CNDH : Sangaré passe le témoin, Adjélou annonce une transformation en profondeur

CNDH : Sangaré passe le témoin, Adjélou annonce une transformation en profondeur

11/04/2026 - 18:39
CNDH : Sangaré passe le témoin, Adjélou annonce une transformation en profondeur
Passation de charges au CNDH à Abidjan : la présidente sortante Sangaré Namizata (à droite) transmet officiellement les dossiers au nouveau président

À la suite de leur élection du 24 mars 2026, entérinée par décret le 2 avril 2026, les membres du Bureau exécutif du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), à savoir Adjélou Christian Arnaud, président, Bamba Drissa, vice-président, et Nénébi Arsène Désiré, secrétaire exécutif, ont officiellement pris fonction ce vendredi 10 avril 2026, au siège de ladite institution à Abidjan.

Cette cérémonie de passation de charges a été l’occasion pour le bureau sortant, conduit par la désormais ex-présidente Sangaré Namizata, de transmettre au bureau entrant les dossiers relatifs à l’état du personnel, à l’exécution du budget 2026, au patrimoine mobilier et immobilier, au parc automobile et motocycliste, aux titres de propriété du siège et autres biens, ainsi qu’à l’état d’exécution des projets avec les partenaires et aux activités en cours.

Sangaré Namizata s’est félicitée de son bilan, qu’elle a qualifié de « positif », avec le double satisfecit d’un sentiment de mission accomplie et du renforcement de la crédibilité et du rayonnement du CNDH, qu’elle a dirigé durant une décennie.

« Au moment où je m’apprête, au nom de mes collègues, à transmettre le témoin à Monsieur le président entrant, Christian Adjélou, permettez-moi d’exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monsieur le Président de la République pour la confiance qu’il nous a témoignée tout au long de notre mandat.

Grâce à sa vision en matière de droits de l’homme, nous avons contribué à faire du CNDH un organe d’accompagnement et un partenaire stratégique du gouvernement, renforçant ainsi l’image de notre pays sur la scène nationale et internationale », a-t-elle déclaré.

Se félicitant de l’appropriation du CNDH par les populations ivoiriennes, illustrée par une hausse significative des saisines, Sangaré Namizata a indiqué que celles-ci sont passées de 78 en 2015 à 4 627 en 2025, puis à 1 312 entre le 1er janvier et le 10 avril 2026.

Elle a également mis en avant l’obtention et le maintien du statut A, gage de reconnaissance institutionnelle et internationale, qui renforce la légitimité du CNDH sur la scène internationale.

Parmi les acquis majeurs du mandat du bureau sortant figurent la production régulière de rapports crédibles et indépendants, la réalisation d’études et d’enquêtes thématiques, l’opérationnalisation des commissions régionales pour un meilleur accès des populations, la contribution à l’apaisement du climat socio-politique, le renforcement de la promotion des droits de l’homme à travers des programmes éducatifs, la protection accrue des personnes vulnérables et des détenus, la mise en place d’un numéro vert accessible 24h/24, ainsi que le développement des partenariats nationaux et internationaux.

Pour clore son propos, l’ex-présidente Sangaré Namizata et son bureau ont réaffirmé leur engagement dans une dynamique de continuité, en se disant disposés à accompagner la nouvelle équipe dirigeante.

« Au terme de notre mandat, nous quittons nos fonctions avec fierté et humilité, conscients que la promotion et la protection des droits de l’homme demeurent un chantier permanent qui requiert l’engagement de tous », a insisté la troisième présidente du CNDH.

Prenant la parole, Adjélou Christian Arnaud, président entrant du CNDH, et son équipe ont inscrit leur mandat « dans une dialectique de continuité et de transformation ».

« Notre ambition est claire : engager une professionnalisation systémique du CNDH, conçue comme un processus de rationalisation, de spécialisation et de montée en compétence à tous les échelons de l’institution », a-t-il déclaré, en tant que quatrième président élu de cette institution depuis sa création en 2011.

Selon lui, la vision du nouveau bureau est sans équivoque : au plan substantiel, il s’agira d’intensifier l’action du CNDH en faveur de la promotion et de la défense des droits de l’homme, dans le strict respect des standards internationaux et des engagements conventionnels de la Côte d’Ivoire.

« À cet égard, nous prenons devant la Nation, les partenaires et les instances internationales un engagement de responsabilité : servir avec impartialité, rigueur et indépendance, en plaçant l’intérêt supérieur des droits de l’homme au-dessus de toute considération politique ou partisane », a-t-il rassuré.

Pour sa part, Kouassi Bernard, directeur de cabinet du garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a, au nom de son mandant, salué le travail accompli par l’ancienne présidente du CNDH, évoquant « le bilan positif du mandat précédent, son travail collectif et son approche pragmatique ».

S’adressant au bureau entrant, il a rappelé les défis imminents, notamment le renforcement des mécanismes de protection, l’adaptation aux enjeux actuels, la consolidation des acquis et le développement de la coopération internationale.

Conformément à l’article 2 du décret, la durée du mandat des membres du Bureau exécutif du CNDH est fixée à six ans, non renouvelables.

 

Patrick KROU