Présidentielle 2025 / PPA-CI : Ahoua Don Mello se déclare candidat pour défendre la souveraineté et éviter le piège du boycott

Présidentielle 2025 / PPA-CI : Ahoua Don Mello se déclare candidat pour défendre la souveraineté et éviter le piège du boycott

31/07/2025 - 15:03
Présidentielle 2025 / PPA-CI : Ahoua Don Mello se déclare candidat pour défendre la souveraineté et éviter le piège du boycott
Présidentielle 2025 / PPA-CI : Ahoua Don Mello se déclare candidat pour défendre la souveraineté et éviter le piège du boycott

Face à l’incertitude politique née de l’exclusion de Laurent Gbagbo de la liste électorale définitive, l’ancien ministre Ahoua Don Mello a décidé de franchir le pas.

Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 31 juillet  2025, à la Maison de la Presse d’Abidjan-Plateau, le vice-président du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a officiellement annoncé sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025.

Se présentant comme une alternative stratégique, sa candidature vise à éviter le vide politique que provoquerait un retrait du PPA-CI, tout en maintenant le cap d’un combat démocratique par les urnes.

Vice-président du PPA-CI en charge du District des Lacs et de la Promotion du Panafricanisme, mais aussi vice-président de l’Alliance Internationale des BRICS chargé des projets stratégiques, Ahoua Don Mello justifie son engagement par la nécessité d'empêcher la "politique de la chaise vide". Il entend ainsi préserver les chances d'une alternance politique dans le pays.

« Nous pouvons battre M. Ouattara dans les urnes. Il faut mener la bataille démocratique par les urnes afin de faire partir Ouattara et son régime », a-t-il affirmé, dénonçant au passage la dérive autoritaire d’un régime qu’il accuse d’humilier l’opposition et de confisquer les richesses nationales au profit d’intérêts extérieurs.

Tout en réaffirmant sa fidélité à Laurent Gbagbo, Ahoua Don Mello se veut porteur d’un courant fidèle aux valeurs de gauche.

« Il n’y a pas plus Gbagbo que moi à l’intérieur des textes », a-t-il lancé, critiquant ceux qui instrumentalisent l’image de l’ancien président à des fins personnelles.

Très critique envers les effets des réseaux sociaux sur le débat démocratique, il a déploré la multiplication des calomnies et demi-vérités, y voyant un signe de "manque de maturité intellectuelle et démocratique". Pour lui, la démocratie véritable repose sur la raison, le débat d’idées et la preuve scientifique, et non sur l’émotion ou l'idolâtrie politique.

Le ministre a également rappelé les fondements idéologiques du PPA-CI et de sa propre trajectoire : une synthèse des courants socialistes, sociaux-démocrates, panafricanistes et souverainistes.

« Je suis un démocrate socialiste, souverainiste et panafricaniste issu du courant communiste », a-t-il déclaré.

 

Il a justifié sa candidature comme étant une réponse stratégique à l'exclusion de Laurent Gbagbo, dans le cadre d’un processus démocratique interne toujours en cours au sein du parti.

« Cette thèse a malheureusement fuité dans la presse en violation du principe de la démocratie interne. Cependant, malgré les agitations médiatiques, le débat se poursuit et nous arrivons bientôt à une conclusion. »

Fustigeant ce qu’il appelle “le prolongement du parti-État” incarné par le président sortant Alassane Ouattara, il a mis en garde contre les conséquences d’une élection verrouillée : humiliation de l’opposition, dépossession du peuple, et renforcement des dépendances étrangères.

« Il y a donc urgence, et face à l’urgence, une responsabilité à prendre », a-t-il martelé avant de déclarer solennellement : « Je suis candidat à la présidentielle de 2025. »

Offrant sa candidature « aux souverainistes et panafricanistes », mais aussi à l’ensemble des Ivoiriens, Africains et membres de la diaspora, Ahoua Don Mello a insisté sur son ambition de contribuer à l’émergence d’une Afrique indépendante dans un monde multipolaire, aux côtés des BRICS, de l’AES et de la CEDEAO.

Il a enfin réaffirmé sa fidélité à son engagement de jeunesse et sa détermination à poursuivre la lutte pour la souveraineté du continent.

« Ce n'est pas au moment où le vent est favorable à la lutte pour la souveraineté et l'avènement des mondes multipolaires que je vais abandonner cette lutte », a-t-il conclu, appelant à l’union de toute la gauche ivoirienne pour "mettre fin au règne du parti-État" et ouvrir une nouvelle page de l’histoire du pays.

 

 

Ousseni Sawadogo