Crise Immobilière BACID-RESA-FISC: Le grand déballage sur les flux financiers et les engagements contractuels

Crise Immobilière BACID-RESA-FISC: Le grand déballage sur les flux financiers et les engagements contractuels

13/03/2026 - 11:40
Crise Immobilière BACID-RESA-FISC: Le grand déballage sur les flux financiers et les engagements contractuels

Le paysage immobilier ivoirien est secoué par un bras de fer médiatique et financier opposant la société BACID SA au Renouveau Syndical des Agents du Fisc (RESA-FISC).

Au cœur de cette discorde : la gestion des fonds versés pour un projet de logements lancé en 2018 et la tentative de revalorisation des prix par le promoteur.

Après les déclarations de Rachidi Salami, Directeur Général de BACID SA, la réplique du Secrétaire Général du syndicat, Zéreyé Zedou Narcisse, apporte un éclairage cru sur les mécanismes financiers du projet.

Un conflit de chiffres et de transparence

La principale pomme de discorde réside dans le montant total perçu par le promoteur. Alors que Rachidi Salami nie avoir reçu les deux milliards de FCFA évoqués par le syndicat, affirmant n'avoir touché que des sommes oscillantes entre 50 et 800 millions de FCFA, le RESA-FISC oppose une documentation précise.

Selon Zéreyé Zedou Narcisse, les flux financiers étaient massifs et réguliers : des virements de 400 millions, puis 200 millions ont été effectués en l'espace de deux mois seulement.

Le syndicat dénonce une "amnésie comptable" de la part du promoteur. Zéreyé Narcisse souligne que la convention signée prévoyait un compte de recouvrement spécifique au RESA-FISC pour centraliser les apports des souscripteurs avant de les reverser à BACID.

Le promoteur, en ne reconnaissant que les paiements directs à son entreprise, occulterait une part majeure des fonds transitant par ce compte conventionnel, malgré des décharges signées de sa main.

L’illégalité de la revalorisation des prix

L'autre point de friction concerne la volonté de BACID SA d'augmenter le prix des logements en invoquant l'inflation des matériaux et la plus-value foncière acquise par le site depuis 2018. Pour le SG du RESA-FISC, cet argument est juridiquement et déontologiquement irrecevable.

Dans le secteur de la promotion immobilière, le contrat de réservation verrouille le prix de vente. Zéreyé Narcisse rappelle que les acquéreurs de 2018 ne peuvent être pénalisés par la valeur marchande de 2026.

Utiliser l'appréciation du terrain pour exiger un surplus financier reviendrait à rompre l'équilibre contractuel sur lequel repose la confiance des souscripteurs et des institutions bancaires.

Un projet soutenu "à bout de bras" par le syndicat

Le leader syndical révèle également que le projet est né dans des conditions administratives précaires.

En 2018, le terrain ne disposait ni d'immatriculation ni d'Arrêté de Concession Définitive (ACD), rendant impossible l'obtention de crédits bancaires pour les agents.

C'est le RESA-FISC qui, par solidarité et pour sauver le projet, aurait incité ses membres à verser des fonds directement au promoteur pour lancer les travaux sur un terrain alors vierge.

Un imbroglio aux conséquences lourdes

Entre accusations de mauvaise foi, gestion opaque et non-respect des cahiers des charges, l'affaire BACID-RESA-FISC illustre les dérives potentielles des promotions immobilières en milieu syndical.

Alors que le promoteur tente de renégocier les termes d'un contrat vieux de huit ans, le syndicat se dresse en rempart pour protéger l'investissement de ses membres.

La résolution de ce conflit repose désormais sur la confrontation des preuves bancaires et le respect strict des engagements initiaux.

F A A