Ouragahio : Les commerçants vent debout contre la hausse des taxes communales

Ouragahio : Les commerçants vent debout contre la hausse des taxes communales

05/02/2026 - 13:53
Ouragahio : Les commerçants vent debout contre la hausse des taxes communales
Ouragahio : Les commerçants vent debout contre la hausse des taxes communales

La décision de la mairie de Ouragahio de relever les taxes communales à 2,5 % sur chaque activité commerciale continue de susciter de vives réactions. Ce mardi, une réunion de sensibilisation organisée par les autorités municipales avec les commerçants de la commune s’est transformée en un cadre d’expression du profond malaise qui traverse le secteur commercial local.

La rencontre, tenue dans la salle Laurent Gbagbo de la mairie, située à une quinzaine de kilomètres du département de Gagnoa, visait à expliquer les motivations de cette révision fiscale et à appeler les acteurs économiques à se conformer aux nouvelles dispositions.

Selon la municipalité, l’augmentation des taxes s’inscrit dans une dynamique de mobilisation des ressources locales afin de renforcer le développement communal et d’améliorer les services publics. Le maire de Ouragahio, M. Dacoury Pierre Tabley, a tenu à rassurer les commerçants tout en défendant la légalité de la mesure.

« Cette révision des taxes découle d’une loi votée par les députés. Chaque acteur doit s’acquitter de sa taxe de 2,5 % dans un esprit de civisme fiscal. C’est ensemble que nous pourrons mobiliser les moyens nécessaires pour développer notre commune et améliorer les conditions de vie de la population. Nous restons ouverts au dialogue pour accompagner nos opérateurs économiques », a-t-il déclaré.

Malgré ces explications, la majorité des commerçants présents ont exprimé leur désaccord face à une hausse jugée inopportune dans un contexte économique déjà fragile. Pour eux, cette mesure risque d’asphyxier des activités qui peinent à se maintenir.

M. Mamadou Diomandé, président de l’organisation Oxygène du Grand Ouragahio, a été catégorique : « Dans les conditions actuelles, nous refusons de payer cette taxe de 2,5 %. Les commerçants souffrent déjà et cette décision ne tient pas compte de nos réalités économiques. »

Même son de cloche chez les couturières, par la voix de leur présidente, Mme Kouassi Elisabeth, qui craint pour la survie des ateliers artisanaux :

« Nos activités reposent sur de petits revenus. Cette augmentation risque d’étouffer les artisanes qui luttent déjà pour maintenir leurs ateliers ouverts. Nous demandons à la mairie de revoir sa décision ou de proposer un accompagnement adapté. »

Les tenanciers de restaurants et de maquis, représentés par M. Boli Junior, redoutent quant à eux un effet domino sur les prix et la clientèle : « Le secteur de la restauration fonctionne déjà avec des charges élevées. Ajouter une taxe de 2,5 % va impacter directement nos prix et donc notre clientèle. Nous souhaitons une concertation réelle avant l’application de cette mesure. »

Du côté du secteur informel, M. Ouattara, responsable des djassamans, a souligné la précarité des jeunes acteurs : « Nous travaillons quotidiennement pour survivre. Cette augmentation des taxes risque de mettre en difficulté de nombreux jeunes acteurs du secteur informel. Nous appelons la mairie à dialoguer davantage avec nous. »

Dans une formule imagée qui a marqué l’assistance, M. Allefa Dialo a résumé l’angoisse générale : « Nous avons déjà perdu notre grand-mère, donc nous refusons de perdre notre mère », traduisant la crainte de voir disparaître les moyens de subsistance des commerçants.

Marquée par des échanges parfois tendus, cette réunion met en lumière la fracture entre les impératifs de mobilisation fiscale de la commune et les réalités économiques vécues par les commerçants. À Ouragahio, beaucoup estiment qu’un dialogue approfondi, assorti de mesures d’accompagnement adaptées, demeure indispensable pour éviter une paralysie du tissu commercial local.

À défaut de compromis, préviennent plusieurs acteurs, les conséquences pourraient être lourdes, tant pour l’économie locale que pour la cohésion sociale de la commune.

 

DJACK ZOLA