nombreux. La qualité du paddy est parfois insuffisante à cause de méthodes de récolte traditionnelles.
Le séchage en période de pluies est aussi une contrainte majeure qui augmente le taux de brisure.
Enfin, le manque d’intérêt de la jeunesse pour les métiers de la terre demeure une préoccupation pour la pérennité du secteur.
Quelles solutions préconisez-vous pour booster la filière ?
Il est impératif d'accélérer la mécanisation et de moderniser les techniques post-récolte. Cela exige une formation accrue des producteurs, un meilleur accès aux équipements modernes et un encadrement technique plus rigoureux.
Quelles sont vos perspectives d'avenir ?
Nous nous inscrivons pleinement dans la stratégie nationale d’autosuffisance en riz à l’horizon 2027-2030.
Pour ce faire, nous allons moderniser notre outil industriel avec des équipements de pointe, tels que des trieurs optiques et des épierreurs. L’objectif est d’offrir un riz local irréprochable et plus compétitif que les produits importés.
Un mot de fin ?
J’invite les populations à privilégier la consommation du riz local. C’est un choix de qualité qui soutient directement notre économie et valorise le courage de nos braves producteurs.
Réalisé par DJACK ZOLA
