Frayeur au collège Albert Yédé de Gomon : Un bâtiment s’effondre en pleine période scolaire
Frayeur au collège Albert Yédé de Gomon : Un bâtiment s’effondre en pleine période scolaire
Le premier bâtiment du collège moderne Albert Yédé de Gomon s’est effondré dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 mai 2026, sans faire de victime. Une situation qui aurait pu virer au drame si les salles concernées n’avaient pas été évacuées plusieurs mois auparavant en raison de leur état de dégradation avancé.
Lors d’une visite sur les lieux, le vendredi 29 mai 2026, notre équipe a pu constater l’ampleur des dégâts. Selon plusieurs sources concordantes, le bâtiment avait été vidé de son contenu après l’apparition de fissures et de signes inquiétants d’affaissement observés depuis plusieurs années.
Le principal de l’établissement, Claude Kassi, est revenu sur l’historique de cette infrastructure construite par l’ex-Conseil général de Dabou.
« Je suis en poste dans ce collège depuis deux ans. J’ai appris que ce bâtiment a été construit par le Conseil général de Dabou. Achevé en 2016, il n’a été utilisé qu’une seule année. Dès la deuxième année, des signes d’affaissement ont été constatés. Au fil du temps, les risques sont devenus de plus en plus importants. La dalle présentait de graves défaillances et laissait infiltrer l’eau de pluie », a-t-il expliqué.
Selon lui, face à la dégradation continue de l’ouvrage, la décision d’évacuer le bâtiment a été prise en 2025.
« Nous avons été invités à produire un mémorandum. Nous l’avons fait en 2025 avec toutes les preuves nécessaires avant de le transmettre au Conseil régional. Le drame que nous venons d’éviter démontre l’urgence de la situation », a-t-il ajouté.
Le chef d’établissement a également salué les efforts du ministre Pierre N’Gou Dimba en faveur du collège.
« Un nouveau bâtiment vient d’être achevé pour accueillir les examens du BEPC. Grâce à son implication, notre établissement dispose désormais d’un centre pour les épreuves écrites. Je suis convaincu que dès qu’il sera informé de cette situation, il prendra les dispositions nécessaires pour qu’une solution durable soit trouvée », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’effondrement du bâtiment, plusieurs difficultés continuent de peser sur le fonctionnement du collège moderne Albert Yédé de Gomon. L’établissement n’est pas clôturé, ne dispose pas de véritable terrain de sport, souffre d’un déficit d’enseignants, notamment en anglais, ainsi que d’un manque de tables-bancs, de matériel didactique, d’infirmerie, de second censeur et de cantine scolaire.
Très affecté par la situation, le président du Conseil de gestion scolaire (COGES), N’Guessan Mel, a exprimé son inquiétude.
« Je suis profondément meurtri. Les élèves étaient en pleine période de composition lorsque le bâtiment s’est effondré. Il a fallu trouver rapidement des solutions pour les recaser afin qu’ils puissent poursuivre leurs évaluations dans des conditions acceptables », a-t-il confié.
Pour lui, l’urgence est désormais de reconstruire l’infrastructure afin d’éviter de nouvelles difficultés à la prochaine rentrée scolaire.
« Ce qui s’est passé est extrêmement grave. Nous lançons un appel aux autorités et aux bonnes volontés afin que ce bâtiment soit démoli puis reconstruit. L’année prochaine, les effectifs vont considérablement augmenter. Si rien n’est fait, nous risquons de revivre la même situation », a-t-il prévenu.
Présent à l’assemblée générale élective de la Mutuelle de développement du département de Sikensi (MUDDESI), tenue le samedi 30 mai 2026 à la mairie de Sikensi, Gustave Apata, représentant le ministre Pierre N’Gou Dimba, par ailleurs président du Conseil régional de l’Agneby-Tiassa, a tenu à rassurer les populations.
« C’est une urgence à laquelle nous devons faire face. Le dossier sera traité avec toute la diligence requise », a-t-il déclaré.
En attendant des mesures concrètes, la communauté éducative de Gomon espère une intervention rapide afin de garantir aux élèves un cadre d’apprentissage sécurisé et adapté.
Envoyé spécial : Serge Amany
Mel N’Guessan, président du COGES : « Je suis meurtri »
Très affecté par la situation, Mel N’Guessan, président du Conseil de gestion scolaire (COGES), n’a pas caché son indignation face à l’état de l’établissement. « Je suis meurtri. Les élèves étaient en pleine période de composition lorsqu’il a fallu réorganiser les espaces afin qu’ils puissent poursuivre leurs examens dans des conditions acceptables », a-t-il déclaré.
Pour lui, l’effondrement du bâtiment doit servir d’alerte.
« Ce qui s’est passé est extrêmement grave. Nous espérons une mobilisation rapide des autorités et des bonnes volontés afin que l’école soit réhabilitée avant la prochaine rentrée. Les effectifs vont considérablement augmenter et il est impératif de reconstruire ce bâtiment. Sinon, nous risquons de revivre la même situation. »
« Nous avons évité une véritable tragédie » : Le principal du Collège Moderne de Gomon brise le silence
Le principal de l’établissement, Claude Kassi, en poste depuis deux ans, explique que les premiers signes de faiblesse avaient été constatés bien avant l’effondrement.
« Dès les premières années d’exploitation, le bâtiment a commencé à s’affaisser. La dalle présentait de graves défauts de construction et laissait infiltrer l’eau. Lorsque j’ai pris fonction, j’ai rapidement constaté l’ampleur du danger. En 2025, nous avons décidé d’évacuer totalement le bâtiment afin d’éviter un drame », a-t-il indiqué.
« Un mémorandum accompagné de preuves a été transmis au Conseil régional en 2025. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous venons d’éviter une véritable tragédie. »
Le responsable de l’établissement a également salué les efforts entrepris par le ministère de l’Éducation nationale, notamment la construction récente d’un nouveau bâtiment destiné aux examens du BEPC et l’ouverture d’un centre d’examen pour les épreuves écrites.
Serge Amani
