Rentrée Culturelle 2026 : Le MASA déploie ses tentacules à Bouaké et à l’international

Rentrée Culturelle 2026 : Le MASA déploie ses tentacules à Bouaké et à l’international

07/10/2026 - 15:00
07/10/2026 - 15:38
Rentrée Culturelle 2026 : Le MASA déploie ses tentacules à Bouaké et à l’international
Kamaté Abdramane, directeur général du MASA, a présenté les nouvelles ambitions de l’institution culturelle, désormais engagée dans une dynamique d’activités toute l’année

Le Marché des Arts du Spectacle Africain d'Abidjan (MASA) s’installe pour trois ans à Bouaké, dans la région de Gbêkê. 

L’information a été livrée à la presse lors de la rentrée culturelle de l’équipe dirigeante, conduite par Kamaté Abdramane, directeur général du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (MASA), mardi 6 octobre 2026, au siège de l’institution, à Abidjan-Plateau.

Le MASA renforce sa présence à Bouaké à travers la « Pépinière urbaine de Bouaké », un projet destiné à soutenir la dynamique culturelle locale pendant trois ans.

Pour le premier responsable du MASA, l’institution veut rompre avec l’image d’un événement qui ne vit que tous les deux ans. Désormais, le MASA entend fonctionner toute l’année, avec des activités organisées entre deux éditions.

Fort de cette vision, Kamaté Abdramane a indiqué que le MASA s’est engagé dans une véritable stratégie de décentralisation culturelle. Celle-ci se concrétise notamment à travers la mise en œuvre du projet de la ‘’Pépinière urbaine de Bouaké’’, qui constitue un nouveau territoire d’action pour l’institution. L’objectif est de maintenir l’offre culturelle dans la deuxième ville du pays pendant les travaux de réhabilitation du Centre culturel Jacques Aka, sur une période annoncée de trois ans.

« Nous avons un projet que le MASA va déployer sur les trois prochaines années. Il ne se déroulera pas à Abidjan, mais à Bouaké, dans le cadre de la ‘’Pépinière urbaine de Bouaké’’, un projet du ministère de la Culture et de la Francophonie financé par l’Agence française de développement (AFD). Ce projet consiste à accompagner le Centre culturel Jacques Aka afin de maintenir les activités artistiques et culturelles dans la ville de Bouaké pendant la période des travaux de réhabilitation que cet édifice emblématique de la Côte d’Ivoire doit connaître », a expliqué Kamaté Abdramane.

Pour la mise en œuvre de ce projet, une équipe du MASA, placée sous la responsabilité de Koné Wogninlba, sera présente en permanence à Bouaké. « Il y aura un travail de formation, de recherche et de documentation. Il y aura également un déploiement de 15 ambassadeurs communautaires, qui sont des jeunes issus des quartiers et qui vont permettre d’effectuer ce travail de documentation », a précisé le chef de projet de la ‘’Pépinière urbaine de Bouaké’’.

Le MASA veut devenir un opérateur culturel de référence en Afrique de l’Ouest

Par ailleurs, le directeur général a indiqué que le MASA entend renforcer son positionnement comme opérateur culturel de référence en Afrique de l’Ouest.

L’institution a remporté, à l’issue d’un appel d’offres international, un projet financé par l’Union européenne, baptisé « Africa-Europe Partnership for Culture », mis en œuvre par le Goethe-Institut. Cette initiative vise notamment à accompagner des festivals africains dans leur structuration, leur programmation et le renforcement des compétences de leurs équipes. « Le MASA a répondu, comme d’autres associations et institutions culturelles de la région, à cet appel d’offres visant à accompagner des festivals de taille moyenne dans le domaine du spectacle vivant en Afrique de l’Ouest », s’est réjoui Kamaté Abdramane.

« SIRA », pour créer un réseau de festivals africains

Dans sa volonté d’ouverture et de coopération avec le continent, le MASA a également lancé le projet « SIRA », qui ambitionne de créer un réseau durable de festivals africains.

Selon le directeur général, le choix porte notamment sur des festivals organisés hors des capitales et sur ceux dirigés par des femmes. En mandingue, « Sira » signifie « la route ». Le projet dirigé par Assandé Daniel entend ainsi créer des passerelles durables entre le MASA et les festivals accompagnés, mais également entre ces différents événements.

« Au-delà de l’année pendant laquelle nous allons les accompagner, nous souhaitons que ce réseau puisse continuer à exister. En réalité, nous avions déjà commencé à créer ce réseau, mais nous ne disposions pas de suffisamment de moyens financiers pour le consolider. L’accompagnement de l’Union européenne vient donc conforter une idée que nous avions déjà », a expliqué le DG du MASA.

MASA Lab : miser sur l’accompagnement de longue durée

Quant au MASA Lab piloté par Kouamé Boffouo Pierre, Kamaté Abdramane a fait savoir que cette structure mise désormais sur l’accompagnement de longue durée des artistes. L’objectif est de ne plus se limiter à des interventions ponctuelles, mais de contribuer à la professionnalisation des compagnies et à leur ouverture sur les marchés internationaux.

« Dans le cadre du MASA Lab, nous sommes particulièrement fiers de la participation récente de la Côte d’Ivoire au Festival des Francophonies de Limoges, avec la compagnie Tell’Arts dans le domaine du théâtre. Cette compagnie a bénéficié d’un financement, d’une incubation et d’un accompagnement sur les plans technique, managérial et administratif, ainsi que sur l’ensemble des aspects nécessaires à la consolidation d’une compagnie artistique », a-t-il expliqué.

La Côte d’Ivoire a ainsi participé au Festival de Limoges avec pièce théâtrale « La Poupée Barbie », une création mise en scène par Souleymane Sow.

Le MASA mise sur la diplomatie culturelle

Kamaté Abdramane, directeur général du MASA, a présenté les nouvelles ambitions de l’institution culturelle, désormais engagée dans une dynamique d’activités toute l’année.

Désormais, selon le directeur général, le MASA entend intensifier son offensive culturelle à l’international à travers une diplomatie culturelle davantage tournée vers l’extérieur. Cette ambition se traduit notamment par plusieurs sollicitations et invitations à participer à des rendez-vous internationaux majeurs consacrés aux arts du spectacle.

« C’est le résultat du travail que nous faisons, vous et nous, au quotidien, pour que la Côte d’Ivoire et sa diplomatie culturelle soient présentes sur les scènes les plus importantes du monde. Je vous annonce également une bonne nouvelle : nous sommes cooptés pour faire partie des dix plus grands marchés au monde dans le domaine du spectacle vivant », a annoncé Kamaté Abdramane.

Dans cette dynamique, le MASA entend renforcer la présence de la Côte d’Ivoire dans plusieurs grands rendez-vous professionnels, culturels et artistiques internationaux, notamment au China Shanghai International Performing Arts Fair, à Shanghai, ainsi qu’à Montréal, New York, en Italie, au le Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA) à Cotonou et à Lagos.

À travers cette offensive, le MASA entend ainsi conforter son rôle de vitrine de la création artistique ivoirienne, mais également de véritable outil de diplomatie culturelle au service du rayonnement de la Côte d’Ivoire à l’international.

 

Patrick KROU