Bouaké : Les populations sensibilisées sur l’inclusion sociale des personnes vivant avec des handicaps psychiques et mental
Bouaké : Les populations sensibilisées sur l’inclusion sociale des personnes vivant avec des handicaps psychiques et mental
Le département d’Anthropologie et de Sociologie de l’Université Alassane Ouattara, a coorganisé avec L’Arche international Bouaké, un Panel de haut niveau, vendredi 08 mai, à l’amphithéâtre C du campus 2.
Le thème de ce panel est : « Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes handicapées, afin de stimuler le progrès social ».
Selon le chef du département d’Anthropologie et de Sociologie, le Docteur Brahima Coulibaly, ce panel de haut niveau, qui est à sa 2e édition est une initiative qui cadre avec le système LMD (Licence-Master-Doctorat). Un système qui oblige désormais les universités, à allier théorie et terrain, en associant des partenaires dans l’acquisition des savoirs.
Il a indiqué que ce 2e panel tire ses origines, d’une étude réalisée avec ses étudiants sur la communauté de L’Arche de Bouaké.
« Il y a beaucoup de choses que nous ignorons sur ces personnes. En 2017, mes étudiants et moi avons mené une étude sur la communauté de L’Arche.
Généralement, nous pensons que ce sont des personnes qui ne sont capables de rien ; ce n’est pas vrai ! La communauté de L’Arche les récupère, intègre, forme et les rééduque.
A la communauté de L’Arche, vous verrez qu’il y a des ateliers de veille, des activités que ces personnes mènent et cela valorise leur potentiel.
Quand vous les voyez, vous pensez qu’elles sont inutiles ; non, pas du tout ! Et quand j’ai découvert çà, vraiment, j’étais étonné. C’est ce qui fait que nous renforçons davantage notre collaboration avec cette communauté », a-t-il expliqué.
De la nécessité de s’associer à l’organisation de ce panel, le directeur de L’Arche, Célestin N’Goran Koffi, a souligné qu’elle est liée à un enjeu majeur, celui de sensibiliser, faire passer le message de l’inclusion.
Selon lui, chaque fois l’on parle de société inclusive mais en réalité, l’inclusion n’est pas vécue.
« Il ne s’agit plus simplement de parole mais plutôt de faits. L’inclusion, ce ne sont pas des paroles, ce sont des faits concrets qui démontrent qu’une personne est acceptée telle qu’elle est, on travaille et on fait tout avec la personne. C’est ce que nous voulons au quotidien à L’Arche et partager avec l’appui du département d’Anthropologie et de Sociologie de l’Université Alassane Ouattara », a-t-il précisé.
Célestin Koffi, a fait savoir que L’Arche n’est pas suffisamment accompagnée. Il a donc sollicité plus d’efforts de la part des autorités de la protection sociale, en termes de personnes qualifiées tels que des éducateurs spécialisés, maîtres éducateurs pour mieux encadrer ces personnes souffrant de handicap.
Pour éviter la confusion, le directeur de l’hôpital psychiatrique, le docteur François Djo Bi Djo, a mis en évidence les différentes formes de handicap notamment le handicap moteur, le handicap sensoriel, le handicap psychique et le handicap mental.
Il a précisé que ce panel de sensibilisation porte essentiellement sur le handicap mental et le handicap psychique, d’autant plus que ce sont les personnes portant ces deux handicaps qui sont les plus marginalisées, discriminées dans leur vie quotidienne.
Selon lui, la société dans son ensemble pense que ces personnes ont subi un sort ou cela relève de la sorcellerie, on ne peut pas soigner à l’hôpital, donc elles ne peuvent pas être guéries.
« Ce sont plus ou moins ces regards que la société porte sur ces deux types de handicap. Donc, en tant que structure étatique, c’est d’accompagner toutes les initiatives de sensibilisation de sorte que les gens puissent changer leur manière d’apprécier ces personnes victimes de déficience mentale et psychique », a-t-il précisé.
En tant que médecin-psychiatre, François Djo Bi Djo a fait savoir que le handicapé psychique est une personne née avec des capacités intellectuelles et à un moment de sa vie, développe un problème psychique. Concernant le handicapé mental, c’est une personne qui exprime une légère diminution de capacité intellectuelle. On peut citer l’autisme et les troubles de développement intellectuel.
Il a précisé que peu importe le type de handicap, ces personnes peuvent être prises en charge, en améliorant leurs conditions de vie. Elles peuvent travailler, se marier, faire des activités pour être autonomes et être utiles à la communauté.
Ce panel de haut niveau a mobilisé des panélistes pour développer trois sous-thèmes autour du thème principal. Le premier sous-thème : « Contribution des personnes en situation de handicap mental dans la société pour une inclusion sociale plus effective », a été développé par Sib Gotouré, directeur régional de l’emploi et de la protection sociale de Gbêkè.
Le second sous-thème :« Santé mental, handicap mental et maladie mental : quelle prise en charge en milieu universitaire ? », développé par le docteur François Djo Bi Djo, directeur de l’hôpital psychiatrique de Bouaké ;
Le dernier sous-thème : « Imaginaires socioreligieux du handicap mental et capacités des personnes vivant avec un handicap mental : vers un changement de paradigme », a été expliqué par le docteur Patrice Kouadio N’dri.
Notons que ce panel bénéficie de l’accompagnement de l’Agence française de développement (AFD) et de plusieurs ONG notamment l’ONG Eburnie Dev’Parteners ; Vivre debout ; Spécial Olympics-CI ; Réseau africain pour la promotion de la paix, la culture, l’éducation et santé-Côte d’Ivoire (RAPPCES-CI) …
Eugène Kouadio
