Scandale à Diabo : Une candidate RHDP ‘’déguisée’’ en indépendante parade en engin militaire pour défier le ministre Assahoré
Scandale à Diabo : Une candidate RHDP ‘’déguisée’’ en indépendante parade en engin militaire pour défier le ministre Assahoré
Parfois, on se demande jusqu’où les hommes politiques ivoiriens peuvent pousser l’outrecuidance, voire l’incivisme…
Alors que cela est clairement interdit par l’ordonnance n° 2020-356 du 8 avril 2020 portant révision du code électoral, en son article 30, alinéa 4, qui dispose : « L’utilisation des véhicules administratifs par les candidats et leur état-major à des fins de propagande électorale est proscrite », Yao Rebecca, candidate indépendante dans la circonscription de Diabo/Languibonou, fait campagne à bord d’un véhicule militaire, au nez et à la barbe de la population et des autorités politiques et administratives de la localité.
Des photos d’elle posant triomphalement sur un Caterpillar militaire, immatriculé aux Forces armées et recouvert de son affiche de campagne, ont envahi les réseaux sociaux – comme si elle n’avait rien à craindre.
Ce véhicule militaire, dont la plaque d’immatriculation est clairement reconnaissable comme appartenant aux Forces armées nationales, ne serait-il pas un véhicule administratif ? Sur qui et sur quoi compte cette candidate indépendante – qui n’est indépendante que de nom, puisqu’elle est une militante du RHDP. Cette candidature aurait été suscitée pour contrarier, voire inquiéter, son adversaire, le ministre Jacques Assahoré, candidat officiellement investi dans cette circonscription par le RHDP.
Selon certaines indiscrétions, Yao Rebecca serait la filleule du ministre des Transports, Amadou Koné, député et maire de Bouaké, lui-même en campagne pour sa réélection. Ce dernier est connu comme ‘’l’ennemi bien aimé’’ du ministre Assahoré à Bouaké. Ce serait donc la guerre froide ou une bataille par procuration que se livrent ces deux leaders du RHDP à Bouaké qui se prolongerait dans ces élections, via cette candidate indépendante interposée, adversaire du ministre Assahoré.
Au-delà des querelles politiques intestines, la violation flagrante des dispositions électorales par cette « filleule » interroge le respect des textes dans le pays. Laisser passer cette infraction flagrante porterait un nouveau coup à la crédibilité du parti au pouvoir, comme parti républicain, et à celle de la CEI, en tant qu’arbitre indépendant et juste… Nous attendons de voir la suite qui sera donnée à cette affaire.
Alain Dodet
