Crédit d'enlèvement douanier à 100 millions : Le SYNAT-CI fait un plaidoyer

Crédit d'enlèvement douanier à 100 millions : Le SYNAT-CI fait un plaidoyer

07/11/2025 - 21:23
Crédit d'enlèvement douanier à 100 millions : Le SYNAT-CI fait un plaidoyer
Crédit d'enlèvement douanier à 100 millions : Le SYNAT-CI fait un plaidoyer

Le Syndicat autonome des transitaires de Côte d'Ivoire (Synat-ci) a animé une conférence de presse, jeudi 6 novembre 2025, à la Maison de la presse d'Abidjan-Plateau (Mpa).

‘’ La direction générale des douanes (Dgd) prendrait la décision de relever  de 50 à 100 millions de FCFA le niveau du crédit d’enlèvement minimum exigé pour exercer la profession de commissaire en douane agréé (Cda) ’’, informe le Syndicat autonome des transitaires de Côte d'Ivoire (Synat-ci).

Cette décision qui survient juste un an après une première augmentation dont les séquelles sont encore béantes, selon Béhia Ferdinand, secrétaire général dudit syndicat, va entrer en vigueur le 1er janvier 2026. 

Au cours de cette conférence de presse, le Synat-ci dénonce cette décision qu'il estime catastrophique pour les Pme ivoiriennes, et partant, alerte sur les graves répercussions économiques et sociales à venir.

Béiha Ferdinand juge que cette décision a été prise sans concertation avec les acteurs du secteur concernés.

Pour  lui, cette hausse du niveau du crédit d'enlèvement constitue une mesure inopportune et dangereuse pour l'économie nationale.

<< Cette décision pourrait entraîner la fermeture de près de 70% des Pme de transit >>, avertit Béiha Ferdinand.

À l'en croire, le relèvement du crédit d'enlèvement à 100 millions de FCFA représente une augmentation de plus de 300% pour de nombreuses entreprises du secteur.

Des entreprises majoritairement constituées de capitaux nationaux, ne pourront pas mobiliser de telles sommes en si peu de temps, a-t-il indiqué.

Cette situation, ajoute-il, pourrait entraîner une vague de fermetures d’entreprises et la perte de nombreux emplois, affectant directement les familles ivoiriennes.

« Avec une moyenne de 10 employés par entreprise de transit, la faillite de près de 140 Pme pourraient avoir des conséquences dévastatrices sur les conditions de vie des travailleurs et de leurs familles.

Cette mesure risque de dégrader le niveau de vie de centaines de foyers ivoiriens déjà affectés par l’inflation et la crise internationale », relève-t-il.

Toujours selon lui, la fermeture de ces Pme représenterait un manque à gagner  considérable pour le trésor public, en raison des taxes et impôts que ces entreprises versent. « Les Pme du secteur contribuent largement  au développement économique du pays.

Leur disparition serait une perte importante pour l’Etat », affirme-t-il. Face à ces conséquences, le Syndicat plaide pour un report de la mise en œuvre de cette mesure.

« Nous ne sommes pas venus pour indexer ou pour nuire, mais pour faire un plaidoyer au Premier ministre, au ministre des Finances et du Budget », insiste Béiha Ferdinand, espérant que les autorités compétentes interviendront  pour éviter des répercussions trop lourdes sur le secteur privé ivoirien.

Aussi, propose-t-il des mesures alternatives, telles que la mise en place  d’un cadre de concertation inclusif, le report de toute augmentation éventuelle du crédit d’enlèvement et de la caution à fin 2028, l’encouragement des banques à faciliter les cautionnements, le renforcement de la formation et le contrôle interne pour réduire les risques de recouvrement.

« Nous sommes prêts à collaborer avec l’administration », conclut le secrétaire général Béiha Ferdinand.

Ce dernier avait à ses côtés, Innocent Kouamé (Sga) et Kambou Danité (Sga à la communication).

Notons que le Synat-ci existe depuis 2012. C’est une organisation regroupant les CDA du pays. Son objectif est de défendre les intérêts des entreprises de transit et œuvrer à la professionnalisation des Pme de transit ivoiriennes.

 

David Kouamé