Journée Internationale des Veuves 2025: Un plaidoyer fort pour la reconnaissance des droits des veuves en Côte d’Ivoire
Journée Internationale des Veuves 2025: Un plaidoyer fort pour la reconnaissance des droits des veuves en Côte d’Ivoire
Ordinairement célébrée chaque 23 juin depuis son instauration en 2010 par l’Organisation des Nations Unies (ONU), la 10e Journée Internationale des Veuves a été commémorée cette année en Côte d’Ivoire grâce à l’ONG Femmes Veuves d’Afrique.
Malgré la pluie battante de ce vendredi 4 juillet 2025, des veuves venues des quatre coins du pays ont convergé vers la mairie d’Abobo, déterminées à faire entendre leur voix.
Dans une ambiance marquée par l’émotion et les larmes, Nathan Nkechi Umechuruba, présidente de l’ONG Femmes Veuves d’Afrique, a formulé un plaidoyer fort adressé aux autorités ivoiriennes. Elle a émis deux requêtes majeures : la reconnaissance officielle de la Journée Internationale des Veuves en Côte d’Ivoire et la création d’un centre d’accueil pour les veuves en détresse.
« Certaines femmes sont chassées après la mort de leur mari, d’autres dorment au marché. Moi-même, je suis veuve depuis 26 ans. Je connais cette douleur. Ma mère aussi était veuve. Ce centre est une nécessité urgente », a-t-elle affirmé.
La présidente a rappelé la mission de son organisation : « Briser le silence, lever les obstacles, favoriser l’autonomisation. Trop souvent invisibles, les veuves portent seules le poids de familles entières, éduquent les enfants, préservent les valeurs et luttent pour survivre. »
Présent à la cérémonie, Touré Yssouph, agent de direction à la Promotion de la famille (MEFFE), a réaffirmé le soutien institutionnel du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant.
« Madame la Ministre souhaite vous rappeler que vous n’êtes pas seules. La société a le devoir de vous accompagner, de vous soutenir et de reconnaître votre rôle essentiel. Il est impératif que vos droits soient protégés et vos besoins entendus », a-t-il déclaré.
Selon lui, la ministre Nassénéba Touré appelle à une meilleure reconnaissance sociale des veuves, « qui, malgré les épreuves de la vie, avancent avec courage et dignité ».
« Offrir aux veuves les moyens de subvenir à leurs besoins, c’est aussi lutter contre la stigmatisation, l’exclusion et les pratiques discriminatoires. Chaque femme ici présente a une histoire unique, et chacune mérite d’être célébrée », a-t-il ajouté.
Dr Aka Aimé Sandrine, représentant la Directrice Générale de la Couverture Maladie Universelle (CMU), a présenté les mesures de soutien en faveur des populations vulnérables. Elle a mentionné notamment : l’enrôlement gratuit ou facilité à la CMU, la prise en charge à 70 % des soins et médicaments et l’accès exceptionnel aux soins même sans carte ni cotisation à jour, initiative saluée par Edith Clarisse Kouassi, DG de la CMU.
Maître Francine Aka-Anghui, avocate et ancienne présidente de l’Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI), a lancé un message fort aux hommes : « Si vous aimez votre compagne, épousez-la légalement. Ce n’est pas une question de grande fête, mais de protection juridique. »
Au cours de cette cérémonie, l’ONG Femmes Veuves d’Afrique a présenté neuf (9) veuves qu’elle a formées et autonomisées grâce à un appui financier destiné à renforcer leurs fonds de commerce.
Patrick KROU
