Annexe fiscale 2026 : Le cri du cœur du secteur privé face à une pression « insoutenable »

Annexe fiscale 2026 : Le cri du cœur du secteur privé face à une pression « insoutenable »

08/01/2026 - 12:27
Annexe fiscale 2026 : Le cri du cœur du secteur privé face à une pression « insoutenable »
Annexe fiscale 2026 : Le cri du cœur du secteur privé face à une pression « insoutenable »

Lors d’une rencontre de présentation de l’annexe fiscale 2026, le patronat ivoirien se situe préoccupé quant à l’avenir des entreprises ivoiriennes.

L’année 2026 s’ouvre sous le signe d’une crispation entre l’administration fiscale et le monde des affaires. Lors d’un atelier de présentation organisé le mercredi 7 janvier au siège de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), le patronat a indiqué que l’annexe fiscale 2026 impose des efforts « de plus en plus lourds » à un secteur privé formel déjà à bout de souffle.

Stéphane Aka-Anghui, Directeur Exécutif de la CGECI, a exprimé sans détour les inquiétudes des chefs d’entreprise. Si le patronat ne conteste pas la nécessité pour l’État d’accroître ses ressources pour atteindre les critères de convergence de l’UEMOA (notamment un taux de pression fiscale de 20 %), c’est la méthode et la cible qui interrogent.

Les points de friction majeurs

Pour les entreprises du secteur formel, l’équation devient périlleuse. La multiplication des prélèvements n’est plus perçue comme une contribution au développement, mais comme une entrave directe à la compétitivité, à l’investissement et, par extension, à la création d’emplois.

« Le secteur privé ne peut pleinement jouer son rôle de moteur de la croissance que si l’environnement fiscal n’entrave pas sa compétitivité », a rappelé M. Aka-Anghui.

L’analyse de l’Annexe fiscale, entrée en vigueur le 5 janvier dernier, révèle plusieurs zones d’ombre qui cristallisent le mécontentement de la CGECI. Il s’agit de la pression foncière et fiscale où une accumulation de taxes pèse lourdement sur les bilans financiers.

A cela s’ajoute le remboursement de la TVA qui est vu comme un serpent de mer qui continue d’asphyxier la trésorerie des entreprises, malgré les promesses de célérité.

Outre cela, il ya le harcèlement par le contrôle. Là, le patronat déplore une superposition de contrôles fiscaux, douaniers et sociaux, créant un climat d’insécurité juridique. 

Et enfin, le manque de concertation qui est sans doute le point le plus amer. Dominique Taty, président de la commission juridique et fiscale de la CGECI, a fustigé une politique du « fait accompli », où des réformes majeures sont découvertes par les concernés à la lecture du Journal Officiel.

Un contenu riche mais controversé

L’Annexe fiscale 2026 ne manque pourtant pas d’ambition. Articulée autour de 41 mesures, elle cible l’élargissement de l’assiette, l’habitat social et, grande nouveauté, le développement d’une fiscalité environnementale.

Si ces axes sont louables sur le papier, leur mise en œuvre technique inquiète les opérateurs économiques qui y voient de nouvelles contraintes administratives.

Pour la CGECI, il est urgent de passer d’une logique de prélèvement unilatéral à une logique de partenariat. Pour que la Côte d’Ivoire conserve son dynamisme économique, le gouvernement devra sans doute réajuster son curseur.

Car, comme le souligne le patronat, une fiscalité trop lourde finit toujours par étouffer la matière qu’elle prétend taxer. L’heure est désormais à la reprise d’un dialogue permanent, seul garant d’un climat des affaires apaisé et prévisible.

Publiée au Journal officiel n°27, numéro spécial du 24 décembre 2025, paru effectivement le mercredi 31 décembre 2025, l’annexe fiscale 2026 est entrée en vigueur le lundi 5 janvier 2026.

 

Kkmou Kouassi