UNJCI : Amadou Coulibaly pose un ultimatum clair à la nouvelle direction
UNJCI : Amadou Coulibaly pose un ultimatum clair à la nouvelle direction
En clôturant le 12e Congrès électif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a marqué les esprits. Pour la première fois, il participait en personne à un congrès électif de l’organisation. Son message, direct et sans ambiguïté, résonne comme un tournant : l’État reprend la main et conditionne son soutien à des réformes profondes.
Après six années de crises successives qui ont lourdement fragilisé la principale organisation de la presse ivoirienne, un Comité ad hoc a réussi, en seulement quarante-cinq jours, à organiser un scrutin apaisé. Le ministre a salué cette performance, tout en soulignant le rôle décisif joué par le retrait de Franck Etien et l’esprit de responsabilité affiché par les candidats en lice.
Une victoire immédiatement mise sous conditions
Si Marie-Laure N’Goran et Atta Étienne ont été portés à la tête de l’UNJCI, leur victoire a rapidement pris une autre tournure. À peine les résultats proclamés, le ministre les a interpellés avec fermeté : leur mandat n’est pas une récompense personnelle, mais une lourde responsabilité au service de l’unité de la corporation.
Amadou Coulibaly a exigé d’eux qu’ils tendent la main à la liste adverse et aux anciens dirigeants. Les blessures restent en effet vives au sein de la corporation : l’absence des présidents sortants à la cérémonie de clôture et l’impossibilité de présenter les rapports moral et financier témoignent d’une réconciliation encore fragile.
Le cœur de l’ultimatum : réviser les textes ou rester dans l’impasse
C’est sur la question des réformes que le ton du ministre s’est durci. Agacé par le refus du congrès de procéder à la révision des statuts et du règlement intérieur
— cause principale selon lui de six années de turbulences
—, Amadou Coulibaly a posé deux conditions non négociables à la pleine reconnaissance de la nouvelle équipe :
1-La convocation, dans les meilleurs délais, d’un congrès extraordinaire exclusivement dédié à la révision des textes fondateurs de l’UNJCI.
2-La présentation formelle, lors de ce même congrès, des rapports moral et financier des dirigeants sortants.
La sanction est claire : tant que ces deux exigences ne seront pas remplies, ni le ministère de la Communication, ni l’Agence de soutien et de développement des médias (ASDM) n’apporteront leur reconnaissance officielle ni leur accompagnement financier à la nouvelle direction. Une mise sous pression assumée par la tutelle.
Par ailleurs, le ministre a profité de cette tribune pour annoncer une réforme imminente de la Commission de la carte d’identité du journaliste professionnel et professionnel de la communication (CIJP).
L'appel à être « la génération la plus réformatrice »
Dans une conclusion à la fois incitative et solennelle, Amadou Coulibaly a lancé un défi de taille aux nouveaux responsables : devenir « la génération la plus réformatrice de l’histoire de l’UNJCI ».
Le gouvernement, a-t-il assuré, reste prêt à soutenir pleinement un journalisme ivoirien fort, uni et professionnel, mais uniquement si la corporation accepte enfin de se moderniser et de clarifier ses règles du jeu. La balle est désormais dans le camp de la nouvelle équipe. Le compte à rebours est lancé.
A. Konan
