Bouaké se positionne en vitrine nationale du livre avec l’avant-première du SILA

Bouaké se positionne en vitrine nationale du livre avec l’avant-première du SILA

22/04/2026 - 19:52
23/04/2026 - 11:56
Bouaké se positionne en vitrine nationale du livre avec l’avant-première du SILA
Bouaké se positionne en vitrine nationale du livre avec l’avant-première du SILA

Longtemps cantonné à Abidjan, le Salon international du livre d’Abidjan (SILA) amorce une nouvelle dynamique en s’ouvrant à l’intérieur du pays. La ville de Bouaké accueille ainsi, pour la première fois, une avant-première de cet événement majeur à travers l’initiative « Bouaké fait son SILA », en prélude à l’édition 2026 placée sous le thème : « Lire pour bâtir : l’importance de l’écriture ».

Lancée le mercredi 22 avril 2026, cette escale transforme la capitale du Gbêkê en un véritable carrefour du savoir et de la création littéraire. Durant plusieurs jours, panels, expositions d’ouvrages, séances de dédicaces, cafés littéraires et conférences animent la vie culturelle locale. Auteurs, éditeurs, enseignants, élèves et passionnés de lecture se retrouvent autour d’un objectif commun : célébrer le livre sous toutes ses formes.

Cette délocalisation partielle du SILA répond à une volonté affirmée des organisateurs de rapprocher le livre des populations de l’intérieur du pays. Le commissaire général, Ange-Félix N’dapri, souligne que cette démarche s’inscrit dans le concept de « villes hôtes », initié pour élargir l’accès aux activités culturelles. « Pendant plus de deux décennies, le SILA est resté concentré à Abidjan. Il était nécessaire de permettre aux populations de l’intérieur de vivre aussi cette expérience culturelle et intellectuelle », a-t-il indiqué, saluant au passage l’implication des autorités locales, notamment celle du maire Amadou Koné.

Représentant le maire de Bouaké, le premier adjoint Paul Dakuyo a exprimé la fierté de la municipalité de voir Bouaké jouer un rôle central dans cette initiative. Il a insisté sur la portée du livre, qu’il considère comme un « vecteur de savoir, de transmission et d’ouverture sur le monde ». Pour lui, « Bouaké fait son SILA » reflète une ambition claire : faire de la ville un pôle culturel majeur et un acteur engagé dans la promotion de la lecture.

 

Présidente du comité d’organisation local du « before SILA », Karidjata Diallo n’a pas caché sa satisfaction face à l’engouement suscité par l’événement. Elle a salué « la mobilisation remarquable » de la ville de Bouaké, soulignant son rôle croissant dans le rayonnement culturel national.

Selon elle, le choix porté sur Bouaké pour cette première expérience constitue « une innovation » forte, qui consacre l’idée que « la littérature appartient à tout le peuple, à toutes les régions, à toutes les villes ». Un signal qu’elle espère voir inspirer d’autres localités à valoriser leurs auteurs et leurs richesses culturelles, rappelant que « chaque territoire a ses voix et mérite d’être entendu ».

Dans un message appuyé aux acteurs du livre, Karidjata Diallo a également rendu hommage aux écrivains, évoquant « la solitude de l’écriture, la précarité, les doutes » auxquels ils font face. Malgré ces difficultés, elle a salué leur résilience et leur engagement : « Ce que vous faites, c’est construire des consciences », a-t-elle affirmé, insistant sur le rôle du livre comme miroir, fenêtre et boussole pour les jeunes générations.

Au-delà de l’événement, cette étape met également en lumière les richesses culturelles et le potentiel créatif des régions ivoiriennes. Selon les autorités locales, Bouaké regorge de talents, d’histoires et de voix qui méritent d’être valorisés à l’échelle nationale et internationale.

À travers le thème « Lire pour bâtir », les organisateurs rappellent que le développement d’un pays repose aussi sur la culture et l’éducation. La lecture et l’écriture apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour former des citoyens éclairés, capables de contribuer activement à la construction nationale.

WK