Ono-salci écrit une nouvelle page : La diaspora pose la première pierre de son retour au pays
Ono-salci écrit une nouvelle page : La diaspora pose la première pierre de son retour au pays
Le village d'Ono-Salci a vécu, samedi 12 septembre 2026, un moment historique. Dans la sous-préfecture de Bongô, la cérémonie officielle de lancement des travaux de lotissement, d'aménagement et d'extension du projet
« Ma Maison d'Abidjan » a marqué le début d'une transformation attendue depuis des années.
Placée sous la présidence de Boni Michel Kouakou Koffi, Sous-préfet de Bongô, la rencontre a réuni autorités administratives, responsables communautaires, populations locales, promoteurs, acquéreurs et membres de la diaspora, tous unis autour d'une même ambition : donner corps à un rêve porté depuis plusieurs années.
Un projet pensé pour le retour au pays
Au cœur de cette dynamique, l'initiative « Ma Maison d'Abidjan » veut offrir aux Ivoiriens de la diaspora et à d'autres ressortissants africains la possibilité concrète d'investir, de construire et de préparer leur retour. Porté par Justin Godo-Solo, initiateur du projet, ce chantier s'appuie sur SYCOMA, mutuelle rassemblant déjà 120 adhérents venus des États-Unis, de France, d'Europe, du Canada, de Guadeloupe, du Cameroun et d'autres pays africains.
L'objectif immédiat : 120 maisons individuelles sur des parcelles d'environ 500 m², accompagnées de voirie, d'électrification et des aménagements nécessaires à la viabilisation du site. Les trois prochains mois seront consacrés au terrassement, avant l'édification des premières maisons témoins. Une deuxième tranche est déjà annoncée pour élargir la dynamique à de nouveaux souscripteurs.
Sous sa signature « Votre Maison, Votre Avenir, Notre Engagement », le projet ne se limite pas à la construction : il ambitionne de devenir une véritable plateforme d'investissement flexible, où chacun bâtit selon ses moyens et ses besoins, loin de tout modèle standardisé.
Une passerelle entre la diaspora et la terre natale
Pour Justin Godo-Solo, l'enjeu dépasse le foncier : il s'agit de réconcilier ceux qui vivent loin avec leur terre d'origine. Corine Séri, membre de SYCOMA venue de Paris, y voit un potentiel encore plus large, avec le développement possible de l'hôtellerie, des services et d'autres activités créatrices d'emplois.
Michèle Kokora, vice-présidente de SYCOMA, salue le courage des premiers adhérents qui ont cru au projet dans les moments les plus incertains. Son message aux Ivoiriens de l'extérieur est sans détour : le pays se transforme, et le moment est venu d'y prendre part.
Les populations locales, actrices de leur propre renaissance
Du côté des habitants, l'espoir est tout aussi vif, mais assorti d'une vigilance légitime. Abou Bamba, président des jeunes d'Ono-Salci, insiste pour que les populations installées de longue date, notamment les agriculteurs, puissent accéder à des terrains à des prix accessibles. Ouédraogo Moustapha, deuxième vice-président du foncier rural à la SALCI, reconnaît que le projet a connu des tensions, aujourd'hui apaisées grâce à un travail de sensibilisation continu. Son mot d'ordre : « Ono renaîtra de ses cendres ».
Yaméogo Henri, chef intérimaire d'Ono-Salci, y voit un tournant décisif pour un village longtemps resté enclavé, malgré plusieurs tentatives de lotissement restées sans suite. Il salue l'engagement de proximité du Sous-préfet, déterminant dans le déblocage du dossier.
Un village porteur d'histoire
Ono-Salci ne se contente pas de construire des maisons : la localité veut aussi renouer avec son rayonnement passé, marqué notamment par le séjour historique de Félix Houphouët-Boigny dans les années 1960. Le projet actuel pourrait ainsi redonner au village une nouvelle dynamique, portée par de nouvelles infrastructures et l'arrivée de nouveaux habitants.
La cérémonie a également été traversée par un moment d'émotion intense : l'intervention d'Assi Brou Agnès, sœur du défunt chef Kassi Séka Laurent, venue exprimer, malgré la douleur de cette absence, son soutien à l'initiative et sa gratitude envers une population pleinement mobilisée.
Le rendez-vous est pris
Entre le rêve de la diaspora, les attentes des populations locales et la détermination des promoteurs, Ono-Salci semble avoir retrouvé une raison d'espérer. Reste à présent l'étape la plus déterminante : transformer cette promesse en réalisations tangibles.
« Tous à Ono » : le mot d'ordre est lancé pour une nouvelle page de l'histoire du village.
David KOUAMÉ
