Filière des insectes comestibles: Un secteur en plein essor en Côte d’Ivoire
Filière des insectes comestibles: Un secteur en plein essor en Côte d’Ivoire
Ce samedi 16 août 2025, la Fondation Mutation a formé, à son nouveau siège de Riviera-Attoban, 13 auditeurs sur l’élevage des Annetons, un insecte comestible clé dans cette filière en pleine expansion.
Selon Coach Hassan Hoteit, président de la Fondation Mutation et promoteur de la filière des insectes comestibles en Afrique, cette activité est en pleine professionnalisation et structuration afin de la rendre plus compétitive et lucrative.
« Nous travaillons déjà sur toute la chaîne : la structure de formation, les coopératives, les fermes, la centrale d’achat, afin de créer un dispositif complet autour de cette activité. Pour l’instant, nous avançons seuls, avec nos moyens. L’idée est de poser des bases solides qui permettront de convaincre les décideurs d’instaurer officiellement la filière des insectes comestibles en Côte d’Ivoire », a-t-il précisé, en s’adressant également à des internautes connectés depuis trois pays africains (Bénin, République Démocratique du Congo et Togo).
Désormais, la filière insectes comestibles bénéficie du soutien de plusieurs partenaires, notamment sur le volet formation, afin de garantir traçabilité et sécurité sanitaire.
« Nous voulons garantir qu’après cette expertise, une certification soit délivrée, afin d’assurer une bonne manipulation de cette matière première fragile et sensible. Cette fragilité expose au risque d’épidémies ou de contaminations. Sans éleveurs formés et sans traçabilité, cela pose problème. C’est pourquoi nous avons choisi de remplacer les séminaires par des formations qualifiantes de 3 à 5 jours, pour former des personnes compétentes. Ces personnes seront qualifiées, et la filière des insectes comestibles en Côte d’Ivoire pourra ainsi évoluer », a expliqué Coach Hassan Hoteit.
La Fondation Mutation vise un déploiement territorial avec un projet d’implantation d’une « maison de charançons », une ferme pilote dans chaque ville clé de Côte d’Ivoire et en Afrique. Ces fermes labellisées, a-t-il ajouté, fourniront à terme une matière première saine aux populations.
Après l’installation de fermes certifiées à Abidjan, trois autres sont en cours à Yamoussoukro, Divo et Bingerville. L’ouverture prochaine de fermes dans des villes stratégiques comme Bouaké, Daloa, San Pedro, Korhogo, entre autres, concrétise la création d’un véritable réseau panafricain. Des « maisons de charançons » existent déjà à Kinshasa et Brazzaville, une est en préparation à Abomey-Calavi (Bénin) et une autre bientôt à Conakry.
En termes de perspectives, Coach Hassan Hoteit a salué la bonne évolution de la filière, qui place la Côte d’Ivoire en leader africain dans ce domaine, avec de nombreux partenariats institutionnels en place ou en cours.
« Grâce à notre travail, toute l’Afrique regarde la Côte d’Ivoire pour ses espèces de charançons et ses formations. Je remercie mon équipe, nos soutiens, ainsi que les décideurs qui ont commencé à signer des conventions avec nous, comme l’INP-HB, le lycée sectoriel de Yopougon.
Nous sommes également en discussion avec le ministère de la Jeunesse. D’autres partenaires comme le ministère des Eaux et Forêts comptent aussi sur nous. Vraiment, les perspectives sont excellentes et prometteuses », s’est-il réjoui.
Pour sa part, Kouamé Kouassi Adolphe, éleveur d’Annetons depuis deux ans et basé à Divo, a partagé son expérience avec les participants. Passionné par cette activité, ce formateur a souligné que la production est encourageante.
« Nous produisons actuellement entre 150 et 200 bassines, avec environ 100 charançons par semaine. Notre objectif est d’atteindre 1 000 bassines et produire 400 kilos d’Annetons par semaine.
Nous sommes aussi formateurs et parfois les consommateurs ne trouvent pas d’Annetons à manger, car nous donnons priorité aux apprenants. Nous transformons les Annetons en charançons pour assurer les formations des apprenants », a-t-il révélé.
Bien qu’il existe une forte demande des consommateurs ivoiriens et internationaux, Kouamé Kouassi Adolphe a indiqué que la priorité est accordée aux apprenants.
« Le marché principal est constitué des apprenants qui, après la formation, ont besoin de charançons. Ensuite, il y a les consommateurs qui souhaitent acheter des Annetons, mais la production est encore limitée. Nous recevons même des demandes de France, du Canada, de Suisse, mais il faut trouver une méthode pour exporter », a-t-il expliqué, avant d’évoquer une initiative réussie pour l’export :
« Une de mes patronnes a réussi à expédier des Annetons déshydratés aux États-Unis à un prix élevé de 30 000 francs le kilo. Cela montre que des débouchés existent réellement. L’élevage d’Annetons est comparable à celui de poulets, poissons ou porcs. »
Au terme de la formation, chacun des participants a reçu une bassine contenant cinq couples de charançons pour démarrer son activité à domicile.
Patrick KROU
