Grand marché Tchédal : Korhogo, l’urgence d’un sursaut collectif face au désordre
Grand marché Tchédal : Korhogo, l’urgence d’un sursaut collectif face au désordre
À Korhogo, le grand marché Tchédal, cœur battant des activités commerciales, traverse une période critique. Depuis plus d’une décennie, le site est confronté à un désordre persistant qui altère son fonctionnement et son image.
Allées transformées en espaces de vente improvisés, brouettes stationnées en pleine circulation, marchands ambulants installés sans encadrement… le marché peine à retrouver l’organisation qui faisait autrefois sa fierté.
Une situation héritée d’une période trouble
Les origines de cette anarchie remontent à la crise militaro-politique qu’a connue la Côte d’Ivoire. Durant ces années d’instabilité, plusieurs villes du pays, dont Korhogo, ont fonctionné sans véritable encadrement administratif.
L’absence de contrôle régulier a favorisé l’implantation de pratiques informelles et désordonnées qui se sont progressivement enracinées.
Aujourd’hui encore, les effets de cette période se manifestent dans l’organisation du marché Tchédal, où les règles d’occupation de l’espace sont souvent ignorées.
Au quotidien, l’encombrement des passages complique la mobilité des clients et des commerçants. Certains vendeurs à la criée occupent les couloirs, exposent leurs marchandises hors des emplacements autorisés et entravent la fluidité des activités. Cette situation crée des tensions entre commerçants réguliers
— qui s’acquittent de leurs taxes communales
— et ceux qui opèrent en marge des règles établies.
Outre les bousculades et les altercations fréquentes, le désordre pose un véritable problème de sécurité.
En cas d’incendie ou d’urgence sanitaire, l’accès des services de secours pourrait s’avérer extrêmement difficile.
À terme, cette anarchie nuit à l’économie locale et ternit l’image de Korhogo, l’une des principales villes du nord du pays sur le plan démographique et commercial.
Face à cette situation préoccupante, le président du grand marché Tchédal et des marchés de Korhogo, Yéo Alassane, plaide pour une prise de conscience collective.
Pour lui, la solution passe par un changement de comportements et une collaboration étroite entre les commerçants et les autorités municipales.
« Le désordre ne profite à personne. Le marché appartient à tous. Pour qu’il redevienne attractif et sécurisé, chacun doit respecter les règles », affirme-t-il.
Parmi les mesures envisagées figurent la réorganisation des espaces de vente, la libération systématique des allées, l’encadrement des commerçants ambulants et le respect strict des consignes de la police municipale.
L’objectif affiché est de restaurer l’ordre sans stigmatiser, mais en responsabilisant l’ensemble des acteurs.
Redonner à Tchédal son prestige d’antan
Pour les responsables du marché, l’heure n’est plus à l’inaction. Un espace commercial structuré et discipliné est un gage de sécurité, de prospérité et d’attractivité.
Il permet non seulement de protéger les biens et les personnes, mais aussi de renforcer l’image de la ville.
