Ouragahio : La Fondation Drebhly, le "cœur apaisé" qui réveille l'âme Bété
Ouragahio : La Fondation Drebhly, le "cœur apaisé" qui réveille l'âme Bété
Dans le calme de la commune d'Ouragahio, entre éclats de rire d’enfants et échos des rythmes traditionnels Bété, la Fondation Drebhly s'impose désormais comme un acteur incontournable de la promotion culturelle.
Son président, le Professeur Mathieu Tchetche, sociologue et anthropologue, nous a reçus pour dévoiler les ambitions de cette institution qui bat au rythme des traditions.
Professeur Tchetche, pouvez-vous présenter la fondation et sa mission ?
Pr. Mathieu Tchetche : Bonjour et merci pour votre intérêt. La Fondation Drebhly, créée en juin 2019, porte un nom qui signifie « cœur apaisé ». Elle incarne notre engagement pour la préservation et la valorisation des identités locales.
Notre mission est de promouvoir les arts et la culture Bété, tout en exportant cette dynamique à l’échelle nationale.
Depuis Ouragahio, nous créons des espaces de rencontres pour renforcer la fierté locale et transmettre nos savoirs aux générations futures.
Quelles actions phares avez-vous menées depuis 2019 ?
Nous privilégions une approche scientifique : il ne s'agit pas de faire du simple folklore, mais de documenter et d'analyser notre culture pour la préserver durablement.
Dès nos débuts, nous avons organisé un atelier d’appropriation avec les gardiens de la tradition (chefs de village, chefs de terre, leaders de femmes).
Cela nous a permis d'identifier des thématiques sociales fortes pour lancer des conférences de terrain, notamment sur les relations intergénérationnelles, le veuvage et les rites funéraires, appelés localement « Kuizi ».
Quels sont vos projets actuels sur le terrain ?
Nous menons actuellement une tournée auprès des chefferies traditionnelles pour qu’elles s’approprient la fondation comme un outil d’accompagnement.
Parallèlement, nous misons sur la jeunesse. Nous préparons l'ouverture d'une école d’apprentissage culturel pour laquelle nous avons déjà acquis des instruments traditionnels.
Lors du dernier arbre de Noël, nous avons identifié « Les Pépites de la Fondation Drebhly » : une centaine d’enfants qui bénéficieront d’un encadrement spécifique pour devenir les futurs ambassadeurs des valeurs Bété.
Quelles sont les difficultés rencontrées et quel est votre appel aux autorités ?
Aucune œuvre humaine n'est exempte de difficultés, mais notre détermination reste intacte. Nous lançons aujourd'hui un appel à tous les amoureux de la culture. Le tourisme culturel doit émerger à Ouragahio.
Nous invitons les autorités municipales, administratives et parlementaires à nous soutenir, que ce soit financièrement ou par leur présence institutionnelle.
La région a toujours été un pôle culturel bouillonnant ; il est temps que cette énergie soit structurée et reconnue.
Le mot de la fin ?
La Fondation Drebhly incarne l’espoir d’une culture vivante où traditions et modernité se rencontrent. Comme j'aime le rappeler : « La culture n’est pas un luxe, c’est un héritage à transmettre et à faire rayonner. » C’est une invitation au voyage au cœur du patrimoine Bété.
Réalisé par DJACK ZOLA
