Filière cacao/sur les stocks bloqués : Les producteurs tirent sur la sonnette d'alarme et demandent l'intervention du Président Alassane Ouattara
Filière cacao/sur les stocks bloqués : Les producteurs tirent sur la sonnette d'alarme et demandent l'intervention du Président Alassane Ouattara
L’Association des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (ASPCA-CC) tire la sonnette d’alarme.
Lors d’une conférence de presse animée ce mercredi à la Maison de la presse d’Abidjan au Plateau, l’organisation a interpellé les autorités sur les importantes quantités de cacao encore stockées dans les magasins des coopératives.
Face aux médias, le président de l’association, Karim Sermé, a appelé à une intervention urgente des autorités afin de faciliter l’enlèvement des stocks et éviter une crise dans les zones de production.
Entre 40 000 et 45 000 tonnes de cacao encore stockées
Selon les estimations de l’association, entre 40 000 et 45 000 tonnes de cacao restent encore stockées dans les magasins des coopératives réparties dans plusieurs délégations de la filière.
Une situation qui exerce une pression financière importante sur les producteurs dont les revenus dépendent essentiellement de la commercialisation du cacao.
« Nous disons merci au Président de la République pour les efforts déjà consentis, mais il reste encore des stocks importants dans les magasins des coopératives.
Nous demandons que ces produits soient enlevés afin que les producteurs puissent continuer à vivre de leur travail », a déclaré Karim Sermé.
Des efforts de l’État salués par les producteurs
Le président de l’ASPCA-CC a toutefois tenu à saluer les actions entreprises par l’État pour soutenir la filière, notamment la fixation d’un prix bord champ favorable lors de la grande campagne cacaoyère.
Mais malgré ces mesures, les volumes encore stockés continuent de susciter l’inquiétude des producteurs et des coopératives.
« Il reste encore entre 40 000 et 45 000 tonnes de cacao dans les magasins des coopératives. Nous demandons humblement au Président de la République de nous aider à écouler ces stocks afin de préserver la paix sociale dans les zones de production », a insisté Karim Sermé.
Un système de préfinancement fragilisé
Prenant la parole à son tour, le vice-président de l’association, Benjamin Kouamé, a expliqué que la commercialisation du cacao repose sur un système de préfinancement assuré par les coopératives et les organisations de producteurs.
Ce mécanisme permet de financer l’achat du cacao avant même sa commercialisation effective.
Cependant, une grande partie du cacao actuellement stocké a été financée sur la base du prix bord champ de 2 800 FCFA le kilogramme, fixé pour la grande campagne 2025-2026.
Or, l’ouverture de la petite campagne avec un prix de 1 200 FCFA le kilogramme pourrait entraîner d’importantes pertes pour les coopératives si les stocks existants ne sont pas écoulés rapidement.
« Le cacao qui se trouve aujourd’hui dans les magasins des coopératives a été financé sur la base du prix de 2 800 FCFA. Si ce stock doit être écoulé à 1 200 FCFA, les pertes pour les coopératives seront considérables », a averti Benjamin Kouamé.
Des tensions sociales redoutées dans les zones rurales
Selon les responsables de l’association, cette situation pourrait fragiliser l’ensemble de l’écosystème des coopératives impliquées dans la production, la collecte et la commercialisation du cacao.
Ils mettent également en garde contre les tensions sociales qui commencent à apparaître dans certaines zones rurales.
De nombreux producteurs attendent encore les paiements liés à leur cacao livré depuis plusieurs mois, alors qu’ils doivent faire face aux charges liées à la production et aux salaires des travailleurs agricoles.
Un appel à une solution rapide
Tout en réaffirmant leur reconnaissance aux autorités pour les efforts déjà engagés en faveur de la filière, les responsables de l’ASPCA-CC appellent à une solution rapide pour permettre l’enlèvement des stocks encore disponibles dans les coopératives.
L’objectif, selon eux, est d’éviter une crise plus profonde dans la filière café-cacao, pilier majeur de l’économie ivoirienne et source de revenus pour des millions de producteurs.
D.K
