Exposition/ ‘’Bijoux de famille’’ : La mémoire des maîtres ressuscitée à la Rotonde des Arts

Exposition/ ‘’Bijoux de famille’’ : La mémoire des maîtres ressuscitée à la Rotonde des Arts

16/04/2026 - 04:41
16/04/2026 - 04:46
Exposition/ ‘’Bijoux de famille’’ : La mémoire des maîtres ressuscitée à la Rotonde des Arts
EDes fresques picturales et sculptures exposées à la Galerie La Rotonde des Arts émerveillent les visiteurs depuis le vendredi 10 avril dernier
Exposition/ ‘’Bijoux de famille’’ : La mémoire des maîtres ressuscitée à la Rotonde des Arts
Exposition/ ‘’Bijoux de famille’’ : La mémoire des maîtres ressuscitée à la Rotonde des Arts
Exposition/ ‘’Bijoux de famille’’ : La mémoire des maîtres ressuscitée à la Rotonde des Arts

On n’en espérait pas mieux. Réunir sur les cimaises les œuvres de grands maîtres disparus tels que Christian Lattier, Gérard Santoni, James Houra, Frédéric Bruly Bouabré et Issa Kouyaté, du 10 avril au 9 mai prochain.

C’est à la Galerie La Rotonde des Arts que s’est tenu, ce vendredi 10 avril 2026, le vernissage de cette exposition placée sous le thème ‘’Bijoux de famille’’. Les œuvres ont été présentées au public, aux professionnels ainsi qu’aux amateurs d’arts visuels.

Le professeur Yacouba Konaté, directeur de la galerie et commissaire de l’exposition, explique que l’idée centrale repose sur la transmission et la sauvegarde d’un patrimoine souvent issu de collections familiales ou d’ateliers d’artistes disparus.

Pour le curateur, l’objectif est de soustraire ces œuvres aux logiques spéculatives afin de les inscrire durablement dans la mémoire culturelle nationale.

Pour le peintre Marcel N'Guessan Essoh, cette exposition met en lumière plusieurs écritures culturelles et formes d’expressions contemporaines.

« Malgré cette diversité, quelque chose les rassemble. Comme dans l’art européen, où coexistent différentes tendances, on observe ici des points de convergence, que ce soit au niveau de la technique, du médium ou de la matière utilisée.

Lorsqu’on observe les œuvres de Gérard Santoni, Christian Lattier, Yacouba Touré ou Issa Kouyaté, on note une diversité de médiums, mais une même écriture artistique en profondeur », souligne le plasticien ivoirien, ancien élève de Gérard Santoni.

Il salue également le travail du commissaire de l’exposition, qu’il qualifie de véritable prouesse. Avec du recul, poursuit-il, l’art africain contemporain s’est réapproprié certaines formes et visions, rompant avec une esthétique fondée sur le canon grec, qui impose un idéal de représentation. Il en résulte à la fois une rupture esthétique et une dynamique mêlant diversité et unité.

« Ici, les formes sont plus libres, plus suggestives. Chez Christian Lattier, par exemple, on perçoit des évocations de masques, tandis que chez d’autres, les références culturelles se sont élargies et transformées. Il s’agit d’une belle exposition qui met en lumière un art africain contemporain riche et pluriel », affirme-t-il.

La notion de « bijoux de famille » peut également être comprise sous l’angle du marché de l’art. « À l’origine, ces artistes ne mesuraient pas nécessairement la valeur marchande de leurs œuvres. Aujourd’hui, avec le recul, on constate que leur travail de création, de diffusion et de vulgarisation a pris une grande importance.

Certaines œuvres ont acquis une valeur considérable. Des œuvres achetées à plusieurs millions peuvent voir leur valeur doubler avec le temps », explique-t-il, évoquant notamment le cas du sculpteur ivoirien James Koko Bi. 

Ces œuvres s’inscrivent ainsi dans une dynamique de réappropriation culturelle : l’art africain contemporain s’inspire de ses racines tout en évoluant. La dénomination « Bijoux de famille » traduit bien cette réalité : les œuvres constituent un patrimoine à préserver et à transmettre, à l’image de l’or qui prend de la valeur au fil du temps.

 

Patrick KROU