Crise à l’UNJCI : L’Intersyndicale des médias brise le silence et propose un comité ad ‘hoc électoral

Crise à l’UNJCI : L’Intersyndicale des médias brise le silence et propose un comité ad ‘hoc électoral

12/03/2026 - 05:14
Crise à l’UNJCI : L’Intersyndicale des médias brise le silence et propose un comité ad ‘hoc électoral
Crise à l’UNJCI : L’Intersyndicale des médias brise le silence et propose un comité ad ‘hoc électoral

La crise qui secoue l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) continue de susciter de vives préoccupations dans le monde des médias. Face à la situation de blocage et aux tensions observées ces dernières semaines, l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire (ISMCI) est sortie de sa réserve ce mercredi 11 mars 2026 pour appeler à l’apaisement et proposer une voie de sortie de crise.

Une crise née du report du congrès de l’UNJCI

Au cœur des tensions figure le report sine die du 12ᵉ congrès ordinaire de l’UNJCI, initialement prévu les 13 et 14 février 2026 pour renouveler les instances dirigeantes de l’organisation.

Ce rendez-vous majeur de la vie de la faîtière des journalistes ivoiriens n’a finalement pas eu lieu, après que des contestations ont été portées devant la justice par un groupe de journalistes, évoquant des réserves sur l’organisation et la transparence du processus électoral.

Une situation qui a progressivement installé un climat de tension au sein de la grande famille des journalistes ivoiriens, pourtant appelée à incarner la confraternité et la solidarité professionnelle.

L’Intersyndicale appelle au dialogue et à la retenue

Préoccupée par l’évolution de la situation, l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire indique suivre la crise « avec une attention particulière ».

Pour l’organisation syndicale, toute crise affectant l’UNJCI porte atteinte à l’image du journaliste ivoirien, alors même que la profession est confrontée à d’importants défis.

L’ISMCI appelle donc l’ensemble des acteurs impliqués à privilégier l’apaisement, la retenue et la confraternité, afin de préserver l’unité de la profession.

L’Intersyndicale s’est par ailleurs félicitée du retrait de la plainte introduite devant la juridiction correctionnelle, une décision jugée de nature à décrisper le climat et à favoriser une sortie de crise par la concertation.

Violences et poursuites entre journalistes condamnées

Après avoir rencontré les différentes parties concernées, l’ISMCI n’a pas caché son inquiétude face à la tournure des événements.

Elle dénonce notamment :

La situation de blocage dans laquelle se trouve actuellement l’UNJCI

Les poursuites judiciaires engagées entre journalistes

Les violences physiques et verbales enregistrées lors de la dernière assemblée générale extraordinaire tenue à la Maison de la Presse d’Abidjan

Pour l’Intersyndicale, ces dérives sont contraires aux valeurs fondamentales du métier de journaliste.

Un comité électoral ad’hoc proposé pour sortir de la crise

Afin de permettre l’organisation rapide et transparente du congrès, l’ISMCI propose la mise en place d’un comité électoral ad’hoc.

Ce comité aurait pour mission de préparer et d’organiser le 12ᵉ congrès ordinaire de l’UNJCI dans un climat apaisé et consensuel.

Il serait composé de :

2 représentants du Conseil des Sages

2 représentants du Collectif des past-présidents de l’UNJCI

2 représentants du Cénacle des journalistes seniors de Côte d’Ivoire

2 représentants de l’Intersyndicale du secteur des médias

L’ISMCI invite par ailleurs toutes les parties à accepter les décisions issues de ce comité électoral, dans l’intérêt supérieur de la profession.

L’Intersyndicale interpelle aussi l’État sur la crise des médias

Au-delà du conflit interne à l’UNJCI, l’Intersyndicale attire également l’attention sur la situation économique particulièrement difficile que traverse le secteur des médias en Côte d’Ivoire.

La précarité des entreprises de presse et des journalistes constitue, selon elle, une menace pour la vitalité du pluralisme et le bon fonctionnement de la démocratie.

C’est pourquoi l’ISMCI plaide pour la mise en place d’un plan d’accompagnement économique du secteur, incluant notamment l’allocation d’au moins 0,01 % du budget national au soutien et à la revitalisation des médias.

« Se retrouver autour de l’essentiel »

Pour conclure, l’Intersyndicale appelle les journalistes ivoiriens à se retrouver autour de l’essentiel : la défense de leur profession, l’amélioration de leurs conditions de vie et la préservation de la crédibilité de l’UNJCI.

Car, rappelle l’ISMCI, des médias économiquement solides, responsables et unis constituent un pilier essentiel pour la consolidation de la démocratie et de l’État de droit en Côte d’Ivoire.

Crise à l’UNJCI : l’Intersyndicale des médias sort du silence et propose une sortie de crise.

D.K