Dr Hélène Lobé, présidente sortante de l’AECI : « Il n’y a pas d’échec, nous n’avons pas fini »
Après un premier mandat de trois ans à la tête de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI), Dr Hélène Lobé brigue un second mandat.
Dans cet entretien, la présidente sortante revient sur l’acquisition du premier siège de l’association, qu’elle compte parmi ses grandes réussites.
Elle évoque aussi les Assises sur la condition de l’écrivain, la précarité des auteurs, la relève et l’ancrage régional. Elle promet de mener l’AECI « en eau profonde » et laisse les écrivains juger de son bilan
Vous arrivez au terme de votre premier mandat - quatre années à la tête de l’AECI. Parmi toutes les promesses et tous les engagements pris en 2022, qu’est-ce que vous considérez comme votre principale réussite, et quel est, au contraire, votre plus grand échec ?
Réussir à unir les écrivain.e.s autour d'un projet pour le réaliser ensemble, en l’occurrence, l'acquisition du siège de l'association des écrivains de Côte d’Ivoire, voilà pour moi une réussite époustouflante. Rires. Et il n'y a pas d'échec parce que nous n'avons pas fini, nous voulons continuer à travailler avec et pour les écrivains. C'est tellement plus intéressant lorsqu'ils sont impliqués. On fera le bilan à la fin de la course.
L’AECI dispose désormais de son premier siège. Au-delà du symbole, qu’est-ce que ce siège a concrètement changé dans la vie des écrivains et comment comptez-vous en faire, durant un second mandat, un véritable centre de services pour les auteurs ?
Les écrivain.e.s ont désormais une adresse, un chez eux, un endroit autour duquel ils peuvent désormais s'organiser et organiser des activités. D'ailleurs nous avons déjà commencé à y faire des formations.
Vous avez organisé des Assises consacrées à la condition de l’écrivain. Après le diagnostic, quelles mesures concrètes ont réellement été prises pour améliorer les revenus, les droits et les conditions de travail des écrivains ivoiriens ?
La conclusion des travaux des assises a été transmise à la tutelle pour un accompagnement dans leur mise en œuvre. Cet aspect ne saurait tarder dans sa prochaine mise en œuvre, nous l'espérons.
La précarité demeure une préoccupation pour de nombreux auteurs. Votre deuxième mandat fera-t-il de l’amélioration des revenus de l’écrivain une priorité ? Si oui, avec quelles solutions concrètes et quels partenaires ?
Nos premiers partenaires sont les éditeurs, puis viennent les librairies. Avec les premières cités nous avons des affinités car nombre d'entre eux sont d'abord des écrivains. Trouver un terrain d'entente s'impose, qui permettrait à l'un comme à l'autre d'en tirer avantage.
Vous avez souvent insisté sur la nécessité de promouvoir les jeunes plumes. Qu’avez-vous concrètement mis en place pour les accompagner et que comptez-vous faire davantage pour permettre à un jeune auteur de passer du manuscrit à une véritable carrière littéraire ?
Les jeunes plumes sont là relève. La passation du flambeau doit se faire à des auteurs formés, aguerris, acquis à l'écriture. Et cela passe par des ateliers d'écriture, des résidences d'écriture, des cafés littéraires parfois délocalisées, qui permettent à leurs bénéficiaires de rectifier et améliorer leur style d'écriture.
La délocalisation d’activités littéraires à l’intérieur du pays a marqué votre mandat. Votre deuxième mandat prévoit-il une véritable implantation régionale de l’AECI, avec des antennes, des programmes et des moyens dédiés aux écrivains de l’intérieur ?
Notre slogan pour le MURS 2 est ALLONS EN EAU PROFONDE. Nous ne devrons laisser aucun endroit où le livre ne sera arrivé. Et nous le ferons avec les membres de la chaîne du livre.
Votre premier mandat a notamment été marqué par la structuration de l’association et l’acquisition de son siège. Si les écrivains vous accordent un second mandat, quelle transformation majeure voulez-vous désormais imprimer à l’AECI ?
Les transformations sont liées aux besoins exprimés par les écrivain.e.s. Je souhaite qu'ils m'accordent à nouveau leur confiance pour qu’ensemble, nous trouvions les meilleures possibilités pour un mieux-être de tout écrivain tant au niveau social que sur la qualité de nos productions.
La période électorale peut parfois créer des tensions au sein d'une organisation. Si vous êtes reconduite, comment comptez-vous rassembler les écrivains qui ne vous auront pas soutenue et faire de l’AECI une organisation où les divergences deviennent une force plutôt qu’une source de division ?
La campagne électorale a été houleuse entre des confrères qui, passée cette période, sauront se retrouver, j'en suis convaincue.
Cette période est enrichissante pour qui veut améliorer sa vision car dans ce qui est dit, il y a parfois une part de vérité et là, il faut le reconnaître pour améliorer ce qui existe et aller de l'avant...en eau profonde.
Vous êtes aujourd’hui candidate à votre propre succession. Dans trois ans, au terme d’un éventuel second mandat, qu’aimeriez-vous que les écrivains ivoiriens retiennent de votre passage à la tête de l’AECI : quel héritage voulez-vous laisser à la littérature ivoirienne ?
Notre héritage sera ce que retiendront les écrivain.e.s de notre passage à la tête de notre faîtière. En attendant, faisons ce que nous avons à faire. Faisons le bien. Nous avons initié des actions. Le premier mandat a fait cas de notre engagement aux côtés des écrivain.e.s et avec eux. Il leur appartient de décider que nous continuons ou non. Je leur fais confiance.
Réalisé par Patrick KROU
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Note aux lecteurs
Par souci d’équité, nous avons sollicité la candidate Awaba Coulibaly pour une interview le vendredi 2 octobre 2026. Sa réponse, reçue le lundi 5 octobre : « Bonjour M. Krou, je vous reviendrai après consultation de mon équipe sur le fait d’y répondre ou non ». À ce jour, nous n’avons pas reçu de suite.
P.K
