Cacao : Les pays producteurs de l'ICCO annoncent un conclave
Cacao : Les pays producteurs de l'ICCO annoncent un conclave
En marge des assises statutaires (113ᵉ session ordinaire du Conseil et des organes subsidiaires) de l'Organisation internationale du cacao (ICCO), qui se sont tenues du 9 au 13 mars 2026 à Abidjan (Côte d'Ivoire), les pays producteurs ont manifesté des inquiétudes.
En effet, au cours des travaux de l'organisation, le secrétariat de l'ICCO a présenté une communication sur la situation du marché mondial du cacao.
Face à cette situation préoccupante concernant les prix, les pays producteurs ont exprimé leur inquiétude eu égard à la volatilité des prix sur le marché et à l'impact néfaste sur les revenus des petits producteurs d'Afrique, d'Asie et des Amériques.
Sous le leadership de l'ambassadeur Aly Touré (Côte d'Ivoire), porte-parole des pays producteurs au sein de l'ICCO, le Collège des producteurs de l'ICCO (23 pays) a convenu d'une rencontre de haut niveau les 8 et 9 avril 2026, en vue d'un échange approfondi sur la situation du marché et son impact sur les producteurs.
C'est l'occasion d'indiquer qu'outre la problématique du revenu vital pour les producteurs et la répartition équitable de la valeur
— sur 100 milliards de dollars générés par le marché mondial du cacao, moins de 10 % reviennent aux pays producteurs
—, l'amélioration des conditions commerciales et l'accès au marché constituent également des enjeux majeurs.
À cela s'ajoutent les initiatives relatives au clonage du cacao, la fabrication du chocolat en laboratoire et, surtout, face à la pression des prix et aux enjeux écologiques, le recours croissant de l'industrie chocolatière à des substituts.
S'il est reconnu que beaucoup de travail a été accompli pour relever ces défis, avec plus ou moins de succès, il reste encore beaucoup à faire pour garantir une économie mondiale du cacao durable, qui profite à toutes les parties prenantes du secteur, et en particulier aux petits producteurs.
Nous sommes tous d'accord pour dire que les producteurs de cacao travaillent très dur pour produire le cacao, historiquement appelé « la nourriture des dieux ».
Malheureusement, beaucoup d'entre eux vivent encore en dessous du seuil de pauvreté. Nous devons redoubler d'efforts pour changer cette situation.
Pendant trop longtemps, les parties prenantes se sont concentrées davantage sur la durabilité sociale et environnementale de la production de cacao, négligeant le pilier primordial de la durabilité, à savoir l'atteinte de la durabilité économique par des prix justes et rémunérateurs. Nous reconnaissons et apprécions les efforts accomplis en ce sens, mais il faut faire plus, et plus vite.
Les producteurs de cacao doivent obtenir des prix justes pour leur cacao. Ils doivent être payés à un prix qui leur assure un revenu décent, leur permettant de mener une vie digne. Nous savons que cela est possible. Nous savons que cela est à notre portée.
À l'occasion de la 5ᵉ Conférence mondiale sur le cacao, qui s'est tenue à Bruxelles le 22 avril 2024, Sa Majesté la reine Mathilde déclarait : « Je n'oublie pas les messages qui m'ont été donnés en Côte d'Ivoire par les acteurs de la filière.
La durabilité de la cacaoculture signifie un travail et une rémunération décents pour les producteurs, des enfants qui puissent aller à l'école et des forêts qui sont préservées. »
Après la crise mondiale du cacao en 2017, nous voici de nouveau face à une crise qui nécessite que les pays producteurs fassent preuve de solidarité et définissent des stratégies à court, moyen et long terme, selon l'ambassadeur Aly Touré.
A.D
