Afrobasket Féminin 2025 : Dao Malick, « J’ai beaucoup d’espoir pour le futur du basket féminin africain »
Afrobasket Féminin 2025 : Dao Malick, « J’ai beaucoup d’espoir pour le futur du basket féminin africain »
La 29e édition de l’Afrobasket féminin s’est achevée le dimanche 3 août 2025 à la cathédrale du sport d’Abidjan. Organisée pour la première fois en Côte d’Ivoire, la compétition a vu le Nigeria s’imposer pour la cinquième fois consécutive. Dao Malick, consultant sportif, journaliste et coach de basketball, livre son analyse de cette édition marquante.
Comment avez-vous vécu cette édition de l’Afrobasket féminin ?
C’était un moment fort, surtout parce que c’est la première fois que la Côte d’Ivoire accueille un Afrobasket féminin. Nous avons déjà organisé deux éditions masculines, mais pour les dames, c’était une grande première.
Globalement, c’était une belle compétition, malgré quelques couacs au niveau organisationnel, ce qui peut arriver dans tout événement d’envergure. Sur le plan sportif, le tournoi a été de très bonne qualité.
On sent que le niveau général monte, ce qui est très encourageant. Le Nigeria reste au-dessus, certes, mais cette équipe n’est pas imbattable.
Le Sénégal et le Mali ont montré qu’elle pouvait être mise en difficulté. La Côte d’Ivoire, de son côté, a progressé en passant de la 9e à la 7e place.
Cela montre qu’il y a une dynamique positive, même si l’équipe aurait pu aller plus loin. En somme, je reste optimiste pour l’avenir du basketball féminin africain.
Sur le plan technique, quelles équipes vous ont le plus impressionné ?
J’ai été particulièrement séduit par l’équipe du Cameroun. C’est un collectif discipliné, très rigoureux tactiquement, qui fait bien circuler le ballon et sait trouver la joueuse la mieux placée pour shooter. Le Nigeria, fidèle à sa réputation, a performé grâce à ses automatismes et son expérience.
J’ai également apprécié certaines séquences de jeu de la Côte d’Ivoire et du Soudan du Sud. Ce dernier présente une équipe jeune, pleine de promesses, malgré quelques excès individuels comme une joueuse qui monopolise un peu trop le ballon.
L’Ouganda m’a plu aussi, mais a manqué de profondeur de banc. Quant à l’Égypte, elle a brillé par son énergie, bien qu’elle n’ait pas été loin dans la compétition.
Quelle est votre analyse sur la performance du Soudan du Sud pour sa première participation ?
C’est une équipe à surveiller de près. Monter sur le podium dès une première participation, c’est un exploit. Le sélectionneur l’a d’ailleurs souligné en conférence de presse. Hormis la capitaine, cette formation affiche une moyenne d’âge de 22 à 24 ans.
Avec un tel potentiel, si elle continue sur cette lancée, elle pourrait devenir l’une des grandes puissances du basket féminin africain dans les années à venir.
Comment situer le niveau africain par rapport à celui de l’Europe ou des États-Unis ?
Il y a encore du chemin à parcourir. Deux choses nous manquent principalement : la discipline tactique et l’adresse. On constate trop de maladresse, même sur les lancers francs. À l’exception d’un match du Cameroun où le taux de réussite à trois points dépassait 50 %, le niveau d’adresse global reste faible.
Mais cela relève davantage de la formation que des joueuses elles-mêmes. Le travail des entraîneurs est crucial. La répétition des gestes techniques, notamment les tirs, est insuffisante dans les séances d'entraînement. Il faut insister sur la technique avant de penser aux systèmes de jeu. À terme, c’est ce qui fera la différence.
En tant que journaliste-consultant, comment avez-vous vécu la collaboration avec les confrères venus d’Afrique ?
C’est une équipe à surveiller de près. Monter sur le podium dès une première participation, c’est un exploit. Le sélectionneur l’a d’ailleurs souligné en conférence de presse. Hormis la capitaine, cette formation affiche une moyenne d’âge de 22 à 24 ans. Avec un tel potentiel, si elle continue sur cette lancée, elle pourrait devenir l’une des grandes puissances du basket féminin africain dans les années à venir.
Comment situer le niveau africain par rapport à celui de l’Europe ou des États-Unis ?
Il y a encore du chemin à parcourir. Deux choses nous manquent principalement : la discipline tactique et l’adresse. On constate trop de maladresse, même sur les lancers francs. À l’exception d’un match du Cameroun où le taux de réussite à trois points dépassait 50 %, le niveau d’adresse global reste faible.
Mais cela relève davantage de la formation que des joueuses elles-mêmes. Le travail des entraîneurs est crucial. La répétition des gestes techniques, notamment les tirs, est insuffisante dans les séances d'entraînement. Il faut insister sur la technique avant de penser aux systèmes de jeu. À terme, c’est ce qui fera la différence.
En tant que journaliste-consultant, comment avez-vous vécu la collaboration avec les confrères venus d’Afrique ?
C’était une belle expérience, presque familiale. Je connais déjà plusieurs journalistes ivoiriens, sénégalais, maliens… On se croise régulièrement sur les grandes compétitions, à Abidjan, Bamako, Dakar ou ailleurs. L’ambiance était fraternelle, détendue, mais aussi enrichissante.
J’ai eu le privilège de gérer la salle de conférence tout au long de la compétition. Cela m’a permis de partager de bons moments avec mes pairs et de vivre cette édition d’une manière particulière, ici, chez moi. Une belle aventure humaine et professionnelle.
Arnaud GASA
