Affaire des détournements présumés de fonds des souscripteurs : Plus de 350 millions de FCFA en jeu à Man
Affaire des détournements présumés de fonds des souscripteurs : Plus de 350 millions de FCFA en jeu à Man
Le dossier des souscriptions liées à l’acquisition de magasins aux abords du marché de Man connaît un nouveau rebondissement. Losseni Fofana, ancien régisseur de la mairie de Man, a été placé en détention à l’issue de son audition du vendredi 28 août 2026. Une procédure judiciaire est désormais engagée autour de sommes estimées à plus de 350 millions de FCFA.
L’affaire fait grand bruit à Man et suscite de nombreuses interrogations dans les milieux municipal et commercial. Au centre du dossier, des souscriptions effectuées par plusieurs commerçants dans le cadre d’un projet de construction et de commercialisation de magasins aux abords du marché de Man.
Selon les éléments contenus dans différents communiqués de la mairie, le projet aurait été confié à un opérateur économique, M. Daou, dans le cadre d’un bail. Celui-ci devait construire les magasins avant de les commercialiser auprès des commerçants intéressés.
C’est dans le cadre de cette opération que plusieurs souscripteurs auraient effectué des versements pour l’acquisition de magasins. Selon les informations rapportées dans le dossier, Losseni Fofana, alors régisseur à la mairie de Man et présenté comme proche et partenaire de l’opérateur économique, aurait été désigné par ce dernier pour encaisser les paiements avant leur reversement.
Le mécanisme mis en place semblait donc relativement simple : les souscripteurs effectuaient leurs paiements, les fonds devaient ensuite être reversés à l’opérateur chargé du projet, lequel devait fournir les justificatifs correspondant aux différentes transactions.
Cependant, selon les éléments rapportés dans le cadre de la procédure, plusieurs sommes encaissées sur une période d’environ deux ans n’auraient pas été reversées. Le montant évoqué dans le dossier dépasserait aujourd’hui les 350 millions de FCFA.
Un autre élément alimente les interrogations. Certains souscripteurs auraient reçu des reçus comportant des éléments d’identification de la mairie de Man, alors que les paiements liés à cette opération commerciale privée auraient normalement dû être justifiés par des documents émanant de l’entreprise de l’opérateur.
Cette situation aurait contribué à créer une confusion chez certains commerçants entre une opération commerciale privée et les activités officielles de la collectivité.
La question de la responsabilité de la mairie de Man se retrouve ainsi au cœur des interrogations. Losseni Fofana n’était en effet pas un simple particulier au moment des faits évoqués. Il exerçait les fonctions de régisseur au sein de la mairie et avait été nommé à ce poste par le maire. Il aurait assuré la gestion de la régie municipale pendant plus de huit années.
La justice devra donc déterminer si les opérations dénoncées ont été effectuées dans le cadre des fonctions officielles du régisseur ou à titre personnel. Elle devra également établir si la mairie avait connaissance de ces opérations ou si la collectivité en avait tiré un quelconque bénéfice.
Un contrôle effectué au niveau de la régie municipale devait notamment permettre d’apporter des éclaircissements sur cette question. D’après les éléments communiqués à l’issue de ce contrôle, les fonds au centre du litige n’auraient pas été retrouvés dans les recettes de la mairie et ne concerneraient pas les caisses de la collectivité.
À la suite de ces constatations, et alors que des accusations étaient portées contre Losseni Fofana à titre individuel, le Trésor aurait recommandé sa suspension ainsi que son remplacement temporaire, dans l’attente des conclusions définitives de la procédure judiciaire.
L’affaire a finalement pris une tournure judiciaire. L’opérateur économique aurait saisi la justice, notamment pour des faits présumés d’abus de confiance, de faux et usage de faux. Des commerçants qui affirment avoir versé de l’argent sans obtenir les magasins ou les garanties attendues auraient également engagé des démarches.
Losseni Fofana a été entendu dans le cadre de la procédure. Selon une source proche du dossier, il aurait reconnu certains faits qui lui sont reprochés. Ces déclarations devront toutefois être confrontées aux autres éléments du dossier ainsi qu’aux témoignages et arguments des différentes parties.
À l’issue de son audition du vendredi 28 août 2026, l’ancien régisseur aurait été placé sous mandat de dépôt avant d’être transféré au pôle pénitentiaire d’Abidjan, où il demeure détenu dans l’attente de la suite de la procédure.
Désormais, plusieurs questions devront être éclaircies par la justice : le montant exact des sommes encaissées, leur destination, les conditions dans lesquelles elles ont été perçues, la nature des documents remis aux souscripteurs et les responsabilités précises des différentes personnes impliquées.
La justice devra également déterminer si cette opération relevait exclusivement d’une initiative personnelle ou si certains actes ont été accomplis dans le cadre des fonctions municipales de l’intéressé.
Pour les souscripteurs qui affirment avoir engagé leur argent dans ce projet, l’enjeu est important. Ils souhaitent connaître la vérité sur les sommes versées et, le cas échéant, obtenir réparation du préjudice qu’ils estiment avoir subi.
Mais dans cette affaire comme dans toute procédure judiciaire, la présomption d’innocence doit rester de mise. Le placement en détention ne constitue pas une condamnation. La culpabilité de Losseni Fofana ne pourra être établie que par une décision de justice définitive.
Au-delà des accusations et des prises de position qui pourraient émerger, le dossier devra donc être examiné à la lumière des preuves et des textes de loi.
La justice est désormais saisie. Elle devra faire toute la lumière sur cette affaire financière qui, avec plus de 350 millions de FCFA évoqués, continue de retenir l’attention à Man et dans toute la région du Tonkpi.
Affaire à suivre…
Aux partisans des différents camps : laissons la justice faire son travail
Dans une affaire aussi sensible, la tentation est grande de prendre position avant même que la justice ne rende sa décision. Les uns défendent leur camp, les autres condamnent déjà, tandis que les réseaux sociaux deviennent parfois le théâtre d’un véritable procès parallèle.
Il faut pourtant savoir raison garder.
La justice est saisie. Des personnes ont été entendues, des contrôles ont été effectués et une procédure suit son cours. Il appartient désormais aux magistrats d’examiner les pièces, d’entendre les différentes parties et de déterminer les responsabilités.
Les partisans des différents camps doivent donc faire confiance à la justice et lui laisser le temps nécessaire pour faire son travail.
Défendre une personne ne signifie pas nécessairement nier les faits qui lui sont reprochés. De même, dénoncer des faits présumés ne signifie pas qu’une culpabilité est déjà établie.
Dans une République, ce ne sont ni les commentaires sur les réseaux sociaux, ni les meetings, ni les querelles entre camps qui rendent justice. Ce sont les preuves et la décision de justice.
Il faut donc éviter les accusations gratuites, les amalgames et les procès d’intention. La vérité, quelle qu’elle soit, doit sortir du dossier judiciaire et non des passions politiques.
Momo Rachid
