Paralysie cérébrale : Une journée pour dénoncer les préjugés et défendre la dignité

Paralysie cérébrale : Une journée pour dénoncer les préjugés et défendre la dignité

05/12/2025 - 13:27
Paralysie cérébrale : Une journée pour dénoncer les préjugés et défendre la dignité
Paralysie cérébrale_Une journée pour dénoncer les préjugés et défendre la dignité
Paralysie cérébrale : Une journée pour dénoncer les préjugés et défendre la dignité
Paralysie cérébrale : Une journée pour dénoncer les préjugés et défendre la dignité
Paralysie cérébrale : Une journée pour dénoncer les préjugés et défendre la dignité

« Agissons ensemble pour les enfants atteints de paralysie cérébrale afin de ne pas regretter demain ». C’est autour de ce thème que l’ONG Cœur de Maman Amour d’Enfant a célébré, jeudi 4 décembre 2025, la Journée internationale de la commémoration de la paralysie cérébrale. La cérémonie s’est tenue à la cathédrale Saint-Paul du Plateau, à Abidjan, en présence de nombreux parents, enfants et acteurs du bien-être familial.

Dès les premières heures de la rencontre, l’atmosphère était marquée par une forte émotion. Les enfants vivant avec une infirmité motrice cérébrale (IMC), entourés de leurs parents, ont manifesté une joie remarquable. Certains ont sauté, d’autres ont souri et communiqué, malgré leurs difficultés articulatoires, témoignant de leur enthousiasme et de leur envie d’être pleinement compris et acceptés.

Sur les visages des parents, l’on pouvait lire un profond soulagement. « Je ne suis plus seule dans ma souffrance. Cette journée m’a appris beaucoup de choses », a confié une mère, émue.

« Ce ne sont ni des enfants maudits, ni des enfants consacrés »

Prenant la parole, la présidente de l’ONG Cœur de Maman Amour d’Enfant, Mme Gbahou Marcelle, a expliqué l’importance de cette journée, encore trop peu valorisée en Côte d’Ivoire.

« Nous nous levons chaque année pour rendre hommage à tous nos enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale : des enfants qui souffrent, qui sont rejetés, humiliés, marginalisés simplement parce qu’ils sont nés avec des spécificités différentes. Nous voulons dire haut et fort que la paralysie cérébrale existe. Ce n’est ni de la sorcellerie, ni du mysticisme, ni des enfants consacrés pour devenir riches », a-t-elle affirmé.

Elle a dénoncé les violences, la stigmatisation, les préjugés et le rejet qui persistent encore dans plusieurs familles. « Si rien n’est fait, demain des enfants mourront, des mères seront chassées de leur foyer, des emplois détruits, des familles brisées », a-t-elle averti.

Mme Gbahou a également rappelé les causes possibles de la paralysie cérébrale : complications durant la grossesse, naissance difficile, manque d’oxygène, maladies néonatales… « Ils ne sont pas maudits. Ce sont des enfants qui ont juste traversé des moments difficiles avant ou lors de leur naissance », a-t-elle insisté.

Un plaidoyer en faveur d’une reconnaissance officielle

La présidente de l’ONG a lancé un appel pressant aux autorités ivoiriennes pour une prise en charge nationale plus structurée et plus inclusive.

« Nous souhaitons que l’État reconnaisse officiellement cette journée et s’y engage pleinement. Nous voulons que les ministères concernés organisent des campagnes de sensibilisation, des consultations et des examens gratuits afin que tous les enfants du pays puissent bénéficier de soins adaptés », a-t-elle plaidé.

Elle a également revendiqué le droit à la rééducation, à la scolarisation, au soutien social et à une meilleure intégration pour ces enfants. « Nous voulons que nos enfants vivent dignement, comme tous les autres », a-t-elle ajouté.

Éclairages d’experts et conseils aux parents

Plusieurs spécialistes, dont des coachs et psychologues, ont participé à la rencontre. Le psychologue clinicien Kouakou N’Guettia Parfait a expliqué les origines possibles de l’infirmité motrice cérébrale.

Selon lui, « la paralysie cérébrale peut survenir pendant la grossesse, à l’accouchement ou juste après. Les causes sont multiples : prématurité, faible poids de naissance, infections, travail d’accouchement trop long… ». Toutes ces situations peuvent priver temporairement le cerveau d’oxygène et altérer certaines zones cérébrales, a-t-il précisé.

Il a également prodigué des conseils essentiels aux parents : Assurer un suivi médical régulier de la grossesse, privilégier un accouchement dans un centre de santé, respecter les étapes du carnet de croissance de l’enfant.

« Nous nous réjouissons que des structures comme l’ONG Cœur de Maman Amour d’Enfant brisent le silence autour de cette infirmité. La prise en charge doit être holistique : médecins, orthophonistes, psychologues, tous doivent accompagner l’enfant et sa famille », a-t-il souligné.

L’engagement continu de l’ONG

L’ONG Cœur de Maman Amour d’Enfant mène plusieurs actions d’accompagnement des familles, notamment dans les domaines médical, social, entrepreneurial et moral, afin d’aider les parents à mieux comprendre et soutenir leurs enfants.

Cette journée de commémoration a permis, une fois de plus, de rappeler que ces enfants ont besoin d’amour, de protection et de considération. Un appel fort a été lancé : changer le regard, comprendre, agir et inclure.

Ousseni Sawadogo