Décès d’Antoine Bangui Rombaye : « Il laisse une œuvre monumentale », Mbernodji Sostène

Décès d’Antoine Bangui Rombaye : « Il laisse une œuvre monumentale », Mbernodji Sostène

01/02/2026 - 14:12
02/02/2026 - 03:52
Décès d’Antoine  Bangui Rombaye : « Il laisse une œuvre monumentale », Mbernodji Sostène
Décès d’Antoine Antoine Bangui Rombaye : « Il laisse une œuvre monumentale », Mbernodji Sostène

Le monde littéraire tchadien est en deuil. L’écrivain et homme politique Antoine Bangui Rombaye s’est éteint, ce mercredi 28 janvier 2026 à Paris, des suites de maladie, laissant derrière lui une œuvre engagée et profondément marquante. Joint depuis N’Djamena, dans cet entretien, Mbernodji Sostène, président de l’Association des écrivains et auteurs du Tchad, revient sur le parcours de l’illustre disparu, son héritage intellectuel et les hommages envisagés.

Nous avons appris le décès d’Antoine Bangui Rombaye, homme politique et écrivain tchadien. En quoi la figure d’Antoine Bangui Rombaye a-t-elle marqué votre parcours intellectuel et personnel, tant par son œuvre littéraire que par son engagement politique ?

Antoine Bangui Rombaye a marqué de nombreuses générations. Déjà lorsque nous étions au lycée, son roman Les Ombres de Kôh (1983) nous avait profondément marqués. À cette époque, il était une référence intellectuelle majeure.

Par la suite, sous le premier régime, il a été connu comme ministre des Affaires étrangères. Son arrestation et son séjour carcéral ont renforcé l’image d’un homme engagé et courageux. Apprendre sa disparition aujourd’hui nous attriste profondément. Comme il est écrivain, il est immortel.

Selon vous, quel héritage laisse-t-il à la littérature et à la société tchadienne ?

Il laisse une œuvre véritablement monumentale. Sa bibliographie comprend notamment Prisonnier de Tombalbaye, qui fut son premier texte, ainsi que Les Ombres de la nuit. Il a également écrit Tchad : élections sous contrôle (1996), un ouvrage qui retrace notre expérience démocratique balbutiante.

À travers ce livre, il met en lumière le simulacre d’élections qui a marqué notre vie politique depuis la première expérience démocratique de 1997. Ses œuvres ont contribué à nourrir une réflexion critique sur les réalités sociales et politiques africaines, et continuent d’influencer les consciences.

Était-il en exil en France ou s’y trouvait-il pour des raisons de santé ?

Il vivait en exil en France depuis plus de trente ans. Personnellement, je ne l’ai jamais rencontré physiquement.  Je ne l’ai connu à travers ses textes, ses livres et ses idées, qui ont profondément marqué ma réflexion et celle de nombreux Tchadiens.

Quelles actions sont prévues pour lui rendre hommage ?

Au niveau de l’Association des écrivains et auteurs du Tchad, j’ai déjà rendu un hommage vibrant à Antoine Bangui, notamment à travers une intervention publique et un direct sur ma page Facebook.

Nous allons entrer en contact avec la famille afin de savoir si sa dépouille sera rapatriée au Tchad, à Bodo, son village natal. Le cas échéant, nous nous organiserons pour assister aux obsèques, participer aux funérailles et prononcer des oraisons funèbres en son honneur.

Réalisé via WhatsApp par Patrick KROU