Orpaillage légal : Le plaidoyer de Kassa Gold pour un modèle minier ivoirien

Orpaillage légal : Le plaidoyer de Kassa Gold pour un modèle minier ivoirien

18/12/2025 - 14:09
Orpaillage légal : Le plaidoyer de Kassa Gold pour un modèle minier ivoirien
Orpaillage légal : Le plaidoyer de Kassa Gold pour un modèle minier ivoirien

Face aux journalistes réunis à l’occasion de la septième édition du CAFE de l’Union des Journalistes de Bouaké (UJB), la société minière Kassa Gold SA a exposé une vision ambitieuse de l’exploitation semi-industrielle de l’or en Côte d’Ivoire.

Une approche fondée sur la formation des jeunes, la légalité des activités et la restauration de l’environnement, tout en appelant à une réforme en profondeur du cadre réglementaire du secteur.

La rencontre s’est tenue le mercredi 17 décembre 2025 à l’Hôtel Président de Yamoussoukro, en présence de nombreux professionnels des médias.

À l’ouverture des échanges, le président de l’UJB, Soro Korona, a salué « un grand homme », Bi Galla Denis Tohozan, directeur général de Kassa Gold SA, invité pour la seconde fois à cet exercice de dialogue et de transparence.

Il a rappelé que le CAFE constitue une tribune d’échanges autour de sujets d’intérêt national, soulignant que l’orpaillage légal représente aujourd’hui un enjeu majeur pour l’économie ivoirienne et la cohésion sociale.

Le thème retenu, « Exploitation minière semi-industrielle de l’or : défis et perspectives de la protection de l’environnement et de l’emploi des jeunes », traduit la volonté de l’UJB de porter le débat sur un secteur stratégique.

Pour l’organisation, Kassa Gold apparaît comme un acteur national engagé dans la promotion du contenu local, la formation des jeunes et la lutte contre l’orpaillage illégal.

Dans son exposé, Bi Galla Denis Tohozan a présenté la stratégie globale de son entreprise, articulée autour de trois axes essentiels : former et insérer les jeunes, promouvoir un développement minier durable et concilier rentabilité économique et développement professionnel.

Il a ainsi mis en avant les partenariats noués avec plusieurs universités publiques du pays. À Daloa, 19 étudiants ont été formés, dont 11 recrutés ; à Man, 14 formés pour 6 retenus ; à Abidjan, 15 jeunes accompagnés, dont 10 intégrés.

Il a également rappelé que, bien avant ces conventions universitaires, huit jeunes issus du chantier-école de Bonzi, initié par l’État et la Sodemi, avaient déjà été recrutés par l’entreprise.

Pour le directeur général, l’enjeu dépasse largement l’emploi salarié. « Nous voulons former de véritables entrepreneurs miniers. La petite mine ne s’enseigne pas à l’école.

Il faut transmettre un savoir pratique, un modèle économique et une autonomie », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de bâtir une identité professionnelle forte pour la petite mine légale, afin d’en faire un secteur structuré, capable d’absorber les jeunes diplômés et de générer des initiatives privées.

Sur le plan environnemental, Kassa Gold revendique une approche intégrée de la protection de la nature. Celle-ci se traduit par d’importantes actions de reboisement, notamment 35 hectares à Bouaflé, 17 hectares à Katiola et 8 hectares à Adzopé, réalisées avec l’appui de spécialistes des eaux et forêts et d’une entreprise agropastorale interne.

Au niveau social, les bénéfices de l’exploitation sont réinvestis dans des projets communautaires structurants, tels que la construction d’un centre de santé rural à Bouaflé pour un montant de 47 millions de FCFA, la réalisation de latrines et la réhabilitation d’une pompe à Bonzi, la mise en place d’un système d’alimentation en eau potable à Daoukro pour 30 millions de FCFA, la construction de trois salles de classe estimée à 47 millions de FCFA, des travaux hydrauliques et de franchissement à Adzopé, ainsi que des villas communautaires à Nian pour un montant équivalent.

« On ne peut pas créer de l’emploi en détruisant les ressources naturelles », a martelé Bi Galla Denis Tohozan, réaffirmant la volonté de son entreprise de concilier rentabilité économique, restauration des terres exploitées et amélioration durable des conditions de vie des populations riveraines.

Abordant les difficultés du secteur, le directeur général de Kassa Gold n’a pas éludé la question de l’orpaillage illégal.

Refusant le terme « clandestin », il a affirmé : « Ils sont là, on les voit ». Selon lui, ces exploitations illégales compromettent les efforts de restauration environnementale et perturbent les activités légales, malgré les actions de répression et de sensibilisation engagées par l’État.

Il a également dénoncé un cadre réglementaire qu’il juge inadapté aux réalités techniques actuelles, notamment la limitation de la profondeur d’exploitation à 30 mètres pour le semi-industriel, alors que certains gisements se trouvent à plus de 100 mètres. 

À cela s’ajoute une fiscalité jugée dissuasive : « Investir 100 millions de FCFA pour produire 60 millions, puis payer 8 % de taxe… Comment un jeune peut-il bâtir un plan d’affaires viable ? », s’est-il interrogé, plaidant pour des mesures incitatives favorisant l’accès des nationaux, en particulier des jeunes diplômés, aux licences minières.

Avant de clore son intervention, Bi Galla Denis Tohozan a annoncé plusieurs projets structurants, parmi lesquels la création d’une mine moderne de taille moyenne, au-delà de l’orpaillage légal actuel, ainsi qu’un projet pilote de fermes avicoles à Bonzi destiné à soutenir les populations dont les terres sont affectées par l’exploitation minière.

L’objectif, selon lui, est de réduire le chômage, d’offrir des alternatives économiques aux jeunes ruraux et de renforcer l’acceptabilité sociale des activités minières.

Cette conférence a mis en lumière une ambition claire : faire de l’exploitation semi-industrielle de l’or un secteur national structuré, créateur d’emplois et respectueux de l’environnement.

Une ambition qui, selon Kassa Gold, ne pourra se concrétiser sans une lutte plus efficace contre l’orpaillage illégal et une réforme du code minier. Fidèle à sa mission, l’Union des Journalistes de Bouaké entend désormais porter ce débat au cœur de la réflexion publique.

S.O