Marche du Front commun: Les partis de l’opposition font bloc pour l’alternance à Yopougon
Marche du Front commun: Les partis de l’opposition font bloc pour l’alternance à Yopougon
Combien étaient-ils à parcourir le trajet de Saguidiba à Ficgayo ? Sans verser dans la spéculation, une chose est sûre : ils étaient nombreux, ce samedi 9 août 2025, à répondre à l’appel du Front commun constitué du PPA-CI et du PDCI-RDA. La marche, pacifique et symbolique, a traversé la paroisse Saint-André avant de converger vers la place Ficgayo à Yopougon.
« Vous avez assuré. Nous avions promis une mobilisation exceptionnelle, et elle l’a été. Elle a été pacifique, disciplinée, digne, puissante. C’était une véritable démonstration de force. Oui, nous avons prouvé que nous sommes plus nombreux que ceux qui prétendent parler au nom du peuple »,
a déclaré Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI.
L’ancien ministre a réaffirmé les revendications majeures de l’opposition ivoirienne : la lutte contre l’exclusion électorale, le rejet d’un quatrième mandat jugé anticonstitutionnel, une réforme en profondeur de la CEI, un audit et une refonte de la liste électorale, l’ouverture immédiate d’un dialogue politique sincère, l’organisation d’élections inclusives, paisibles et transparentes.
« C’est à ce prix-là que nous pourrons aller à des élections fraternelles. Ces mesures doivent être prises avant la fin du mois d’août, car la suite du calendrier doit être consacrée à la campagne électorale, et non à la contestation », a-t-il martelé.
Dano Djédjé a également dénoncé la répression, les arrestations arbitraires, les convocations abusives et les disparitions inquiétantes de militants. Il a alors appelé les partisans à la résistance : « Nous devons nous lever contre l’arbitraire, contre un État policier, contre la criminalisation de l’engagement politique. Notre lutte est légitime, pacifique, constitutionnelle. Nous voulons un pays fraternel, solidaire et prospère. »
Un meeting est annoncé pour le 16 août, dans le cadre de la tournée nationale du PPA-CI.
Au nom du président Tidjane Thiam, le coordonnateur du Front commun, Noël Akossi Bendjo, a salué « un peuple ivoirien debout », symbole de résistance, de courage et d’unité nationale face à l’oppression.
« Enseignons-nous mutuellement la paix. Et demandons au pouvoir de comprendre une chose essentielle : Nous ne voulons pas descendre dans les rues. Nous refusons la violence. Nous refusons l’affrontement. Peuple de Côte d’Ivoire, restez mobilisés. Maintenez la pression. Nous continuerons le combat, dans la dignité, la paix et l’unité », a conseillé l’ancien maire du Plateau.
De son côté, Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, a salué l’initiative et invité tous les Ivoiriens à rejoindre le mouvement : « Ce n’est pas seulement l’affaire des partis politiques. Les syndicats, la société civile, les transporteurs, les commerçants, les planteurs, les femmes, les jeunes… Toute la Côte d’Ivoire est concernée. Il faut se mobiliser pour qu’Alassane Ouattara renonce à un 4ᵉ mandat. »
Pour lui, l’unité de l’opposition est désormais une nécessité historique : « L’opposition a compris qu’elle doit relever ce défi. Nous devons dépasser nos contradictions, nos considérations partisanes et personnelles. Le peuple veut une opposition unie, rassemblée, capable d’apporter l’alternance. C’est ce que nous sommes en train de construire. »
La manifestation a vu la participation de nombreuses figures de l’opposition, parmi lesquelles : Hubert Oulaye, Damana Pickass, Katina Koné (PPA-CI), Plilippe Ezaley, Doho Simon, Dia Houphouët (PDCI-RDA), Danièle Boni-Claverie, présidente de l’Union Républicaine pour la Démocratie (URD).
Patrick KROU
