Ouraga Véronique (La Gazelle) : « Depuis 2016, je me bats pour faire rayonner notre culture par la danse »

Ouraga Véronique (La Gazelle) : « Depuis 2016, je me bats pour faire rayonner notre culture par la danse »

19/06/2026 - 21:59
Ouraga Véronique (La Gazelle) : « Depuis 2016, je me bats pour faire rayonner notre culture par la danse »
Ouraga Véronique (La Gazelle) : « Depuis 2016, je me bats pour faire rayonner notre culture par la danse »

Notre équipe de reportage est allée à la rencontre de Mlle Ouraga Véronique, plus connue dans le milieu artistique sous le pseudonyme de « La Gazelle ».

Danseuse professionnelle au sein du célèbre groupe Mazo de Kpapékou

— village situé sur l'axe Ouragahio-Gagnoa, dans la région du Gôh

—, elle revient dans cet entretien sur son parcours, son engagement pour la promotion du patrimoine local et ses ambitions pour l'avenir.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Ouraga Véronique, surnommée « La Gazelle ». Je suis danseuse professionnelle au sein du groupe Mazo de Kpapékou. Pour moi, la danse est bien plus qu'une passion : c'est un moyen de contribuer à la préservation et à la valorisation de notre patrimoine culturel.

Depuis quand faites-vous partie de cette formation artistique ?

J'ai intégré le groupe Mazo en 2016. Depuis une décennie, je participe activement aux répétitions, aux spectacles et aux différentes manifestations culturelles, tant dans notre localité que dans plusieurs autres régions de la Côte d'Ivoire. Cette riche expérience m'a permis d'acquérir une véritable maturité artistique et de renforcer mon amour pour la culture de nos ancêtres.

Comment est née cette passion pour la danse ?

Depuis ma tendre enfance, j'ai toujours été attirée par les rythmes traditionnels. J'aimais observer les anciens lors des cérémonies coutumières et des fêtes villageoises. Progressivement, j'ai commencé à pratiquer et à perfectionner mes pas, jusqu'à ce que mon talent me permette d'intégrer le groupe.

D'où vient ce surnom de "La Gazelle" ?

Ce sont les membres du groupe et le public qui me l'ont donné. Ils trouvaient mes mouvements rapides, souples et élégants, à l'image de cet animal. Avec le temps, ce surnom est devenu ma véritable identité sur scène.

Que représente aujourd'hui le groupe Mazo de Kpapékou pour vous ?

C'est une grande famille ! C'est un cadre unique d'apprentissage, de solidarité et de transmission.

Nous travaillons d'un même élan pour préserver nos expressions corporelles traditionnelles et faire connaître la richesse culturelle de notre village et de toute la région du Gôh.

Justement, quel rôle joue la danse dans la préservation de la culture locale ?

La danse est un langage vivant qui raconte notre histoire, nos coutumes et nos valeurs. À travers nos prestations, nous transmettons aux jeunes générations l'héritage immatériel légué par nos prédécesseurs. C'est pourquoi il est primordial de soutenir les groupes artistiques traditionnels.

Quelles sont les difficultés majeures que vous rencontrez au quotidien ?

Comme beaucoup d'artistes de l'intérieur du pays, nous sommes confrontés à un manque criant de moyens financiers et matériels.

Nous avons besoin d'un meilleur accompagnement pour participer à des festivals d'envergure, acquérir de nouvelles tenues de scène et améliorer nos conditions de travail.

Quels sont vos projets à moyen et longs termes ?

Mon souhait est de poursuivre ma carrière le plus loin possible et de contribuer au rayonnement du groupe Mazo aux niveaux national et international.

Mais mon plus grand défi reste la transmission : je veux former de jeunes talents afin d'assurer la relève dans le domaine de la danse traditionnelle.

Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse ivoirienne ?

J'invite les jeunes à croire en leurs rêves, à travailler avec rigueur et, surtout, à rester fiers de leurs racines.

Notre culture est une mine d'or ; elle peut aussi créer de belles opportunités de développement et d'épanouissement professionnel.

Votre mot de fin ?

Je dis un grand merci aux populations de Kpapékou, d'Ouragahio et de Gagnoa pour leur soutien indéfectible.

J'encourage vivement les autorités administratives, les élus locaux et les partenaires culturels à continuer de soutenir les initiatives artistiques qui maintiennent notre patrimoine vivant.

 

Interview réalisée par DJACK ZOLA à Kpapékou, le jeudi 18 juin 2026.