Pari gagné pour « Nouvelle Vision » : Marie-Laure N’Goran, première femme à l'assaut des réformes de l'UNJCI
Pari gagné pour « Nouvelle Vision » : Marie-Laure N’Goran, première femme à l'assaut des réformes de l'UNJCI
L'Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) a tourné une page historique ce dimanche.
Au terme d’un 12e Congrès ordinaire électif particulièrement attendu, Marie-Laure N’Goran a été élue présidente de la faîtière des journalistes ivoiriens, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste en 35 ans d’existence de l’organisation.
Sa liste, « Nouvelle Vision », a largement dominé le scrutin, remportant le Conseil exécutif et le Conseil d’administration avec plus de 60 % des suffrages.
Une victoire claire et sans appel
Sur 563 membres inscrits, 408 ont participé au vote, soit un taux de participation de 72,47 %.
Au Conseil exécutif, Marie-Laure N’Goran a recueilli 244 voix (60,25 %) contre 161 voix (39,75 %) pour Stéphane Bahi. Au Conseil d’administration, Atta Étienne (« Nouvelle Vision ») s’est imposé avec 243 voix (60,90 %) face à Tché Bi Tché.
Réactions : unité, reconnaissance et exigences fermes du ministre
Peu après la proclamation des résultats, la nouvelle présidente a exprimé son émotion : « C’est une étape historique : pour la première fois en 35 ans, une femme prend la tête du Conseil exécutif de notre faîtière. Merci à tous pour cette belle collaboration. Nous avons démontré que l’UNJCI passe avant tout. Au-delà des divisions, nous sommes une même famille. Il n’y a plus de distinction de villages, de médias ou de contrats. Un seul clan : celui de l’UNJCI ! »
Le nouveau président du Conseil d’administration, Atta Étienne, a quant à lui remercié le ministre de la Communication et son cabinet pour leur implication décisive : « Je remercie Dieu, le ministre de la Communication et son cabinet pour leur implication et leur esprit de concession qui ont permis de réunir tout le monde. Nous insistons sur la solidarité, la cohésion et la transparence au sein de l’UNJCI. Nous présentons notre équipe comme une équipe unie, main dans la main. »
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a marqué les esprits par sa présence personnelle à ce congrès, signe fort de l’implication de l’État. Dans un discours franc et exigeant, il a félicité les nouveaux élus tout en posant clairement les termes de la reconnaissance officielle : « L’UNJCI doit survivre à chacun de nous. C’est une organisation importante, une faîtière qui rassemble tous les acteurs de la profession. »
Saluant le travail du Comité ad hoc et le retrait de Franck Étien, le ministre a rendu hommage aux candidats pour leur respect du jeu démocratique. Il a toutefois relevé sans détour les blessures persistantes : « Leur victoire est une responsabilité, non un privilège. Je leur demande de tendre la main à la liste adverse et aux dirigeants sortants. »
Le point central de son intervention : la réforme des textes. Le ministre a regretté le refus du congrès de réviser les statuts et règlements intérieurs, cause, selon lui, de six ans de crises récurrentes. Il a posé deux conditions fermes à la pleine reconnaissance de la nouvelle équipe par le ministère et l’ASDM :
La convocation rapide d’un congrès extraordinaire exclusivement consacré à la révision des textes ;
La présentation des rapports moral et financier des dirigeants sortants lors de ce congrès.
Tant que ces engagements ne seront pas tenus, ni le ministère ni l’ASDM n’accompagneront financièrement la nouvelle direction. Le ministre a par ailleurs annoncé une réforme imminente de la CIJP et a appelé les nouveaux dirigeants à devenir « la génération la plus réformatrice de l’histoire de l’UNJCI ».
Une élection au bout d’une longue crise
Ce congrès intervient après plusieurs mois de turbulences institutionnelles, de reports successifs et d’interventions judiciaires. La mise en place d’un Comité ad hoc par ordonnance du Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, le 17 avril 2026, a permis d’organiser le scrutin dans un climat relativement apaisé.
Le cap de la réconciliation et de la reconstruction
Forte d'une légitimité claire sortie des urnes, Marie-Laure N’Goran et son équipe ont désormais la lourde tâche de panser les plaies, de réconcilier la corporation et de moderniser l’institution.
« Le Conseil exécutif compte 24 membres, mais nous sommes près de 2 000 journalistes. La dynamique est lancée ce soir. Engagez-vous ! Avec de la patience, de la résilience et du patriotisme, nous surmonterons tous les défis », a lancé la nouvelle présidente.
L’UNJCI reste un pilier essentiel de la liberté de la presse et de la défense des professionnels des médias. L’heure est désormais à l’unité et à l’action.
A. Konan
