Grand Ouragahio : L’interdiction de fumer dans les lieux publics largement bafouée

Grand Ouragahio : L’interdiction de fumer dans les lieux publics largement bafouée

09/12/2025 - 12:20
Grand Ouragahio : L’interdiction de fumer dans les lieux publics largement bafouée
Grand Ouragahio : L’interdiction de fumer dans les lieux publics largement bafouée

À Grand Ouragahio, la loi interdisant de fumer dans les lieux publics peine à s’imposer dans les comportements. Malgré l’installation de panneaux d’interdiction et les rappels réguliers des autorités, il suffit de faire un tour dans les marchés, les gares routières, les maquis, les restaurants ou aux abords des écoles pour constater que nombreux sont ceux qui continuent d’allumer leur cigarette en toute impunité.

Une situation qui inquiète de plus en plus les habitants, contraints de respirer une fumée qu’ils n’ont pas choisie. « Chaque jour, je suis obligé de respirer la fumée de cigarette que je n’ai pas choisie, déplore Zaro Okou Nicodeme, un non-fumeur du quartier Gbetro. On dirait que la loi n’existe que sur le papier. Les enfants sont les premiers exposés. »

Les dangers liés au tabagisme actif et passif sont pourtant bien connus. La fumée de cigarette contient plus de 7 000 substances chimiques, dont plusieurs dizaines sont reconnues comme cancérigènes. Le tabagisme passif provoque des maladies respiratoires, des crises d’asthme chez les plus jeunes, des pathologies cardiovasculaires, et augmente le risque de cancer chez les non-fumeurs.

« Même quelques minutes à proximité d’un fumeur peuvent suffire à exposer les non-fumeurs aux toxines de la cigarette », explique un médecin local.

Malgré ces avertissements, certains fumeurs assument ouvertement leur refus de se conformer à la loi. « Moi, je fume où je veux. Je suis libre. Tant que je suis dehors, je ne vois pas pourquoi on doit m’interdire d’allumer ma cigarette. Chacun est libre de faire ce qu’il veut », tranche M. Adou Serge, rencontré à la gare routière, cigarette à la main.

Une position qui témoigne du fossé entre le cadre légal et les comportements quotidiens.

Face à cette situation, les autorités locales disent avoir pleinement conscience du problème. Le commissaire de police de Ouragahio, Aka Dadie Brahima, se veut rassurant :

« Nous faisons régulièrement des patrouilles et des rappels à l’ordre, mais beaucoup de citoyens minimisent encore l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Nous allons renforcer les contrôles et appliquer la loi chaque fois que nécessaire. La protection des populations reste notre mission première. »

Pour de nombreux habitants, ces engagements doivent désormais se traduire par des actions concrètes. Associations de jeunes, organisations communautaires et leaders locaux appellent à une intensification des campagnes de sensibilisation, ainsi qu’à l’application stricte des sanctions prévues par la loi.

Au-delà du non-respect de la loi, la situation pose une question fondamentale : celle du vivre-ensemble. La cigarette, souvent perçue comme un choix personnel, a pourtant un impact direct sur la santé de tous.

À Grand Ouragahio, l’urgence est désormais de trouver un équilibre entre liberté individuelle et responsabilité sociale. Pour protéger les habitants – en particulier les enfants et les non-fumeurs – autorités et citoyens devront conjuguer efforts, fermeté et pédagogie.

Le véritable défi commence maintenant : changer les habitudes pour garantir un environnement plus sain et plus respectueux à l’ensemble de la communauté.

 

DJACK ZOLA