Lutte contre l’orpaillage illégal dans le Poro : Depuis M’bengué, le préfet Karim Diarrassouba brandit la menace de sanctions

Lutte contre l’orpaillage illégal dans le Poro : Depuis M’bengué, le préfet Karim Diarrassouba brandit la menace de sanctions

14/10/2026 - 17:25
Lutte contre l’orpaillage illégal dans le Poro : Depuis M’bengué, le préfet Karim Diarrassouba brandit la menace de sanctions
Lutte contre l’orpaillage illégal dans le Poro : Depuis M’bengué, le préfet Karim Diarrassouba brandit la menace de sanctions
Lutte contre l’orpaillage illégal dans le Poro : Depuis M’bengué, le préfet Karim Diarrassouba brandit la menace de sanctions
Lutte contre l’orpaillage illégal dans le Poro : Depuis M’bengué, le préfet Karim Diarrassouba brandit la menace de sanctions
Lutte contre l’orpaillage illégal dans le Poro : Depuis M’bengué, le préfet Karim Diarrassouba brandit la menace de sanctions

Face aux ravages de l’orpaillage illégal, le préfet de région du Poro, Karim Diarrassouba, hausse le ton. À M’bengué, il a lancé une vaste campagne de sensibilisation assortie d’un avertissement ferme contre les complicités, y compris au sein des chefferies traditionnelles et de l’administration. Objectif : endiguer un fléau qui menace l’environnement, la sécurité et la cohésion sociale.

La lutte contre l’orpaillage illégal entre dans une nouvelle phase dans la région du Poro. Le lundi 12 octobre 2026, à M’bengué, localité située à environ 75 kilomètres de Korhogo, Karim Diarrassouba, préfet de région du Poro et préfet du département de Korhogo, a donné le coup d’envoi d’une campagne de sensibilisation destinée à mobiliser les populations contre cette activité aux conséquences alarmantes.

Si l’exploitation aurifère représente une source de revenus pour certaines communautés, sa pratique clandestine constitue aujourd’hui une menace majeure pour l’environnement et la sécurité des personnes.

Pollution des sols et des eaux par des substances chimiques dangereuses, notamment le mercure et le cyanure, dégradation des écosystèmes, désordre social, insécurité, développement de réseaux criminels et risques sanitaires : les conséquences de ce phénomène préoccupent les autorités au plus haut niveau.

À M’bengué, le préfet met en garde contre toute complicité

Devant les autorités administratives, les élus, les chefs coutumiers et les représentants des différentes couches sociales, le préfet de région a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour mettre fin à cette pratique. Mais au-delà de la sensibilisation, Karim Diarrassouba a surtout tenu à adresser un avertissement sans ambiguïté à tous ceux qui seraient tentés de couvrir ou de soutenir les activités d’orpaillage illégal.

« Ici, à M’bengué, je ne voudrais plus entendre parler d’orpaillage illégal. Tout chef de village dont la responsabilité va être avérée sera suspendu et démis de ses fonctions. De même, si un de nos collaborateurs se trouve être impliqué à quelque activité d’orpaillage que ce soit, nous prendrons entièrement nos responsabilités », a-t-il martelé.

Par cette déclaration ferme, le représentant de l’État entend mettre fin aux complicités multiformes qui favorisent la persistance de cette activité clandestine. Il a également invité les cadres de la région à s’engager résolument dans ce combat, qui nécessite l’implication de toutes les forces vives.

Les complices dans le viseur des forces de sécurité

Du côté des autorités municipales, le message est également celui de la fermeté. Le maire résident, Coulibaly Bénogo, a exprimé la disponibilité de la municipalité à accompagner cette initiative, tout en saluant le choix de M’bengué pour le lancement de cette campagne.

Dans la même dynamique, l’honorable Coulibaly Ali Kader, député-maire de M’bengué, a souligné que la victoire contre l’orpaillage illégal passera nécessairement par une combinaison de prévention, de sensibilisation et de répression.

Il a notamment annoncé un élargissement de la vigilance lors des opérations de déguerpissement des sites clandestins. Les personnes qui contribuent à l’approvisionnement des exploitants illégaux ne seront pas épargnées, a-t-il prévenu, citant notamment les vendeurs de riz, de motopompes et, le cas échéant, de carburant destiné à alimenter les groupes électrogènes utilisés sur les sites.

Cette approche vise à s’attaquer non seulement aux exploitants, mais également aux circuits d’approvisionnement et de soutien qui permettent à l’orpaillage clandestin de prospérer.

Une campagne qui s’étendra à plusieurs départements

L’étape de M’bengué marque le début d’une opération de sensibilisation appelée à s’étendre aux départements de Sinématiali et de Dikodougou. À travers cette démarche, Karim Diarrassouba entend renforcer la prise de conscience des populations et obtenir leur adhésion au moratoire de six mois instauré par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre ce fléau.

La lecture de l’engagement des populations à respecter ce moratoire, ainsi que la visite d’un site débarrassé de l’orpaillage illégal, ont constitué les principaux temps forts de cette visite de travail.

Bien que le Poro ne figure pas parmi les régions les plus touchées du pays, la cartographie présentée lors de la rencontre révèle l’existence de foyers d’exploitation clandestine, particulièrement dans le département de M’bengué. D’autres poches ont également été signalées dans les zones de Dikodougou, à la frontière avec la région du Hambol, de Kagbolodougou et de Sinématiali.

Compte tenu du caractère transversal de la problématique, plusieurs responsables techniques et sécuritaires ont pris part à cette mobilisation, notamment les directeurs régionaux des Mines et de l’Agriculture, dont Powa Max, les représentants du Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), les services des Eaux et Forêts ainsi que les responsables des commandements des Forces de défense et de sécurité (FDS).

Une mobilisation inscrite dans les orientations du Conseil national de sécurité

Cette campagne fait suite aux préoccupations exprimées par les préfets de région auprès du président de la République, le 5 septembre 2026, au sujet de la persistance de l’orpaillage illégal sur le territoire ivoirien.

Saisi de la question, le chef de l’État a instruit le Conseil national de sécurité (CNS) d’organiser une rencontre d’échanges consacrée à cette urgence. À l’issue des travaux, les préfets de région ont été invités à intensifier les actions de sensibilisation, conformément aux recommandations formulées.

À M’bengué, cette orientation se traduit désormais par un discours plus ferme et une volonté affichée de responsabiliser l’ensemble des acteurs locaux.

Au-delà de la recherche de l’or et des gains immédiats qu’elle peut procurer, c’est l’avenir des communautés qui est en jeu. Préserver les terres, protéger les ressources naturelles, garantir la sécurité des populations et éviter que les générations futures ne paient le prix de pratiques destructrices : tels sont les enjeux de cette offensive administrative dans le Poro.

Reste désormais à transformer les engagements pris à M’bengué en actions concrètes et durables sur le terrain.

ACHILLE LAH KADO
Correspondant