Les producteurs de cacao formés à Yamoussoukro pour une meilleure influence dans la gouvernance du secteur
Les producteurs de cacao formés à Yamoussoukro pour une meilleure influence dans la gouvernance du secteur
Au cœur des enjeux d’un cacao plus durable et plus équitable, une nouvelle dynamique se met en place en Côte d’Ivoire. Durant plusieurs jours, des producteurs agricoles venus de toutes les régions du pays se sont retrouvés dans la capitale politique pour renforcer leurs compétences en matière de gouvernance et de fixation des prix dans la filière cacao.
Cette session de formation, organisée en deux vagues successives au mois d’août, est portée par un consortium d’acteurs nationaux et internationaux, avec l’appui financier de l’Union européenne. Elle s’inscrit dans le cadre d’un ambitieux programme visant à renforcer la société civile pour une gestion plus inclusive et durable de la filière cacao ivoirienne.
Un rôle central, une voix encore marginale
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire doit aujourd’hui relever un défi de taille : faire en sorte que ses producteurs – véritable pilier de la chaîne – aient enfin leur mot à dire dans les décisions qui les concernent. Trop souvent laissés en marge, ces acteurs de terrain peinent encore à se faire entendre sur les scènes nationales et internationales.
« Il est crucial que les producteurs maîtrisent les règles du jeu économique et institutionnel pour participer activement aux décisions.
Cela passe par la compréhension des mécanismes de gouvernance et de fixation des prix », souligne Zacharie Thonon, l’un des formateurs de l’atelier.
Une plateforme pour porter la voix des producteurs
Les sessions s’appuient notamment sur l’expérience de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD), un réseau lancé en 2020. Elle regroupe aujourd’hui 11 ONG, 55 coopératives et représente près de 97 500 producteurs, dont 14 % de femmes.
Véritable force de proposition, la PICD entend jouer un rôle de plus en plus décisif dans les discussions sur la durabilité du cacao ivoirien.
Durabilité et justice économique : un virage nécessaire
Face à la montée des exigences environnementales, notamment européennes, et à l’émergence du concept de « cacao propre », la filière ivoirienne est à un tournant. L’accès à certains marchés internationaux dépend désormais du respect de normes strictes en matière de traçabilité, de lutte contre le travail des enfants et de préservation de l’environnement.
Dans ce contexte, inclure les producteurs dans la gouvernance du secteur devient une nécessité stratégique. Ce sont eux qui vivent les réalités du terrain, eux qui peuvent proposer des solutions adaptées aux défis actuels.
Vers une société civile agricole plus structurée
Au-delà de la simple formation, l’objectif est clair : professionnaliser les organisations de producteurs agricoles (OPA) et leur donner les moyens de siéger à la table des négociations. Il s’agit de leur permettre de défendre efficacement les intérêts de leurs membres, de proposer des alternatives concrètes et d’influencer les politiques publiques liées au cacao.
Les organisateurs espèrent ainsi impulser une dynamique collective durable, apte à répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux du secteur.
WK
