Migration irrégulière : Le CNLTP sensibilise les populations de San Pedro et Tabou aux dangers
Migration irrégulière : Le CNLTP sensibilise les populations de San Pedro et Tabou aux dangers
Dans le cadre de la lutte contre la migration irrégulière et la traite des personnes, le Comité national de lutte contre la traite des personnes (CNLTP) a initié, du 13 au 18 mars 2026, une campagne de sensibilisation dans les départements de San Pedro et Tabou, situés dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire.
Cette initiative vise à informer et prévenir les populations face aux risques liés aux migrations clandestines.
Mise en œuvre par la Cellule régionale de lutte contre la traite des personnes (CRLTP) de San Pedro, sous l’autorité du préfet de région, cette campagne bénéficie de l’appui de la Direction régionale de la cohésion nationale, de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté.
Elle est également soutenue par Organisation internationale pour les migrations en Côte d’Ivoire et l’ONG LEISAD, engagée dans la lutte contre le trafic illicite de migrants.
Le choix de San Pedro et Tabou n’est pas fortuit. Ces deux localités, situées sur le littoral atlantique, occupent une position stratégique dans les flux migratoires.
San Pedro, pôle portuaire et économique majeur, constitue un point névralgique pour les échanges commerciaux, tandis que Tabou, frontalière avec le Libéria, est un corridor de passage terrestre et maritime, parfois utilisé de manière irrégulière.
La première journée de la mission a été consacrée aux civilités auprès des autorités administratives et sécuritaires, suivies de séances de travail avec les acteurs locaux et les mobilisateurs communautaires.
Des focus groups ont permis de recueillir les perceptions des populations et de renforcer leur implication dans les activités de sensibilisation.
Le samedi 14 mars, la campagne s’est poursuivie dans le village de Baba, où plus d’une centaine de participants, majoritairement des jeunes, ont pris part à une projection de film suivie d’échanges interactifs.
Le film « Migrants retour d’enfer » et les témoignages, notamment celui de Hervé N’dri Kouakou, président de l’ONG LEISAD, ont mis en lumière les réalités souvent dramatiques de la migration irrégulière.
Prenant la parole, N’Guessan Jean-Rolland, représentant du CNLTP, a rappelé que la migration est un phénomène naturel, mais qu’elle doit se faire dans un cadre légal et sécurisé. « L’homme, dans sa nature, a envie de bouger. Mais s’il faut partir, c’est de partir de manière régulière », a-t-il insisté.
De son côté, Adaé Barbara, responsable chargée de la protection à l’OIM, a souligné que la migration peut être bénéfique si elle est bien préparée.
Elle a toutefois mis en garde contre les réseaux illégaux qui exploitent le manque d’information des candidats au départ.
Elle a, à cet effet, encouragé les populations à se référer aux canaux officiels, notamment les ambassades et la plateforme d’information « Wakawell », mise en place par l’OIM.
Les intervenants ont également alerté sur les dangers des routes migratoires irrégulières, notamment celles traversant le désert et la mer Méditerranée.
Chaque année, de nombreux migrants perdent la vie dans des conditions tragiques, à bord d’embarcations de fortune ou lors de longues traversées en zones hostiles.
À travers cette campagne, le CNLTP et ses partenaires entendent renforcer la sensibilisation des populations, promouvoir une migration sûre et responsable, et réduire les risques liés à la traite des personnes.
Une démarche essentielle pour protéger les candidats à l’émigration et préserver des vies humaines.
Zié K
