Parité et leadership féminin : La Côte d’Ivoire plaide pour des réformes accélérées au sein de la CEDEAO
Parité et leadership féminin : La Côte d’Ivoire plaide pour des réformes accélérées au sein de la CEDEAO
L’égalité des chances entre les femmes et les hommes dans les sphères de décision demeure un défi majeur en Afrique de l’Ouest. C’est autour de cet enjeu stratégique que s’est tenue, du 19 au 20 février 2026 à Accra, une consultation régionale de haut niveau consacrée à la participation politique et au leadership des femmes et des jeunes.
Organisée sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la rencontre a rassemblé des représentants des États membres, des responsables institutionnels et des experts du genre pour réfléchir aux mécanismes susceptibles d’accélérer les réformes législatives et institutionnelles en faveur de la parité.
La Côte d’Ivoire a activement pris part aux travaux à travers sa ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, qui conduisait la délégation ivoirienne.
Au cours des échanges, Fatou Sow Sarr, Commissaire de la CEDEAO pour le développement humain et les affaires sociales, a présenté les conclusions d’une étude réalisée en 2024 par le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG). Les résultats indiquent que le leadership et la prise de décision constituent les domaines où les inégalités de genre restent les plus marquées dans la région, avec un indice moyen de 0,207.
Aucun pays de l’espace communautaire n’atteint encore un niveau de parité satisfaisant. La valeur la plus élevée observée, estimée à 0,4, révèle une sous-représentation persistante des femmes dans les postes stratégiques, limitant leur pleine participation à la vie politique et économique.
La Vice-présidente de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, a pour sa part exhorté les États membres à conjuguer leurs efforts afin de transformer les engagements en actions concrètes, et de faire de l’égalité des chances une réalité tangible dans toute la sous-région.
Prenant la parole, la ministre Nassénéba Touré a présenté les progrès enregistrés par la Côte d’Ivoire en matière de promotion du genre et d’inclusion des jeunes dans les processus politiques. Elle a notamment rappelé que le président de la République, Alassane Ouattara, a été le premier chef d’État francophone du continent à être reconnu « HeForShe » par les Nations unies, traduisant un engagement politique affirmé en faveur des droits des femmes.
Cette volonté se matérialise, selon elle, par une présence accrue des femmes à des postes de responsabilité, avec deux grandes institutions nationales actuellement dirigées par des femmes, illustrant une évolution significative de la représentativité féminine au sommet de l’État.
Pour la ministre ivoirienne, l’enjeu consiste désormais à consolider ces acquis et à les inscrire dans une dynamique régionale ambitieuse, afin d’accélérer la marche vers la parité dans l’ensemble de l’espace CEDEAO.
Une plateforme régionale en perspective
Mme Touré a également souligné la contribution de la Côte d’Ivoire au projet « Ecowas Legacy » sur la parité, qui vise à structurer des actions durables à l’horizon 2035. Dans cette optique, elle a annoncé la prochaine mise en place d’une plateforme des femmes ministres de la CEDEAO, appelée à servir de cadre de concertation et d’outil stratégique pour renforcer la représentativité féminine dans les instances décisionnelles régionales.
À l’issue des deux jours de travaux, les participants ont formulé des recommandations concrètes destinées à garantir un accès plus équitable des femmes et des jeunes aux postes électifs et aux fonctions de décision.
À travers cette dynamique collective, la CEDEAO et ses États membres, dont la Côte d’Ivoire, réaffirment leur ambition commune de bâtir une Afrique de l’Ouest plus inclusive, où femmes et jeunes contribuent pleinement à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques.
WK
