Ouragahio : Houzan Odile, 24 ans de passion au service de l’élégance et de l’autonomie
Ouragahio : Houzan Odile, 24 ans de passion au service de l’élégance et de l’autonomie
Derrière chaque couture se cache une histoire. Une histoire de passion, de patience et de savoir-faire. Au marché municipal d’Ouragahio, situé à 17 kilomètres de Gagnoa, une femme a fait de son atelier bien plus qu’un simple lieu de travail : un espace où la confiance se construit au fil des années.
C’est dans ce modeste atelier que l’équipe de reportage de LE SCOLAIRE et de L’INFODIRECTE.NET a rencontré Houzan Odile, une couturière dont la réputation repose sur la qualité de ses réalisations et son professionnalisme.
Derrière sa machine à coudre, elle ne confectionne pas seulement des vêtements. Elle crée des sourires, accompagne les moments importants de la vie de ses clients et donne forme aux rêves de celles et ceux qui lui confient tissus et pagnes.
Depuis 24 ans, Houzan Odile exerce son métier avec la même passion. Son parcours débute en 1997 lorsqu’elle entame un apprentissage de couture. Après cinq années de formation, elle choisit de faire de cet art son activité professionnelle.
« La couture est pour moi bien plus qu’un simple métier, c’est une véritable passion. Chaque tenue que je réalise porte une partie de mon savoir-faire et de mon amour pour ce travail. Mon plus grand bonheur est de voir un client porter fièrement une tenue que j’ai confectionnée », confie-t-elle.
Aujourd’hui, son atelier attire de nombreux clients en quête de travail soigné, de finitions impeccables et de respect des délais.
Parmi eux figure Yoro Béatrice, deuxième adjointe au maire d’Ouragahio, qui ne tarit pas d’éloges à son égard :
« Les finitions sont soignées, les modèles sont parfaitement exécutés et le respect des engagements est remarquable. C’est une couturière qui mérite d’être encouragée. »
Depuis plus de huit ans, Adompo Émilie compte également parmi ses clientes fidèles.
« Cela fait plus de huit ans que je lui fais confiance. J’apprécie son sérieux, la qualité de son travail et le respect qu’elle témoigne à ses clients », témoigne-t-elle.
Au-delà de la passion, la couture constitue également une source de revenus qui lui permet de gagner en autonomie financière. Houzan Odile estime ses recettes moyennes à environ 10 000 FCFA par jour, soit près de 300 000 FCFA par mois et environ 3 600 000 FCFA par an. Pendant les périodes de fêtes et les grandes cérémonies, son chiffre d’affaires peut atteindre jusqu’à 200 000 FCFA.
Attachée au développement de sa commune, elle affirme s’acquitter régulièrement des taxes communales et des impôts liés à son activité.
Mais son ambition va aujourd’hui au-delà de la réussite personnelle. Elle souhaite transmettre son savoir-faire aux jeunes générations et contribuer à leur insertion professionnelle.
À cet effet, elle lance un appel au gouvernement ivoirien, notamment au ministère chargé de l’Emploi des jeunes, afin de bénéficier d’un accompagnement dans cette mission de formation.
« Je souhaite transmettre mon savoir-faire aux jeunes Ivoiriens. La couture est un métier qui peut permettre à de nombreux jeunes d’acquérir leur autonomie et de créer leur propre activité. En partageant nos connaissances, nous préparons l’avenir de notre artisanat », explique-t-elle.
Dans l’effervescence quotidienne du marché municipal d’Ouragahio, Houzan Odile poursuit son œuvre, fil après fil et couture après couture. Son parcours rappelle qu’avec du talent, de la persévérance et de la passion, il est possible de bâtir une véritable réussite.
DJACK ZOLA
