Le CNDH face aux députés / Un rapport 2024 entre avancées et défis persistants : Une Assemblée nationale attentive aux droits humains

Le CNDH face aux députés /Un rapport 2024 entre avancées et défis persistants : Une Assemblée nationale attentive aux droits humains

05/12/2025 - 10:11
Le CNDH face aux députés  / Un rapport 2024 entre avancées et défis persistants : Une Assemblée nationale attentive aux droits humains
Le CNDH face aux députés : Un rapport 2024 entre avancées et défis persistants : Une Assemblée nationale attentive aux droits humains

Sous le regard attentif du président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo, les députés ont consacré, ce jeudi 4 décembre 2025, une séance d’information parlementaire à l’examen du rapport annuel 2024 du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).

Un exercice républicain devenu incontournable, inscrit dans l’article 3 de la loi portant création de l’institution, et qui permet au Parlement d’évaluer l’état réel du respect des droits humains dans le pays.

Face aux élus, la présidente du CNDH, Namizata Sangaré, a livré un bilan qu’elle qualifie elle-même de « globalement encourageant », tout en reconnaissant « des défis qui nous interpellent encore ».

Des acquis salués par les parlementaires

Le rapport 2024 met d’abord en lumière plusieurs progrès notables. Le CNDH salue notamment les efforts du gouvernement pour améliorer les conditions de détention et moderniser les infrastructures pénitentiaires, un point longtemps critiqué par les organisations de défense des droits humains.

« Nous observons une volonté réelle d’humaniser le système pénitentiaire », a déclaré Mme Sangaré devant les parlementaires. L’institution relève également une meilleure inclusion professionnelle des femmes et des personnes vivant avec un handicap, signe d’une évolution positive dans les politiques publiques.

Un mécanisme de protection très sollicité

L’un des indicateurs les plus commentés reste le nombre de plaintes enregistrées : 3 163 dossiers ouverts en 2024, avec un taux de traitement de 97,31 %. Des chiffres qui illustrent, selon la présidente du CNDH, « la confiance croissante des citoyens envers l’institution ».

Pour plusieurs députés, ce volume montre aussi l’ampleur du travail restant à accomplir. « La population s’exprime davantage, mais il revient à l’État de répondre plus vite et plus fort », a insisté un élu du Centre.

Des défis qui persistent malgré les avancées

Si les progrès sont visibles, des faiblesses subsistent. Le rapport pointe notamment la digitalisation inachevée de l’état civil, les détentions prolongées dans certaines maisons d’arrêt, le déficit de ressources pour la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre et les inégalités d’accès aux services sociaux dans les zones rurales.

« Ces défis ne doivent pas devenir des fatalités », a averti Mme Sangaré.

Un cap fixé pour les années à venir

Pour l’avenir, le CNDH ambitionne de renforcer le cadre législatif et de construire un Centre international des droits de l’Homme et de la démocratie, destiné à faire de la Côte d’Ivoire un pôle d’expertise régional.

La séance s’est conclue dans un climat d’optimisme. Les députés ont unanimement salué le travail du CNDH et appelé à une collaboration renforcée afin de garantir à chaque citoyen une protection accrue de ses droits fondamentaux.

« Ensemble, nous devons faire avancer la cause des droits humains », a résumé un parlementaire.

Une promesse qui engage.

 F A A