Ouragahio : Le cri du cœur d’un producteur de cacao face à l’indifférence des autorités
Ouragahio : Le cri du cœur d’un producteur de cacao face à l’indifférence des autorités
Entre routes impraticables, paiements tardifs et manque de soutien, le cultivateur Okou Zaro Nicodème appelle à l’aide pour sauver sa production et celle de nombreux paysans oubliés.
Situé à environ sept kilomètres du village de Krogbopa, dans la commune de Ouragahio, M. Okou Zaro Nicodème, producteur agricole, ne cache plus son désarroi.
Sur un domaine de 15 hectares de cacao et 3 hectares de riz local cultivés en zone de bas-fond, cet homme à la carrure imposante incarne la persévérance paysanne ivoirienne.
Mais son combat est devenu une épreuve.
« Pendant la saison des pluies, on ne peut même pas faire sortir une brouette de cacao. Les camions refusent de venir jusqu’ici », déplore-t-il.
L’absence de piste praticable empêche toute évacuation rapide de la récolte vers Krogbopa, principal point de collecte. Résultat : des sacs de fèves s’abîment sur place, et le travail de plusieurs mois se perd.
À ces difficultés logistiques s’ajoutent des lenteurs financières qui fragilisent encore davantage le producteur.
« Après la vente, il faut parfois attendre plusieurs semaines avant de toucher son argent. Pendant ce temps, nos familles manquent de tout », confie M. Okou, le regard fatigué mais déterminé.
Ce retard de paiement, souvent lié aux lenteurs administratives de la filière, compromet l’entretien de ses plantations et freine la poursuite de ses activités agricoles.
Un appel à l’État pour sauver les producteurs
Face à ces difficultés récurrentes, M. Okou Zaro Nicodème interpelle directement les autorités.
Il demande au Gouvernement ivoirien, au Ministère de l’Agriculture et au Conseil national du Café-Cacao de :
Réhabiliter la piste reliant son champ à Krogbopa ;
Garantir des paiements rapides et sécurisés ;
Apporter un appui technique et logistique pour développer la production locale de riz.
Apporter un appui technique et logistique pour développer la production locale de riz.
Le cas d’Okou Zaro n’est pas isolé. Il symbolise les nombreux défis du monde paysan ivoirien : enclavement, désorganisation de la filière, manque de suivi.
« Nous ne demandons pas la charité, mais juste des conditions pour travailler dignement », insiste le producteur.
Son cri du cœur résonne comme un appel à la conscience nationale : investir dans les infrastructures rurales et soutenir les producteurs, c’est investir dans l’avenir agricole de la Côte d’Ivoire.
DJACK ZOLA
